‹ Modèles de littérature françaiseChapitre 51 sur 127 · Pénibles , douloureuses , et non pas appréciables · texte numérisé non relu

Pénibles , douloureuses , et non pas appréciables

bien elle peat en toutes choses, a établi dans Thomme une seconde nature : elle a ses heureux et ses malheureux , ses sains, ses malades, ses riches, ses pauvres, ses fous et ses sages ; et rien ne nous dépite davantage que de voir qu'elle remplit ses hôtes d'une satisfaction beaucoup plus pleine et entière ^ que la raison.

Les habiles par imagination se plaisent tout autrement en eux-mêmes que les prudents ne peuvent raisonnablement se plaire ; ils regardent les gens avec empire , ils disputent avec hardiesse et confiance ; les autres avec crainte et défiance ; et cette gaieté de visage leur donne souvent l'avantage dans l'opinion des écoutants : tant les sages imaginaires ont de faveur auprès de leurs juges de même nature ! Elle ne peut rendre sages les fous ; mais elle les rend contents, à l'envi^ de la raison, qui ne peut rendre ses amis que misérables : l'une les comble de gloire, l'autre les couvre de honte. Qui dispense la réputation? qui donne le respect et la vénération aux personnes, aux ouvrages, aux grands, sinon l'opinion? Combien toutes les richesses de la terre sont-elles insuffisantes sans son consentement ? L'opinion dispose de tout : elle fait la beauté , la justice et le bonheur, qui est le tout du monde.

{Pttuies,)

Le respect pour les anciens ne doit pas noire an progrès des selences.

Les secrets deJa nature sont cachés. Quoiqu'elle agisse toujours, on ne découvre pas toujours ses effets; le temps les révMe d'âge en âge; et quoique toujours égale en ellemême, eUe n'est pas toujours également connue. Les expériences qui nous en donnent l'intelligence se multiplient continuellement , et comme elles sont les seuls principes de la physique, les conséquences se multiplient à proportion.

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