DE TRACT
TRACY (AiiTOiNi-LouiSi-GLAUDB Dbstvtt de) naquit dans le B<mr* bonnais, d*une famille noble. Il suivit la carrière des armes « et était colonel d^infanterie en 1789. Envoyé aux États généraux par la noblesse de sa province, il défendit constamment la liberté politique et religieuse» demanda la liberté des cultes, et la jouissance des droits de citoyen pour les gens de couleur. Emprisonné en 1795, et placé sur une liste de proscription, il dut son salut au 9 thermidor, et vécut depuis dans nne profonde retraite, ne s*occupant que de travaux philosophiques. Ce sont ces travaux qui ont fait sa gloire , et qui lui assurent un rang distingué parmi nos écrivains et nos philosophes. Il appartient à Técole de Con- ^lac , dont il a perfectionné la doctrine.
Dès la création de Tlnstitut, de Tracy avait été nommé membre de la claise des sciences morales et politiques. Il fut aussi du comité d*in« «tniction publique en 1799, et en 1808 il succéda à son ami Cabanis à TAcadémie française. Napoléon Tavait nonmié membre du sénat; Louis XVtlI le nomma pair de France.
De la SoeléCé.
Qu'est-ce, en effet, qu'offre à nos regards un pays anciennement civilisé? Les campagnes sont défrichées et nettoyées, débarrassées des grands végétaux qui les ont couvertes originairement, purgées de plantes et d'animaux malfaisants , et disposées de tous points à recevoir les soins annuels que leur donne te cuMvateur. Les marais sont desséchés ; les eaux DCagnantes qui y croupissaient ont cessé de remplir l'air de vapeurs pestilentielles; des issues leur ont été ouvertes, ou leur étendue a été circonscrite, et les terrains qu'elles infec-
taient sont devenus d'abondants pâturages ou des réservoirs utiles. Le chaos des montagnes a été débrouillé ; leur base a été appropriée au besoin de la culture ; leur partie la moin» accessible, jusqu'à la région des neiges éternelles , a été destinée à la nourriture de nombreux troupeaux. Les forêts, qne Ton a laissé subsister, ne sont point restées impénétrables ; le» bêtes féroces qui s*y retiraient ont été poursuivies et presque détruites; les bois qu'elles produisent ont été extraits et conservés ; on a même assujetti leur exploitation à la périodicité la plus favorable à leur reproduction, et les soins qu'on leur a donnés presque partout équivalent à une espèce de culture, et ont même été portés quelquefois jusqu'à la culture la plus recherchée. Les eaux courantes qui traversent tous ces terrains ne sont point demeurées non plus dans leur état primitif. Les grandes rivières ont été débarrassées de tous les obstacles qui s'opposaient à leur cours ; elles ont été contenues par des digues et des quais, lorscpie cela a été nécessaire, et leurs rivages ont été disposés de manière à former des ports commodes dans les endroits convenables. Les cours d'eaux moins considérables ont été retenus pour servir des moulins ou d'autres usines , ou détournés pour arroser des pentes qui en avaient besoin et les rendre productives. Sur toute la surface du sol il a été construit, de distance en distance, dans les positions favorables, des habitations à l'usage de ceux qui cultivent les terres et exploitent leurs produits. Ces habitations ont été entourées des clôtures et des plantations qui pouvaient les rendre plus agréables et plus utiles. Des chemias ont été pratiqués pour y arriver et en extraire les prodoetioBi^ de la terre. Dans les points où plusieurs intérêts divers se sont trouvés réunis, et où d'autres hommes sont devenus assez nécessaires au service des cultivateurs pour pouvoir subsister du salaire de ce service, les habitations se sont multipliées el-agglomérées, et ont formé des villages et de petites brilles. Sv les bords des grandes rivières et sur les côtes de la mer, dans des positions où les relations de plusieurs de ces villes venaient coïncider, il is'est élevé de grandes cités, qui elles-mêmes, avec