‹ Modèles de littérature françaiseChapitre 113 sur 127 · GUIZOT. US · texte numérisé non relu

GUIZOT. US

pendance et de Tordre, seuls gages d'un long avenir, c'était là le vœu, la pensée générale du pays. iNapoléon le comprit et l'accomplit; le gouvernement consulaire fut dévoué à cette tâche.

Celle-là terminée , ou à pea près, N^wléon s'en proposa mille autres. Puissant en combinaisons, et d'une imagination ardente , égoïste et rêveur, machinateur et poëte , il épancha pour ainsi dire son activité en projets arbitraires , gigantesques enfants de sa seule pensée , étrangers aux besoins réels de notre temps et de notre France : elle l'a suivi quelque temps et à grands frais dans cette voie , qu'elle n'avait point choisie ; un jour est venu où elle n'a pas voulu l'y suivre plus loin; l'empereur s'est trouvé seul, et remjHre a disparu; et toutes choses sont retournées à leur propre état , à leur tendance naturelle.

{Cours d'histoire.)

YILLEMAIN (âbbl-Fbançois) , né à Paris le 10 juin 1791, se distingua comme professeur longtemps avant Tftge où d*ordinaire on termine ses études. Le cours de littérature qu^il fit à la Sorbonne jusqu'en 1830 a laissé un vif souvenir dans la mémoire de ses nombreux auditeurs. Des palmes obtenues dans les concours académiques, et un volume d'Éloges^ écrit avec autant d'élégance que de finesse d*appréciation, lui ont mérité, en 1831 , les suffrages unanimes de l'Académie française, qui ne crut pas pouvoir donner un plus digne successeur à Fontanes.

On doit encore à M. Villemain une Histoire de Cromœell, un livre intitulé Lascaris, et la préface du nouveau dictionnaire de TAcadémie.

Il est aujourd'hui secrétaire perpétuel de l'Académie française, et pair de France.

L*Emplre d'Auguste.

L'empire d'Auguste fut une grande époque de splendeur dans les arts, parce qu'il hérita d'une foule de génies nés sous la république, et qu'il leiu* donna le repos plutôt que la servitude. Comparé en effet aux récentes fureurs de la proscription, et aux tyrannies de Marins et de Sylla, le gouvernement d'Auguste semblait un retour aux lois. Le nom de sénat était encore puissant; les formes de la* république étaient conservées; il y avait des élections populaires; l'usurpation impériale se déguisait et se désavouait elle-même. Auguste annonçait qu'il ne voulait l'empire que pour dix ans. Il répétait souvent cette promesse; il semblait s'y complaire...

Si Auguste mentait dans ses promesses d'abdication, il avait dans tQutes ses habitudes privées , et dans sa vie fami-

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