‹ Modèles de marbrerieChapitre 21 sur 29 · Les piédestaux de statues étant des ouvrages · texte numérisé non relu

Les piédestaux de statues étant des ouvrages

très-importans, des espèces de monumens dans lesquels les

artistes peuvent témoigner de leur talent par une sa e de

formes et de proportions qui n'exclut pas la variété, par une combinaison judicieuse d’ornemens qui, pour être peu nombreux, ont besoin d'être choisis et adaptés avec d'autant plus de août et de discernement; enfin, par cette pureté de profils qui donne du prix aux moindres objets et doit distin-

guer surtout les ouvrages monumentaux, nous leur avons

consacré trois planches de cette livraison, dans lesquelles riétés de motifs tels, qu'ils nous

semblent applicables aux circonstances les plus générales.

nous avons réuni des

Les deux piédestaux de la planche 55 sont ceux des statues équestres de Louis XIIE, à la place Royale, par M. Ménager ; d'Henri IV au Pont-Neuf, par M. Courtépée. Les détails de construction et les profils en grand que nous avons gravés à côté de chacun, nous dispensent de toute explication et permettent de juger du mérite de ces deux ouvrages , qui font honneur aux architectes sur les dessins desquels ils ont été exécutés.

Pcaxcue 56. Le piédestal rapporté au haut de cette planche

est celui de la statue équestre de Louis XIV, à la place des

Victoires, élevé sous la direction de M. Alavoine, architecte. Nous en donnons les deux faces et le plan général au-dessous.

Ce plan consiste en un trottoir circulaire et une balustrade

ee

en fer de la même forme qui environnent le piédestal pla

au milieu : le pavé de cette enceinte est en compartimens de

marbre blane veiné, encastrés dans une assise de granit rouge. Le corps du piédestal , en marbre blanc , porte deux inscriptions sur les petites faces, et deux bas-reliefs en bronze sur

; ces bas-reliefs sont de la main de M. Bosio ,

es deux autre sculpteur, auteur de la statue équestre. Les profils de la corniche et de la plinthe sont fermes et simples comme ceux de antique dont ils sont inspirés; ceux du socle du bas sont sinale au

très-arrondis, ce qui leur donne une forme or

remier abord , mais qui satisfait en exécution. La corniche

n'est ornée que d’un simple rang d’oves et de perles. Au-dessous de ce monument importantsont placés plusieurs

iédestaux carrés, longs, circulaires, pour des statues où pé-

destres, ou couchées ou groupées, ele.,etc. Ils sont tir

is pour

a plupart du jardin des Tuileries. Outre la variété de leur

forme et de leurs proûls , ils ont le mérite d'être chacun dans

de justes rapports avec l'objet qu ils supportent, et de faire

un tout avec lui. Celui de forme tourmentée, et qui supporte

alternativement, darsla décoration du jardin des Fuileries, un

: un effet satisfaisant

groupe et un vase, produit sur pl parce qu'il »yramide bien avec l'objet posé dessus. L'emploi des attaches en fer, en cuivre, en bronze, dans

ces sortes d'ouvrages, ayant l'inconvénient, tôtou tard, de

ult, architecte, a fait exécuter,

il y a une vingtaine d'années, des piédestaux dans lesquels

tacher le marbre, M. Heur

aucun métal n'a été introduit, et dont la construction est

telle qu'on peut remplacer, sans toucher au reste, les panneaux qui viennent à éprouver quelques détériorations. Cette planc

veaux piédestaux, dont Je système est tout entier dans quatre

ie contient les détails de construction de ces nou-

montans appuyés sur un noyau en maconnerie et encastrés, haut et bas, dans la plinthe et la corniche, chacune d’une seule pièce, montans qui reçoivent dans des coulisses les panneaux en marbre des faces du piédestal. On comprend qu'il suñit, pour réparer lune des pièces de cet assemblage, d'enlever le recouvrement et de glisser un autre panneau à la place de

celui qu'on veut changer ; on comprend aussi qu'en laissant

un peu de jeu dans les rainures , ces panneaux sopt préservés de la plupart des accidens que la gelée ou d'autres influences

de l'air leur font si souvent éprouver.

Praxenz 57. Ce nouveau piédestal, élevé au milieu de la

place Louis XV, est l'un des ouvrages les plus importans qu'on puisse exécuter en marbre. Le plan indique la forme de l’enceinte ct du piédestal. Sur un socle carré s'élève un acrotère

quiaquatre parties saillantesaux angles, destinées à porter des

figures; au-dessus est un autre socle sur lequel pose le piédes-

tal proprement dit. L'enceinte est pavée avec des bandes en

granit français, et la balustrade se compose de montans entre

lesquels sont des panneaux découpés à jour. Par les coupes

gravées à côté, on pourra se rendre compte de la construc-

tion. Les assises sont retenues par des queues d'hirondes en

plomb, et le pavé de l'enceinte est relié au socle du piéd

par un cong

en marbre noir pour empêcher le séjournement des eaux.

La proportion générale de ce monument est noble et grandiose, et chaque partie est bien en rapport. Les profils sont étudiés avec un soin particulier et participent du style grec, dont les artistes cherchent plus que jamais à se pénétrer au-

jourd'hui; il ya mème, dans ces profils, plusieurs innovations

qui font le meilleur effet en exécution et dont il faut féliciter l'auteur. Quant aux ornemens, ils ont été suivis et taillés avec

une perfection qui lui fait le plus grand honneur. On y re-

marque une manière pure, large et facile, bien rare depuis { I , 0

èche

l'antiquité; ils sont totalement exempts de cette mani

et guindée, adoptée depuis loug-temps par nos ornemanistes, qui la prennent pour de la pureté et de la perfection.

Ce monument, qui témoigne du goût et du savoir de

M. Grillon, architecte, n'est point achevé; les travaux en sont même suspendus. Espérons que le gouvernement, en Jui donnant une destination, ne privera pas le public de la

jouissance d'un ouvrage qui sera certainement l'un des plus

beaux ornemens de la capitale.

Page 1