A son gré , selon sa pensée. 2. Quant à elle
Peu de gens, que le ciel chérit et gratifie Ont le don d'agréer infus avec la vie !.
C'est un point qu'il leur faut laisser , Et ne pas ressembler à l'âne de la fable ,
Qui , pour se rendre plus aimable Et plus cher à son maître, alla le caresser.
« Comment ! disait-il en son âme ,
Ce chien, parce qu'il est mignon ,
Vivra de pair à compagnon
Avec monsieur , avec madame ;
Et j'aurai des coups de bâton !
Que fait-il? il donne la patte,
Puis aussitôt il est baisé :
S'il en faut faire autant afin que l'on me flatte ,
Cela n'est pas bien malaisé. »
Dans cette admirable pensée, Voyant son maître en joie, il s'envient lourdement,
Lève une corne tout usée , La lui porte au menton fort amoureusement, Non sans accompagner, pour plus grand ornement , De son chant gracieux cette action hardie. « Oh ! oh ! quelle caresse ! et quelle mélodie ! Dit le maître aussitôt. Holà, Martin-bâton? » Martin-bâton accourt ; l'âne change de toa.
Ainsi finit la comédie.
(Fable,.)
L'Ours et l'Amateur des jardins.
Certain ours montagnard , ours a demi léché , Confiné par le sort dans un bois solitaire , Nouveau Bellérophon , vivait seul et caché. U fût devenu fou : la raison d'ordinaire N'habite pas longtemps chez les gens séquestrés.