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VCHiNEY (CoHSTANTiH-FRAfrçois Chassbbobuf, comte de) naquit à Craon le 3 février. Deux ouvrages lui assurent un rang distingué parmi les écrivains français , le Voyage en Egypte et en Syrie et les Ruines, Le style de Volney est remarquable par la fermeté et la précision ; il est toujours clair, élégant et pittoresque. La forme séduisante sous laquelle il présente ses idées a donné quelque temps du crédit aux paradoxes qui al>ondent dans Us Ruines ; mais aujourd'hui cet ouvrage est plus appré» cié pour la forme que pour le fond. Volney aimait beaucoup les langues et les études orientales. Par une clause de son testament , il a laissé une somme de 2^,000 francs pour fonder un prix annuel de 1,200 francs, destiné au meilleur ouvrage sur Tétude philosophique des langues.
Il est mort à soixante-trois ans , le 20 avril 1820 , à Paris.
Origine et nobllcs de l'tiidmtrle inuiiatiie.
Toute activité, soit de corps, soit d'écrit, prend sa source dans les besoins; c'est en raison de leur étendue , de leurs développements, qu'elle-même s'étend et se ^développe ; l'on en suit la gradation depuis les éléments les plus simples, jusqu'à l'état le plus composé. C'est la faim, c'est la soif, qui , dans l'homme encore sauvage , éveillent les premiers mouvements de l'âme et du corps ; ce sont ces' besoins qui le font courir, chercher, épier, user d'astuce ou de violence ; toute scm activité se mesure sur les moyens de pourvoir à sa subsistance. Sont-ils faciles, a-t-il sous sa main les fruits, le ^ hier, le poisson, il est moins actif , parce qu'en étendant le bras il se rassasie, et que, rassasié, rien ne l'invite à se mouvoir, jusqu'à ce que l'expérience de diverses jouissances ait
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éveillé en lui des désirs qui deviennent dés besoins noav&idx, de nouveaux mobiles d'activité. Les moyens sont-ils difficiles, le gibier est-il rare et agile, le poisson rusé, les fruits passagers, alors l'homme est forcé d'être plus actif; il faut que son corps et son esprit s'exercent k vaincre les difficultés qu'il rencontre à vivre ; il faut qu'il devienne agile comme le gibier, rusé comme le poisson , et prévoyant pour conserver les fruits. Alors, pour étendre ses facultés natureUes , il s'agite, il pense, il médite ; alors il imagine de courber un rameau d'arbre pour en faire un arc, d'aiguiser un roseau pour en faire une flèche , d'emmancher un bâton à une pierre tranchante pour en faire une hache ; alors il travaille à faire des filets, à abattre des arbres, à en creuser le tronc pour en faire des pirogues. Déjà il a franchi les bornes des besoins ; déjà l'expérience d'une foule de sensations lui a fait connaître des jouissances et des peines ; et il prend un surcroît d'activité })our écarter les unes et multiplier les autres. Il a goûté le plaisir d'un ombrage contre les feux du soleil ; il se fait une cabane. Il a éprouvé qu'une peau le garantit du froid ; il se fait un vêtement lia bu de l'eau-de-vie et fumé du tabac; il les a aimés ; il veut en avoir encore : il ne le peut qu'avec des peaux de ^castor, des dents d'éléphant, de la poudre d'or, etc. ; il redouble d'activité, et il parvient, à force d'industrie, jusqu'à vendre son semblable.
{yorttge em Syrie, )
Les rnioeg de Palmyre.
Le soleil venait de se coucher ; un bandeau rougeâtre marquait encore sa trace à l'horizon lointain des monts de la Syrie ; la plaine lune , à l'orient, s'élevait sur un fond bleuâtre aux planes rives de l'Ëuptirate; le ciel était pur, l'air calme et serein ; l'éclat mourant du jour tempérait l'horrenr des ténèbres; la fraîcheur naissante de la nuit calmait les feux de la terre embrasée ; les pâtres avaient retiré leurs chameaux; l'œil n'apercevait plus aucun mouvement sur la plaine mono-