‹ Modèles de littérature française (volume 2)Chapitre 75 sur 168 · TORS · texte numérisé non relu

TORS

Privilège qui seul vaut tous les privilèges;

N'est pas, selon moi , ce qui fait De l'apôtre et de tous toute la différence :

Et l'Apocalypse est un trait Qui, fussiez-vous un saint parfak ,

Gâterait trop la ressemblance.

O qu'heureuses auraient été

Quantité de doctes cervelles ! , Si saint Jean eût écrit avec 1* netteté Qui , jointe au tour charmant , aux grâces natureUes,

Rend vos tendres chansons si belles!

Mais que fais-je? où m'emporte un enfournent outré?

Comparer un livre sacré

A de profanes bagatelles!

De telles libertés trouvent plus d'un censeur Qui charitablement en fait un mauvais conte. Évitons un danger qui n'est jamais sans honte.

Peut-être chez le précurseur 2

Trouverons-nous mieux notre compte.

Essayons. Ah! c'est eocor pis ;

Vous n'êtes en rien parallèles.

Il prêchait au désert , et vous dans les ruelles 3. Une peau de chameau faisait tous ses habits; Vous donnez volontiers dans les modes nouvelles. Il se désaltérait dans un coulant ruisseau ,

Se nourrissait de sauterelles :

Vous ne quitteriez pas les ortolans pour elles'; Et je me trompe fort, ou vous n'aimez que l'eau Que boivent à longs traits les neuf sœurs iflKOftrtelles 4. Vous le voyez , j'ai beau chercher,

1. On sait que Vapecal&ne S. C'était la mode sous Louis XIV est toujours citée comme un mo- de réciter des vers jusque dans

dèle d'obscurité, et que de très la chambre des dames. Voyez

grands esprits ont en rain tenté BoUeau, Art poétique, IV, v«2t0.

de l'expliquer. 4. L'eau d'Hinnocfèae que

Page 1