ROTROU
ROTROU (Jean) naquit à Dreux en 1609. Son premier ouvrage , V Hypocondriaque ou le Mort amoureux, fut donné en 1628 , c'està-dire trois ans après Milite : Corneille Ta donc précédé dans la carrière , et ne s'est pas engagé , comme l'ont dit quelques écrivains, dans une route que Rotrou lui avait frayée. Ce poète, qui se montra en tout temps le noble émule de Corneille, rendit jusque sur la scène hommage au génie de l'auteur du Cid. Dans le Véritable Saint-Genest, tragédie représentée en 1646, l'empereur demandant quels sont les meilleurs ouvrages dramatiques, Saint-Genest répond : «Ces ouvrages
Portent les noms fameux de Pompée et d'Auguste. »
Dans la ligue formée par Richelieu contre Corneille, Rotrou, quoique pensionnaire du cardinal , refusa de se joindre aux détracteurs du Cid.
Des trente-trois pièces qu'il a composées, la tragédie de Venceslas ( 1647 ) est la seule qui soit restée à la scène.
Rotrou mourut le 27 juin 1650 , de la maladie contagieuse qui ravageait Dreux. On l'avait invité à quitter cette ville : il répondit que le salut de ses concitoyens lui étant confié, il ne les quitterait pas, et périrait à son poste. N'a-t-on pas eu raison de dire que sa mort était plus belle et plus noble que celle de la plupart des héros de ses tragédies ?
Venceslas reproche à son fils ses désordres et son ambition.
Prêtez-moi , Ladislas , le cœur avec l'oreille. J'attends toujours du temps qu'il mûrisse le fruit Que pour me succéder ma couche m'a produit; Et je croyais, mon fils, votre mère immortelle ,