CHEMINÉES A COLONNES
Des pilastres aux consoles , de celles-ci aux colonnes la pro-
ion était naturelle. Aussi ces dernières cheminées com-
gr portent-elles plus de richesse dans l'ensemble de la compo-
sition , ou,
au moins, une ordonnance plus architectonine.
C'est ce qu’on va voir par les exemples que nous allons passer en revue.
PLaxcue 13. La petite cheminée qui occupe le haut de cette planche est tirée de l'habitation de M. Molinos, architecte. Elle est aussi simple de formes qu'il est possible. Quoique sans ornement, sans moulures, avec des colonnes sans bases, sans chapiteaux ouvragés, elle est cependant d’une certaine ri-
chess
; cette richesse, elle la tire de ses colonnes qui consti-
tuent seules un vé
itable luxe, et de sa matière qui est une belle griotte d'Italie.
Celle de dessous est presque aussi simple que la premier
et, hors le chapiteau qui est un peu massé , tous les autres
membres sont traités par grandes parties lisses formant
ass
ses. La naïveté des formes de cette jolie petite cheminée , a permis de l’exécuter en pierre de Volvick, qui n'eüt pu supporter une sculpture plus délicate. M. Bury en a fourni le dessin.
PLaxcue 14. Ce troisième exemple de cheminées à colonnes
est aussi de petite proportion. Il.est tiré du cabinet de
M. Molinos, architecte, qui a utilisé dans sa composition , deux colonnes de beau marbre vert d'Égypte, ayant chapi-
tcaux et bases en bronze, qui ornèrent autrefois l'autel que
le couvent des Ursulines , devait aux libéralités de madame de Ja Vallière, Des médailles antiques et des mosaïques d’un tra vail précieux sont incrustées dans la traverse, et achèvent d'embellir ce joli modèle.
L'autre cheminée est en marbre jaune de Sienne. Sa composition, éminemment originale, fait honneur à M. Fedel
qui l'a fait exécuter pour M. Hope. £
il est permis d’abandonner un peu la route tracée en architecture par les anciens, et de s'affranchir parfois de la routine des ordres classiques , c’est assurément dans cette partie de l’ameublement et de la décorationintérieure dont les cheminées font partie. Celle-ci est une preuve qu'on peut innover dans ce genre, et produire deseffets nouveaux avoués par le août et la convenance. Ici, la
ce de l’ensemble fait ressortir les dét
{ ls, parmi lesquels brille surtout ce chapiteau , inspiré du style grec, qui est si bien ajusté. On voit, par le plan , que la partie du salon où cette cheminée est placée est circulaire.
PLaxcue 15. Feu M. Heurtault, architecte distingué, et amateur éclairé des arts, avait fait exécuter cêtte cheminée
en granit pour son usage particulier. Il s'était astreint à n'y
employer que des détails purs, eLexactement tirés du dorique
ce. Cette fidélité relève le m
ile de cet ouvrage, qui réunit une belle exécution à l'harmonie de l’ensemble. La cheminée en marbre blanc veiné, tirée du palais du
Luxembourg ,
qui occupe le bas de cette planche, est un e de simplicité dont la reproduction peut être conseil-
lée. Les chenets sont ceux de la cheminée; 1
modèl
a plaque et les
autres accessoires sont ajustés ou tirés d’ailleurs par le d
sinateur.
Pan
16. Le style de cette cheminée de boudoir est celui qui convenait à sa destination; l’ordre ionique grec a été préféré, parce qu'il est de tous le plus élégant et le plus gracieux. La masse est formée d’un marbre violet mélé de blanc et presque couleur de chair. Les ornemens sont en argent plaqué; la plaque rappelle le bouclier d’Alcibiade qui repr
sentait un amour assis sur un lion et tenant un foudre dans la main. Ce joli modèle est de la composition
de M. Bury , architecte.
Celui de dessous est de M. Fedel qui l’a fait exécuter pour M. Hope avec celui gravé sur la planche précédente, et auquel il est adossé. Quoique le même style règne dans ces deux com positions du même auteur, l’ensemble de celle-ci n’en a pas
moins un caractère particulier d'originalité. Elle diffère sur-
tout de la précédente par ses détails et les modillons, inspirés des Grecs, placés de chaque côté pour soulager la portée de la tablette. Cet accessoire n’a pas seulement le mérite d'ajouter à l'effet pittoresque de l’ensemble, il est utile ,et, par cela seul qu'il satisfait à la fois l'œil et la raison. il plait, tant il est vrai que rien d'absolument futile ne doit être admis dans les arts. Ce ne sera pas sans plaisir qu'on remarquera la nouveauté de ces chapiteaux dont le profil est le même que celui de la bande d’architrave renfermée sous
Ja tablette, et ces colonnes qui, pour être sans base, n'ont rien
perdu de leur élégance.
Prancue 17. En tête de cette planche est une cheminée
exécutée sur les dessins de M. Vaudoyer, architecte, pour le
prince de Salm-Dyck; quoique simple , elle satisfait par sa
e elle est ornée. I
proportion et la sobriété avec laquell
gles en sont arrondis suivant le système de l'auteur pour ce
qui concerne l’ameublement des appartemens ; ses colonnes sont engagées , disposition peu usitée de nos jours, mais qui,
néc
sitée par l’exiguité de l'emplacement, n'en a pas moins son mérite.
La chen
ée de style égyptien que nous donnons ici, a été exécutée sur les dessins de M. Bataille , architecte, pour le prince Eugène Beauharnais dans l'hôtel qu'il occupait à
Paris. Elle est bien étudiée et d’une grande richesse de dé-
tails; ses bronzes nombreux ont été exécutés par M. Feuchère,
st en faire l'éloge. Ils sont doré
et appliqués sur un marbre vert qui augmente leur eflet. Le pavé du foyer est
un ajustement proposé comme complément de cette jolie com position.
Pan 18. Cette g
rande cheminée provient de l'hôtel que le scigneur d'O, gouverneur de Paris et contrôleur des
finances sous Henri IV, avait fait bätir Vicille rue du Temple.
Elle passe pour être un ouvrage de J. Bullant. On l'a vue au
Musée des monumens français de la rue des Petits-Aucustins ç ;
jusqu'au moment où ce musée a été dispersé; aujourd'hui elle
isins du
est démontée et ses fragmens sont épars dans les m
Calvaire. C'est là que nous en avons dessiné et mesuré les
parties.
Cet ouvrage singulier porte bien le caractère de son siècle, et c’est la raison qui nous a fait le publier, plutôt que le désir de le proposer comme exemple à imiter. L’ensemble offre cependant une disposition dont on pourrait ti-
rer parti. La plaque et le pavé à cpmpartimens, ajoutés à no-
te planche pour compléter le monument, ont é
éajustés dans le goût du temps par M. Bury, architecte.