Les piédestaux de statues étant des ouvrages
très-importans, des espèces de monumens dans lesquels les
artistes peuvent témoigner de leur talent par une sa e de
formes et de proportions qui n'exclut pas la variété, par une combinaison judicieuse d’ornemens qui, pour être peu nombreux, ont besoin d'être choisis et adaptés avec d'autant plus de août et de discernement; enfin, par cette pureté de profils qui donne du prix aux moindres objets et doit distin-
guer surtout les ouvrages monumentaux, nous leur avons
consacré trois planches de cette livraison, dans lesquelles riétés de motifs tels, qu'ils nous
semblent applicables aux circonstances les plus générales.
nous avons réuni des
Les deux piédestaux de la planche 55 sont ceux des statues équestres de Louis XIIE, à la place Royale, par M. Ménager ; d'Henri IV au Pont-Neuf, par M. Courtépée. Les détails de construction et les profils en grand que nous avons gravés à côté de chacun, nous dispensent de toute explication et permettent de juger du mérite de ces deux ouvrages , qui font honneur aux architectes sur les dessins desquels ils ont été exécutés.
Pcaxcue 56. Le piédestal rapporté au haut de cette planche
est celui de la statue équestre de Louis XIV, à la place des
Victoires, élevé sous la direction de M. Alavoine, architecte. Nous en donnons les deux faces et le plan général au-dessous.
Ce plan consiste en un trottoir circulaire et une balustrade
ee
en fer de la même forme qui environnent le piédestal pla
au milieu : le pavé de cette enceinte est en compartimens de
marbre blane veiné, encastrés dans une assise de granit rouge. Le corps du piédestal , en marbre blanc , porte deux inscriptions sur les petites faces, et deux bas-reliefs en bronze sur
; ces bas-reliefs sont de la main de M. Bosio ,
es deux autre sculpteur, auteur de la statue équestre. Les profils de la corniche et de la plinthe sont fermes et simples comme ceux de antique dont ils sont inspirés; ceux du socle du bas sont sinale au
très-arrondis, ce qui leur donne une forme or
remier abord , mais qui satisfait en exécution. La corniche
n'est ornée que d’un simple rang d’oves et de perles. Au-dessous de ce monument importantsont placés plusieurs
iédestaux carrés, longs, circulaires, pour des statues où pé-
destres, ou couchées ou groupées, ele.,etc. Ils sont tir
is pour
a plupart du jardin des Tuileries. Outre la variété de leur
forme et de leurs proûls , ils ont le mérite d'être chacun dans
de justes rapports avec l'objet qu ils supportent, et de faire
un tout avec lui. Celui de forme tourmentée, et qui supporte
alternativement, darsla décoration du jardin des Fuileries, un
: un effet satisfaisant
groupe et un vase, produit sur pl parce qu'il »yramide bien avec l'objet posé dessus. L'emploi des attaches en fer, en cuivre, en bronze, dans
ces sortes d'ouvrages, ayant l'inconvénient, tôtou tard, de
ult, architecte, a fait exécuter,
il y a une vingtaine d'années, des piédestaux dans lesquels
tacher le marbre, M. Heur
aucun métal n'a été introduit, et dont la construction est
telle qu'on peut remplacer, sans toucher au reste, les panneaux qui viennent à éprouver quelques détériorations. Cette planc
veaux piédestaux, dont Je système est tout entier dans quatre
ie contient les détails de construction de ces nou-
montans appuyés sur un noyau en maconnerie et encastrés, haut et bas, dans la plinthe et la corniche, chacune d’une seule pièce, montans qui reçoivent dans des coulisses les panneaux en marbre des faces du piédestal. On comprend qu'il suñit, pour réparer lune des pièces de cet assemblage, d'enlever le recouvrement et de glisser un autre panneau à la place de
celui qu'on veut changer ; on comprend aussi qu'en laissant
un peu de jeu dans les rainures , ces panneaux sopt préservés de la plupart des accidens que la gelée ou d'autres influences
de l'air leur font si souvent éprouver.
Praxenz 57. Ce nouveau piédestal, élevé au milieu de la
place Louis XV, est l'un des ouvrages les plus importans qu'on puisse exécuter en marbre. Le plan indique la forme de l’enceinte ct du piédestal. Sur un socle carré s'élève un acrotère
quiaquatre parties saillantesaux angles, destinées à porter des
figures; au-dessus est un autre socle sur lequel pose le piédes-
tal proprement dit. L'enceinte est pavée avec des bandes en
granit français, et la balustrade se compose de montans entre
lesquels sont des panneaux découpés à jour. Par les coupes
gravées à côté, on pourra se rendre compte de la construc-
tion. Les assises sont retenues par des queues d'hirondes en
plomb, et le pavé de l'enceinte est relié au socle du piéd
par un cong
en marbre noir pour empêcher le séjournement des eaux.
La proportion générale de ce monument est noble et grandiose, et chaque partie est bien en rapport. Les profils sont étudiés avec un soin particulier et participent du style grec, dont les artistes cherchent plus que jamais à se pénétrer au-
jourd'hui; il ya mème, dans ces profils, plusieurs innovations
qui font le meilleur effet en exécution et dont il faut féliciter l'auteur. Quant aux ornemens, ils ont été suivis et taillés avec
une perfection qui lui fait le plus grand honneur. On y re-
marque une manière pure, large et facile, bien rare depuis { I , 0
èche
l'antiquité; ils sont totalement exempts de cette mani
et guindée, adoptée depuis loug-temps par nos ornemanistes, qui la prennent pour de la pureté et de la perfection.
Ce monument, qui témoigne du goût et du savoir de
M. Grillon, architecte, n'est point achevé; les travaux en sont même suspendus. Espérons que le gouvernement, en Jui donnant une destination, ne privera pas le public de la
jouissance d'un ouvrage qui sera certainement l'un des plus
beaux ornemens de la capitale.