‹ Modèles de littérature françaiseChapitre 117 sur 127 · THIERRY · texte numérisé non relu

THIERRY

pour les en empêcher ; ils le conjurèrent, avec de grandes instances, de se mettre en sûreté dans l'église souterraine, ou de monter l'escalier par lequel, à travers beaucoup de détours, on parvenait au faîte de l'édiûce. Ces deux conseils furent repoussés aussi positivement que les premiers. Pendant ce temps , les hommes armés s'avançaient ; une voix cria : « Où est le traître ? » Becket ne répondit rien. « Où est l'archevêque? — Le voici, répondit Becket; mais il n'y a pas de traître ici. Que venez-vous faire dans la maison de Dieu avec un pareil vêtement ? quel est votre dessein? — Que tu meures. — Je m'y résigne ; vous ne me verrez point fuir devant vos épées ; mais, au nom de Dieu tout-puissant, je vous défends de toucher à aucun de mes compagnons, clerc ou laïc, grand ou petit... » Dans ce moment il reçut par derrière un coup de plat d'épée entre les épaules; et celui qui le lui porta lui dit : « Fuis, ou tu es mort. » Il ne fit pas un mouvement; les hommes d'armes entreprirent de le tirer hors de l'église , se faisant scrupule de l'y tuer. Il se débattit contre eux, et déclara fermement qu'il ne sortirait point , et les contraindrait à exécuter sur la place même leurs intentions ou leurs ordres. Guillaume de Tracy leva son épée, et, d'un même coup de revers, trancha la main d'un moine saxon appelé Edward Gryn, et blessa Becket à la tête. Un second coup, porté par un autre Normand, le renversa la face contre terre; un troisième lui fendit le crâne, et fut asséné avec une telle violence, que l'épée se brisa sur le pavé. Un homme d'armes, appelé Guillaume Mautrait, poussa du pied le cadavre immobile, en disant : « Qu'ainsi meure le traître qui a troublé le royaume et fait insurger les Anglais. »

SAIiTANDY,

SALVANDY (Nargissb-Achillb) naquit à Condom (Gers) en 1796. Il suivit d'abord la carrière des armes; mais après iSl , il rentra dans la vie civile et s^occupa exclusivement de travaux littéraires. Sa première publication importante lut un ouvrage intitulé la Coalition et U Fronde, Il donna ensuite Don Alonzo ou C Espagne ^ et Islaar ou It Barde chrétien. Ces deux ouvrages, remarquables par rélévation et le mouvement et dont le style a tout le charme dn langage poétique, Axèrent Tattention de l'Académie , qui, à la mort de Parseval Grandmaîson, élut M. Salvandj pour lui succéder. M. Salvandy est aujourd'hui ministre de Pinstruction publique.

L'AmCrlqiK mértdkMMle.

Au midi de Tisthme de Panama je trouvai la culture , les arts, les richesses qui naissent du travail de Thomme, moins développés qu'au nord ; mais la Providence a fait davantage pour ces régions équinoxiales où la nature, prodigue de tré* sors, semble avoir reculé les limites de sa puissance. Figurezvous le boabad , ce géant de la v^étation, reposant sur un tronc de cent pieds de circonférence, comme sur une tour inexpugnable, et les cimes des bois élancées dans les airs à deux cents pieds de haut. Là se balancent Tarbre à cire et le bambou ; l'acajou et le campêche étalent partout leurs précieux rameaux ; des boscpiets du myrte qui donne le piment tapissent les hautes régions, et, sur une échelle de sept cents lieues , le kinkina décore le flanc des Andes. Avide de produire, la terre se hérisse de cactus gigantesques, de lauriers, de daturas, d'aristoloches aux larges feuilles, d'orchidées aux

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