‹ Modèles de littérature françaiseChapitre 43 sur 127 · D'éclat. mifi française · texte numérisé non relu

D'éclat. mifi française

aux sciences, je ne m'en étoniie point; ce n'est pas d'anjourd'hui que vous le» avez méprisées. Si vous aviez lu les histoires les plus communes, vous sauriez que sa conduite n*est pas sans exemple. dharlies-Quint n*a pas été moins admirable par la renonciatâoni de ses ÉtalB que par ses conquêtes. Dioclétien n*a^t-il pas quitté Fempire , et Sylla le pouvoir souverain? Mais toutes ces choses^ vous sont incott'nues; et c'est folie de disputer avec un ignorant. Au reste, où me trouverez-vous un homme extraordinaire qui n'ait eu des lumières et des connaissances acquises? »

A commencer par M. le Prince ^ il alla jusqu'à César, de César au grand Alexandi^e; et FafFaire eût été plus loin , si le Commandeur ne l'eût interrompu avec tant d'impétuosité , qu'il fut contraint de se taire.

« Vous nous en contez bien, dit-il, avec votre César et votre Alexandre. Je ne sais s'ils étaient savants ou ignorants , il ne m'importe guère ; mais je sais que de mon temps , on ne faisait étudier les gentilshommes que pour être d'Église-, en» core se contentaient-ils le plus souvent du latin de teur bréviaire. Ceux qu'on destinait à la cour ou à l'armée aUaient honnêtement à l'Académie *. Ils apprenaient à monter à cheval, à danser, à faire des armes, à jouer du luth, à voltiger, un peu de mathématiques , et c'était tout Vous aviez en France mille beaux gendarmes 3, galants hommes. C'est ainsi que se formaient les Thermes et les Bellegarde. Du latin ! de mon temps, du latin! un gentilhomme en eût été déshonoré. Je connais les grandes qualités de M. le Prince , et suis son serviteur; mais je vous dirai que le dernier connétable de Montmorency a su maintenir son crédit dans les provinces , et sa considération à la cour sans savoir lire. Peu de latin , vous dis-je, et de bon français. »

Il fut avantageux au Commandeur que le bon homme ^ eût la goutte : autrement il eût vengé le latin par quelque chose

' 1. Le prince de Condé. 3. Hommes d*armes, militaires.

2. Lieu où la noblesse appre- A. Beautru. Nous trouverons tout

naît Téquitation et les autres exer- à Theure encore la même exprès-

cices qui lui conviennent. sion pour le désigner.

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