El du geste gouvernant sa voix
LA ROGHEFOnCAULD,
LA ROCHEFOUCAULD (François, duc de), naquit en 4613. Quoique fort jeune, il prit part aux intrigues qui signalèrent les dernières années du ministère de Richelieu, et, pendant les troubles de la régence d^Anne d'Autriche, il se jeta dans le parti des Frondeurs. Quand le calme fut rétabli, il occupa les loisirs d'une vie devenue régulière et paisible à écrire ses Mémoires et ses Maximes, Ces deux ouvrages, dont le style est rapide et précis, brillent par une grande originalité, et ont mérité à leur auteur une place distinguée parmi les écrivains du siècle de Louis XIV. Ses Mémoires , les meilleurs, après ceux du cardinal de Retz, qu'on puisse consulter sur les troubles delà Fronde, offrent une lecture pleine d'intérêt. Quant à ses Maximes , c'est un livre attristant où l'homme n'est considéré que sous un aspect fâcheux. Cette pensée, que V amour-propre est le mobile de toutes tios actions, y revient sans cesse ; mais elle est présentée avec tant de finesse, de précision , de no* blesse et de vérité, qu'on y croit toujours trouver quelque chose de nouveau. Il y a dans les tours et dans les images une variété ingénieuse qui frappe les esprits les moins attentifs.
La Rochefoucauld mourut à Paris le 47 mai 4680.
L'amonr-propre.
L'amour-propre est Tamour de soi-même et de toutes choses pour soi. Il rend les hommes idolâtres d'eux-mêmes, et les rendrait les tyrans des autres, si la fortune leur en donnait les moyens. Il ne se repose jamais hors de soi , et ne s'arrête dans les sujets étrangers que comme les abeilles sur les fleurs , pour en tirer ce qui lui est propre. Il n'est rien de si impétueux qae ses désirs, rien de si caché que ses desseins , rien de si habile que sa conduite. Ses souplesses ne se peuvent représenter, ses transformations passent celles des métamorphoses, et ses raffinements ceux de la chimie. On ne