‹ Modèles de littérature françaiseChapitre 14 sur 127 · Iiatiaisme dant la canstiae* 9. Si exaUent · texte numérisé non relu

Iiatiaisme dant la canstiae* 9. Si exaUent

AlVfYOT (Jacques), oéà Melan, d'une famille pauvre etignorée, s'éleva par son mérite aux postes les plus éminents. Des aventures romanesques signalèrent , dit-on , son enfance. Il ne parait pas quMl y ait rien de bien vrai dans ces récits, qui, d'ailleurs, nous importent peu. Amyot fut au nombre des pauvres écoliers de Paris que faisait vivre la charité publique. Ce fut dans le collège du cardinal Lemoine qu'il apprit le latin. Pour le grec, il reçut d'abord des leçons de Bonchamp , et se perfectionna sous les professeurs Jacques Tusan et Pierre Danès , lorsqu'en 1529 François I*' créa des chaires de grec au Collège Royal.

Bientôt Amyot traduisit les Éthiopiques d'Héliodore, puis le roman de Longus , Daphnis et Chloé; il s'efforça de mettre en vers plusieurs tragédies grecques de Sophocle et d'Euripide; enfin il entreprit la traduction des Œuvres morales et des Vies de Plutarque , qui est devenue son principal titre aux yeux de la postérité.

On lui a reproché (entre autres Méziriac) un grand nombre de fiaux sens. Mais tout le monde s'est accordé, à reconnaître la beauté de son style. Vaugelas, si sévère sur le langage, en a fait, après bien d'autres, un éloge qu'on verra avec plaisir ici : c Quelle obligation ne lui a point notre langue, n^y ayant jamais eu personne qui en ait mieux su qu' Amyot le génie et le caractère, ni qui ait usé de mots et de phrases si naturellement firançaises, sans aucun mélange des façons de parler des provinces? Tous ses magasins et tous ses trésors sont dans les œuvres de ce grand homme ; et encore aujourd'hui , nous n'avons guère de façons de parler nobles et magnifiques qu'il ne nous ait laissées ; et quoique nous ayons retranché la moitié de ses mots et de ses phrases, nous ne laissons pas de trouver dans l'autre moitié presque toutes les richesses dont nous nous vantons. Aussi semble-t-il disputer le prix de l'éloquence historique avec son auteur, et faire douter à ceux qui savent parfaitement la langue grecque et la française, s'il a accru ou diminué Thonneur de Plutarque en le traduisant » (Préf. des Remar" ques sur la langue française, Voy. d'ailleurs la Notice sur Amyot de M. Feugère).

Amyot , élevé à l'évéché d'Auxerre en 1570 , mourut en 1593.

Camlllns excite la Jalousie de ses concitoyens.

Camillus, soit que ou la grandeur de Fœuvre qu'il venait de parachever lui eût élevé le cœur , d'avoir pris une ville qui contestait de pair à pair avec ceUe de Rome , et ce, au bout de dix ans que le siège avait duré ; ou que les paroles de ceux qui le bénissaient et magnifiaient < lui eussent haussé le courage 2, et fait prendre une opinion plus présomptueuse que ne comportait la civilité d'un magistrat de chose publique ^ qui est sujet aux lois; il dressa un triomphe superbe en toute autre magnificence d'appareil, et mêmement ^, en ce qu'il se fit porter par Rome sur un chariot triomphal traîné par quatre coursiers blancs ; ce que nul autre capitaine paravant lui 5 n'avait osé faire, ni depuis lui aussi, pour ce que ^ l'on estime que ce soit ^ une voiture sacrée et proprement destinée au roi et père des Dieux. Gela lui engendra la malveillance de ses citoyens ^, qui n'avaient point accoutumé que Ton leur usât ^ de telle braverie «o.

Etsi*^ eut encore une autre occasion qui le rendit malvoulu «2 : ce fut qu'il s'opposa à la loi qui fut mise en avant, que l'on divisât la ville de Rome. Car les tribuns du peuple proposèrent un édit que le sénat et le peuple romain fût méparti *^ en deux parts, et que ceux à qui il écherrait par le sort, demeurassent à Rome, les autres allassent habiter en la ville de Véïes nouvellement conquise; alléguant, pour le persuader, que les uns et les autres en seraient plus riches, et garderaient '* plus aisément leurs terres et leurs biens des courses de leurs ennemis, par le moyen de ces deux grosses

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