‹ Modèles de marbrerieChapitre 22 sur 29 · SIÈGES · texte numérisé non relu

SIÈGES

Par la

usages, par la richesse de leur matière, par la beauté de

PLanone 58. dignité de quelques-uns de leurs

leurs forme

la variété de leurs ornemens, les siéges ont été jadis et sont encore quelquefois d'importantes compositions , où le génie de Ja décoration architecturale trouve à

s'exercer.

tirés du

Nous rapportons sur cette planche deux siés Musée de sculptures, où ils sont connus sous lenom de Trône

de Cérès et de Bacchus ; deux autres s

es, que nous croyons

‘galement antiques, quoiqu'ils soient tirés de la cathédrale

de Pise et de la chapelle Sixtine, où ils servent à des usages

religieux et sont désignés sous le titre de siége papal ; l'hé-

micycle du jardin des Tuileries, qui n’est autre chose qu'un

banc circulaire avec une marche, terminé à sesextrémités par

des chimères et entourant une figure d’Apollon placée au centre; enfin plusieurs motifs de bancs choisis parmi ceux dont les contours nous ont paru les plus convenables pour

l'objet de leur destination.

TRIBUNES, CHAIRES A PRÉCHER.

Praxcne 59. Les tribunes, les chaires à précher ne sont à

bien dire que des siéges élevés au-dessus du sol pour faire

que le prédicateur domine son auditoire et en soit mieux entendu ; tel est du moins le besoin primitif, et tel est aussi, nous le pensons, le point de vue vers lequel il conviendrait de ramener la composition de ces meubles, dont le moindre défaut est ordinairement de gâter la vue de nos églises. Les arclutectes de nos plus anciennes basiliques avaient su apprécier ce que ces constructions saillantes, appliquées contre un des piliers de la nef, avaient de choquant pour l'œil. Pour y parer, et satisfaire aux besoins du culte , ils éle-

vèrent au-dessus de l'entrée du chœur, comme à Saint-

Étienne-du-Mont, ces jubés d’où le prêtre lisait l'Évangile,

et ces ambones, espèces de pupitres en marbre, élevés de

quelques marches et placés en regard l'un de l’autre dans la

nef, qui servaient à la lecture, l’un de 1 l'Év

évangélique.

ipitre, l’autre de

angile avant quel'éloquence se fût emparée de la tribune

Nous nedevonspas faire ici l'historique des chaires à précher : ce sujet nous entrainerait trop loin; et, en nous offrant peu de modèles dignes de l'étude, il nous fournirait l'occasion de blämer presque tout ce qui a été fait depuis qu'on est sorti de la simplicité du motif originel : l'estrade et le pupitre en marbre, surmontés où non d’un dais en étofle et placés soit

au centre de l’église, soit à l'entrée du chœur; il nous obli-

gerail à frapper d'une réprobation complète diverses com-

positions qui ont joui d'une grande célébri

et principale-

ment ces espèces de boites suspendues en l'air comme par

miracle, dans lesquelles le prédicateur, pour nous servir

d'une expression enfantine, mais juste, ressemble à un pilon dans un égrugcoir; boîtes dont le couvercle semble devoir être refermé dès que l'orateur aura cessé de parler.

La chaire à précher de l'église Saint-Germain-des-Prés ,

exécutée sur les dessins de M. Quatremère de Quincy, auteur du Dictionnaire d'Architecture, de V'Enc rclopédie , méritait à bien des égards d'occuper une place dans notre recueil. D'abord parce qu'elle a un caractère de solidité, d'immua-

bilité, une certaine pompe religieuse qui satisfait le gout ct

la raison; ensuite, parce qu’en se rapprochant de la donnée du programme primitif dont nous avons parlé, elle fait justice de ces porte-à-faux qu'on reproche à presque tous les ouvrages de son espèce, soit en bois, soit en marbre, qu'offrent nos églises et nos salles de professorat. On y retrouve l'intention

de ce pupitre exhaussé, surmonté du dais, ou impériale d'é-

toffe qui fut en usage dans les premiers siècles de l'Église,

seulement il est accompagné d'accessoires qui achèvent de lui

donner ce caractère biblique, si l'on peut dire, réclamé par

sa destination. C

accessoires, du choix le plus heureux, sont: aux deux côtés de la tribune, les figures en bronze de la Religion chrétienne et de la Re igion judaïque ; sur le panneau du milieu, un bas-relief en bronze doré représentant Jésus-Christ préchant; et, pour soutenir le dais, deux figures également en bronze doré, étendant leurs bras et sortant de gaines sur la face desquelles sont inscrits les noms des prophètes et des pères de l'Église ; enfin le Saint-Esprit , aussi

en bronze, qui descend comme pour inspirer le prédicateur.

La pureté des profils, la belle exécution de l’ensemble à le style large des figures et des accessoires , en harmonie avec

le mérite de la composition , donnent à cette chaire à prècher

une place distinguée parmi celles de son espèce. S'il nous

était permis d'y désirer quelque chose, ce serait la substitu-

tion d’un vérilable dais d’étoffe à ce dais en marbre quel'œil ne peut s'empêcher de trouver pesant pour les figures qui le soutiennent.

