‹ Modèles de littérature françaiseChapitre 99 sur 127 · LAPLACE. M · texte numérisé non relu

LAPLACE. M

ciel parait tourner sur deux points fixes nommés par cette raison, pôles du monde ; et dans ce mouvement , il emporte le système entier des astres. Le pôle élevé sur notre horizon est le pôle boréal ou septentrional; le pôle opposé, que Ton imagine au-dessous de Thorizon, se nomme pôle austral ou méridional.

Déjà plusieurs questions intéressantes se présentent à résoudre. Que deviennent, pendant le jour, les astres que nous voyons durant la nuit? D'où viennent ceux qui commencent à paraître ? Où vont ceux qui disparaissent ? L'examen attentif des phénomènes fournit des réponses simples à ces questions. Le matin , la lumière des étoiles s'affaiblit à mesure que l'aurore augmente : le soir, elles deviennent plus brillantes à mesure que le crépuscule diminue; ce n'est donc point parce qu'elles cessent de luire, mais parce qu'elles sont effacées par la vive lumière des crépuscules et du soleil , que nous cessons de les apercevoir. L'heureuse invention du télescope nous a mis à la portée de vérifier cette explication, en nous faisant voir les étoiles, au moment même où le soleil est le plus élevé. Celles qui sont assez près du pôle, pour ne jamais atteindre l'horizon, sont constamment visibles. Quant aux étoiles qui commencent à se montrer à l'orient, pour disparaître à l'occident , il est naturel de penser qu'elles continuent de décrire sous l'horizon le cercle qu'elles ont commencé à parcourir au-dessus et dont l'horizon nous cache la partie inférieure. Cette vérité devient sensible quand on s'avance vers le nord : les cercles des étoiles situées vers cette partie du monde se dégagent de plus en plus de dessous l'horizon ; ces étoiles cessent enfin de disparaître , tandis que d'autres étoiles situées au midi deviennent pour toujours invisibles. On observe le contraire en avançant vers le midi : des étoiles qui demeuraient constamment sur l'horizon se lèven et se couchent alternativement, et de nouvelles étoiles auparavant invisibles commencent à paraître. La surface de la terre n'est donc pas ce qu'elle nous semble, un plan sur lequel la voûte céleste est appuyée. C'est une illusion que les premiers

aiB PROSE.

observateurs ne tardèrent pa» à rectifier par des considératioi» analogues aux précédentes ; ils reconnurent bientôt que le ciel enveloppe de tous côtés la terre, et que les étoiles y brillent sans cesse, en décrivant chaque jour leurs différents cercles. On verra dans la suite TÀstronomie souvent occupée à corriger de semblables illusions et à reconnaître les c^jets réels dans leurs trompeuses a{q[>arences.

Pour se former une idée précise du mouvement des astres, on conçoit par le centre de la terre et par les deux pôles du monde, un axe autour duquel tourne la i^hère céleste. Le grand cercle perpendiculaire à cet axe s'appelle équateur; Iw petits cercles que les étoiles décrivent parallèlement à Téquateur, en vertu de leur mouvement diurne, se nomment />ara/lèles. Le zénith d'un observateur est le point du ciel que sa i^erticale va rencontrer ; le nadir est le point directemrat opposé. Le méridien est le grand cercle qui passe par le zénith et par les pôles ; il partage en deux également Tare décrit par les étoiles sur l'horizon ; [et lorsqu'elles l'atteignent, elles sont ^ leur plus grande ou à leur plus petite hauteur. Enfin Y horizon est le grand cercle perpendiculaire à la verticale ou parallèle à la surface de l'eau stagnante dans le lieu de l'observateur.

La hauteur du pôle tient le milieu entre la plus grande et la plus petite hauteur des étàks qui ne se couchent jamais, ce qui donne utt moyeu facile de la déterminer. Or, en s'avançant directement vers le pôle, on le voit s'élever, à fort peu près, proportionnellement à l'espace parcouru. La surface de la terre est donc convexe, et sa figure est peu différente d'une sphère. La courbure du globe terrestre est sensible à la surface des mers : le navigateur, en approchant des côtes, aperçoit d'abord leurs points les plus élevés, et découvre ensuite successivement les parties intérieures que lui dérobait la convexité de la terre. C'est encore à raison de cette courbure, que le soleil, à son lever, dore le sommet des montagnes avant que d'éclairer les plaines.

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