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En profiter. Noas ne mettons plus de après espérer

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L»Hyp>crme.

Quand je parle de Thypocrisie, ne pensez pas que je la borne à cette espèce particulière qui consiste dans Tabus delà piété, et qui fait les faux dévots; je la prends dans un sens plus étendu, et d'autant plus utile à votre instruction , que peutêtre, malgré vous-mêmes, serez-vous obligés de convenir que c'est un vice qui ne vous est que trop commun; car j'appeJle hypocrite , quiconque, sous de spécieuses apparences , a le secret de cacher les désordres d'une vie criminelle. Or , en ce sens, on ne peut douter que l'hypocrisie ne soit répandue dans toutes les conditions, et que parmi les mondains il ne se trouve encore bien plus d'imposteurs et d'hypocrites que parmi ceux que nous nommons dévots.

En effet , combien dans le monde de scélérats travestis en gens d'honneur! combien d'hommes corrompus et jdeins d'iniquité, qui se produisent avec tout le faste et toute l'ostentation de la probité ! combien de fourbes insolents à vanter leur sincérité ! combien de traîtres habQes à sauver les dehors de la fidélité et de l'amitié ! combien de sensuels, esclaves des passions les plus infâmes, en possession d'affecter la pureté des mœurs , et de la pousser jusqu'à la sévérité ! combien de femmes hbertines , fières sur le chapitre de leur réputation, et , quoique engagées dans un commerce honteux , ayant le talent de s^attirer toute Testime d'une exacte et d'une parfaite régularité! Au contraire, combien de justes faussement accusés et condamnés! combien de serviteurs de Dieu, par la malignité du sâècle, décriés et calomniés ! combien de dévots de bonne foi traités d'hypocrites, d'intrigants et d'intéressés! combien de vraies vertus contestées ! combien de bonnes œuvres censurées! combien d'intentions droites mal expliquées, et combien de saintes actions empoisonnées !

(Sermon sur le Jugement de Dieu )

MASGABOII,

NÉ m 4636.

BIASCABON (loLi»), fils d'un avocat au parlement d'A», naqintè Marseille. Il se distingua de bonne iieure par ses talents oratoires « et mérita d^être placé parmi les plus célèbres prédicateurs du siècle de Louis XIY. Peu d^faommes destinés à parler en public avaient reçu de la natwe «ées^ispositKms aussi favorables. Son extérieur prévenait, et il était difficile, dès qu'il pavaissait, de lui refuser son attention : port Bajestneux, son de voix agréable, geste aaturel et réc^; il joignait à ces beaux dehors une éloquence forte et vive, bien qu'on y reneatlt trop ce misérable bel esprit, ce goût de pointes et d'antitbèses que Ton préférait, au milieu du xvii* siècle, au beau naturel, à la simplicité élé* gante, le vrai caractère de f éloquence chrétienne.

En t<l66, il prêcha TAvent, et Tannée suivante le Carême à Versailles. Le roi ne resta pas insensible au mérite de Toralenr, et le nomma , en i671, à révécbé de lUle. Son zèle vraiment évangélique et son exemple étaient encore plus persuasifs que sa parole. Nommé, en 1678, à Tévéché d'Agen , diocèse fut irHfermait tm Wès grand nombre de calvinistes, il opéra, dit-on, par sa douceur, plus de trente mille conver-

On a comparé à toit Mascaroa à Héchler et à Bossnet ; 3 n'a ni Féléganoe 4e Tan fà la mafesté de l^auftne. Il u*est pas nooi plus aussi touchant que Massilloa, et pourtant il tiendra toujours un rang honorable parmi nos orateurs, surtout à cause de son oraison funèbre de Tuicnne.

Ifasonràn mourut ft Agen en 1703.