La tribune de la chambre des députés, si célèbre dans les fastes de notre histoire, devait trouver place dans notre recueil autant par la nouveauté de sa destination ; que par le mérite desa disposition et des sculptures dont elle est ornée,

Cette tribune se compose de deux parties distinctes : l’une

est la tribune proprement dite, l’autre, plus élevée et en

arrière, est consacrée au président et à son bureau. On arrive à chacune d'elles par un escalier particulier. Le bas-relief, qui en fait toute la décoration , est l'un des chefs-d’œuvre de la sculpture de notre époque; il a été composé et exécuté par Lemot. Son allégorie est facile à comprendre : au milieu est le buste de la France , placé sur un autel consacré à Janus; deux femmes ailées, l’une, àdroite, la Renommée ; l’autre, à gauche, l'Histoire, publient et transmettent

à la postérité les faits et les discours qui honorent la France ;

deux enseignes militaires complètent la composition simple et

noble de ce bas-relief, dont les figures, en marbre blanc, se

détachent sur un fond de porphyre.

Pcancue Go. La chaire à prècher de l'église royale des Invalides, dont nous donnons les plans, coupes, élévations et divers détails de construction et d’ornemens, est le monu-

ment le plus capital, sous le rapport de l’art, qui ait été cons-

comme ajustement , comme convenance , comme execution ,

teuit en marbre dans nos é . Comme disposition de plan,

c'est un très-bel ouvrage, qui ne fait pas moins d'honneur à

M. Bartholomée qui en est l’auteur qu'à MM. Daubin, mar-

brier, Brun , sculpteur, Laflite, dessinateur des bas-reliefs fils

> Mangin, ornemaniste , Feuchère bronzier, qui? ont

coopéré à son exécution. On ne saurait trop louer son ca-

ractère général, sa proportion par rapport à l'édifice dans lequel elle est élevée, et la manière dont ses deux escaliers sont placés pour ne point être vus, ne point gêner la circulation, être commodes et ne pas excéder à leur naissance la saillie du pilastre de l'église, Cette chaire prêécher est en mar-

bre blanc, ses ornemens en bronze doré d'or moulu. Ce luxe

de

de dorure était en quelque sortecommandé par le caractè la décoration de l'édifice, où l'or brille jusque sur l'extérieur du dôme; mais avouons que, si ses bas-reliefs, les bases et

les

chapiteaux de ses colonnes, ses moulures , ses modillons,

ornemens du plafond, les étoiles dont la tribune est parsemée, les rayonsquientourent les tables de Moïse ,en un mot, si tout

ce qui est bronze doré était sculpté sur le marbre même par

un de nos habiles artistes , cette chaire éclipserait toutes celles

que lftalie se vante de posséder , sans en excepter mêmes celle

de Saint-Laurent de Florence, où le Donatelloa exprimé, avec

un talent admirable, toutes les scènes de la Passion. Dans la

chaire de M. Bartholomée , la forme est le principal, et cette

forme est parfaite, la sculpturen’estqu'ace ssoire; dans la plu-

part des autres, la sculpture est tout , la forme générale rien.

COMPARTIMENS DE PAVI

Les

x planches qui vont suivre sont consacrées à ces com partimens de pavés dont on décore les aires et les parois des appartemens. Cette partie de l’art du marbrier est d’une grande importance ; elle était même autrefois la seule qui füt de son ressort : toutes les autres rentraient dans le do-

maine du sculpteur, du mosaiqueur ou du’ stucateur.

Les exemples que nous avons recueill

sont de quatre e:

pèces bien distinctes qui s’emploient suivant le luxe qu'on peut se permettre, ou la nature des matériaux qu'on a à sa disposition. Les plus ordinaires sont ces espèces de car-

relages, noir et blanc , ou de deux tons tranchans formés

de compartimens débités uniformément à la scie mécanique , et dont les combinaisons peuvent se varier à l'infini, selon

que les carreaux sont car

> Jozanges, octogones , ex

gones, elc., ele. En second lieu sont les pavés composés de figures géométriques, variées de forme, entremélées > Se répétant symétriquement , et encadrés dans une bordure noire

comme le reste , ou en marbre d’une couleur vive et tran-

chante sur le fond. La troisième espèce est celle dont les sujets sont plus variés dans leurs détails, et nécessitent , pour être bien rendus, l'emploi de marbres de couleurs combi nées, ou de pâtes colorées appliquées par bandes. La quatrième est celle qui tient le milieu entre l'espèce que nous venons d'indiquer et la mosaïque proprement dite. Cette

dernière espèce comprend les pavés composés, comme n05

tapis, de figures humaines, d'animaux , de coquillages, d’a-

rabesques, etc., etc., traités d’une manière la où le

dessin est l’objet principal, et le coloris un luxe purement JebF Pal,

accessoire.

Pranene 61. Des seize exemples réunis sur cette planche ,

cinq sont tirés du Musée de Vienne en Dauphiné, et proviennent de monumens romains découverts dans la ville et

Page 1