‹ Modèles de littérature françaiseChapitre 61 sur 127 · FLÉCHIER · texte numérisé non relu

FLÉCHIER

Simplicltc de Tnrenne.

Qui fit jamais de si grandes choses? qui les dit avec plus de retenue? Remportast-ii ifHd^se a^v^aatage : à l'entendre , ce n'était pas qu'il fût habile; mais l'ennemi s'était trompé. Rendait-il compte d'une batsnlle : il n'oubliait rien , sinon que c'était lui qui l'avait gagnée. Racontait-il quelques unes de ces actions qui l'avaient rendu si célèbre? on eût dit qu'il n'en avait été que le spectateur, et l'on doutait si c'était lui qui se trompait eu la renommée. Revenait-il de ces glotieuses campagnes qui rendront son nom immortel ? il fuyait les acclamations populaires , il rougissait de ses victoires, il venait recevoir des éloges , comme on vient faire des apologies , et n'osait presque aborder le roi, parce qu'il était obligé , par reqiect , de sou&ir patiemment les louanges dont Sa Majesté ne manquait jamais de l'honorer.

(Test alors que, dans le doux repos d'une conditioii privée, ce prince, se dépouillant de toute la gloire qu*il avait acquise pendant la guerre, et se renfermant dans une société peu nombreuse de quelques amis choisis , s'exerçait sans bruit aux vertus civiles. Sincère dans ses discours, simple dans ses actions, fidèle datas ses arastiéft, eauict 4aafi se» devoirs, réglé dans ses désirs , grand même dans les moindres choses , il se cache, mais sa réputation le découvre ; il marche sans suite et sans équipages , mais chacun dans son e^ril le met sur im char de triomphe. On compte, en le voyant, les ennemis qu'il a vaincus, non pas les serviteurs qui le suivent. Tcmt seul qu'il est, on se figure autour de lui ses vertus et ses victoires qui raccompagnent II y a je ne sais qvm de noUe dans cette honnête simirficité ; et moins il est superbe, plus fl devient vénér^le.

{Onaitan funkbn de Turenntr)

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