S'il y a tme occasion au monde où Pâme pleine d'ellemême soit en danger d'oublier son Dieu, c'est dans ces postes éclatants où un homme , par la ^sagesse de sa conduite , par la grandeur de son courage, par la force de son bras, et par

le nombre de ses soldats , devient comme le dieu des. autres hommes , et, rempli de gloire en lui-même , remplit tout le reste du monde d*amour , d'admiration ou de frayeur. Les dehors mêmes de la guerre , le son des instruments, Téclat des armes. Tordre des troupes, le silence des soldats, Tardeur de la mêlée, le commencement , le progrès et la consommation de la victoire, les cris différents des vaincus et des vainqueurs , attaquent Tâme par tant d'endroits , qu'enlevée à tout ce qu'elle a de sagesse et de modération, elle ne connaît ni Dieu, ni elle-même. C'est alors que les impies Salmonées osent imiter le tonnerre de Dieu et répondre par les foudres de la terre aux foudres du ciel ; c'est alors que les sacrilèges Antiochus n'adorent que leurs bras et leur cœur , et que les insolents Pharaons , enflés de leur puissance , s'écrient : «C'est moi qui me suis fait moi-même ! » Mais aussi la religion et l'humanité ne paraissent-elles jamais plus majestueuses que lorsque, dans ce point de gloire et de grandeur, elles retiennent le cœur de l'homme dans la soumission et la dépendance où la créature doit être à l'égard de son Dieu.

(Oraison funètre de Turenne.)

Modestie de Tureone*

Il revenait de ses campagnes triomphantes avec la même froideur et la même tranquillité que s'il fût revenu d'une promenade , plus vide de sa propre gloire que le public n'en était occupé. En vain, dans les assemblées , ceux qui avaient l'honneur de le connaître le montraient des yeux , du geste et de la voix à ceux qui ne le connaissaient pas ; en vain sa seule présence, sans train et sans suite , faisait sur les âmes cette impression presque divine qui attire tant de respect , et qui est le fruit le plus doux et le plus innocent de la vertu héroïque : toutes ces choses si propres à faire rentrer un homme en lui-même par une vanité raffinée , ou à le faire répandre an dehors par l'agitation d'une vanité moins réglée , n'altéraient en aucune manière la situation tranquille de son âme, et il ne tenait pas à lui qu'on n'oubliât ses victoires et ses triomphes.

(Oraison funeire de Turenne.)

MASGARON. 125

Mort de Tnreime*

Cette funeste nouvelle se répandit par toute la France , comme un brouillard épais qui couvrit la lumière du ciel, et remplit tous les esprits des ténèbres de la mort. La terreur et la consternation la suivaient Personne n'apprit la mort de M. de Turenne, qu*il ne crût d'abord Farmée du roi taillée en pièces, nos frontières découvertes , et les ennemis prêts à pénétrer dans le cœur de l'État ; ensuite , oubliant l'intérêt général, on n'était sensible qu'à la perte de ce grand bomme; le récit de ce funeste accident tira des plaintes de toutes les bouches et des larmes de tous, les yeux. Chacun à l'envi faisait gloire de savoir et de dire quelque particularité de sa vie et de ses vertus : l'un disait qu'il était aimé de tout le monde sans intérêt ; l'autre , qu'il était parvenu à être admiré sans envie ; un troisième qu'il était redouté de ses ennemis sans en être haï. Mais enfin , ce que le roi sentit sur sa perte, et ce qu'il dit à la gloire de cet illustre mort, est le plus grand et plus glorieux éloge de sa vertu. Les peuples répondirent à la douleur de leur prince; on vit, dans les villes par où son corps a passé, les mêmes sentiments que l'on avait vus autrefois dans l'empire romain, lorsque les cendres de Germanicus furent portées de la Syrie au tombeau des Césars. Les maisons étaient fermées; le triste et morne silence qui régnait dans les places publiques n'était interrompu que par les gémissements des habitants ; les magistrats en deuil eussent volontiers prêté leurs épaules pour le porter de ville en ville; les prêtres et les religieux , à l'envi , l'accompagnaient de leurs larmes et de leurs prières ; les villes, pour lesquelles ce triste spectacle était tout nouveau , faisaient paraître une douleur encore plus véhémente que ceux qui l'accompagnaient ; et» comme si, en voyant son cercueil , on l'eiit perdu une seconde fois, les cris et les larmes recommençaient.

{Oraison funeh/e de Turemitt.)

BOILBAU ,

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