‹ Modèles de littérature française (volume 2)Chapitre 63 sur 168 · A son gré , selon sa pensée. 2. Quant à elle · texte numérisé non relu

A son gré , selon sa pensée. 2. Quant à elle

Peu de gens, que le ciel chérit et gratifie Ont le don d'agréer infus avec la vie !.

C'est un point qu'il leur faut laisser , Et ne pas ressembler à l'âne de la fable ,

Qui , pour se rendre plus aimable Et plus cher à son maître, alla le caresser.

« Comment ! disait-il en son âme ,

Ce chien, parce qu'il est mignon ,

Vivra de pair à compagnon

Avec monsieur , avec madame ;

Et j'aurai des coups de bâton !

Que fait-il? il donne la patte,

Puis aussitôt il est baisé :

S'il en faut faire autant afin que l'on me flatte ,

Cela n'est pas bien malaisé. »

Dans cette admirable pensée, Voyant son maître en joie, il s'envient lourdement,

Lève une corne tout usée , La lui porte au menton fort amoureusement, Non sans accompagner, pour plus grand ornement , De son chant gracieux cette action hardie. « Oh ! oh ! quelle caresse ! et quelle mélodie ! Dit le maître aussitôt. Holà, Martin-bâton? » Martin-bâton accourt ; l'âne change de toa.

Ainsi finit la comédie.

(Fable,.)

L'Ours et l'Amateur des jardins.

Certain ours montagnard , ours a demi léché , Confiné par le sort dans un bois solitaire , Nouveau Bellérophon , vivait seul et caché. U fût devenu fou : la raison d'ordinaire N'habite pas longtemps chez les gens séquestrés.

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