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QUATRIÈME CAHIER

M ENUISERIE D ’ É G L I S E .

Il n’est pas de travaux plus importans en menuiserie , que ceux qui s’exécutent dans les édifices religieux. Susceptibles , pour la plupart , du plus grand style et du plus noble caractère ; exécutés ordinairement sur une grande échelle et avec cette absence de parcimonie qui laisse toute latitude au génie, l’artiste peut alors créer des monumens durables de son art, et léguer aux générations futures un témoignage de son habileté et du degré de perfection auquel l’art était arrivé au siècle où il a vécu. Ces considérations ont engagé l’éditeur de cet ouvrage à réunir dans les quinze planches qui suivent, les modèles de ces sortes d’ouvrages les plus susceptibles de fournir d’heureuses inspirations à ceux qui seront appelés à exécuter de semblables travaux.

Planche ig.

Cette planche contient le plan , la coupe cL l’élévation, avec quelques profils et ornemens, du porche ou portique intérieur de l’église St.-Mcolas-des-Chainps. Ce porche, l’un des plus importans qui soient exécutés à Paris , remplit toutes les données qu’on peut exiger, et cet exemple, réuni à ceux que contient la planche 22, suffira -jour faire bien comprendre la disposition de ces sortes d’édifices, leur construction et le genre de décoration dont ils sont susceptibles.

On voit, par le plan, qu’il se lie parfaitement avec le vestibule d’entrée , au moyen de trois portes qui débouchent dans l’église. Cette entrée s’agrandit encore dans l’intérieur, par la suppression de deux pilastres sous le devant de la tribune , disposition qui est ingénieuse , en ce qu’elle donne un large passage à la-foule dans les grandes cérémonies'.

La coupe indique la construction des diverses parties. On y voit que le vestibule d’entrée est couvert d’un ülafond divisé par deux poutres soutenues vers le mur de face par des consoles , et que ce plafond porte un plancher qui est de plain-pied avec la tribune où est placé

'rgue.

L’élévation montre la proportion générale de l’ensemble. Des pilastres ioniques, d’une bonne proportion, portent des soffites qui encadrent les plafonds ; ceux-ci sont garnis de modifions , dont on voit le détail sur la même feuille. Cet ensemble est excellent dans toutes ses parties; il satisfait l’œil et remplit bien la destination générale d’un porche , qui est de donner plus de noblesse à l’intérieur de l’église et de soutenir une tribune.

Planche 20.

On donne ici un ensemble général, avec plan, coupe et détails, de la chapelle dilc du Saint- Esprit, à SL.- Gcrvais.

Il est difficile de trouver une chapelle dont l’arrangement soit plus satisfaisant sous tous les rapports. L’autel est convenablement placé et orienté, et, par sa masse, fixe d abord les regards. La décoration , en forme de portique garni de bancs , qui lui sert d’enceinte , lui

est bien subordonnée, et celte disposition , quoique particulière , ne cesse cependant pas de faire partie de la décoration générale de l’église , avec laquelle ccLte chapelle trommunique dans toute sa largeur. Quant à sa décoration en elle-même , les motifs en sont bien conçus, sauf quelques détails un peu hasardés ; les ordres y sont bien en proportion et bien exécutés. On voit vis-à-vis de l’autel le siège de l’officiant, qui , suivant l’ancien usage, est plus orné que le reste , et attire l’œil du spectateur. On n’entrera dans aucun détail sur les diverses parties de cette chapelle , qui est bien rendue et bien gravée, avec les échelles. La menuiserie est appliquée sur le nud du mur, et la ponctuation marquée B indique la partie en retour du côté intérieur de l’église.

Planche 21.

Parmi les ouvrages en menuiserie qui servent à la fois de meuble et de décoration aux édifices sacrés , lesbancsd’œuvre , où se tiennent les marguilhers t notables, etc. pendant l’office, forment une partie d’autant, plus intéressante , qu’elle doit toujours porter un certain caractère de richesse ou de splendeur proportionné à l’importance du monument. Quoique cesbancsnc soient, pour ainsi dire, qu’un meuble fixe, leur disposition est cepèsdant à considérer, et voilà pourquoi on donne ici les plans de ceux qu’on rapporte. On y verra la manière dont les bancs sont disposés, suivant les rangs et meme l’élévation de quelques-uns au-dessus du sol.

Pour la décoration de ces sortes de constructions, on ne peut établir de règles fixes; tout ce qu’on en peut dire, c’est qu’elle doit être en harmonie avec ce qui l’entoure, principe trop peu suivi. Les bancs d’œuvre qu’on voit ici, diffèrent entre eux de richesse et de caractère. Celui du haut de la planche vient de Sl.-Gcrmain-l’Auxerrois: il est riche et d’un travail extrêmement précieux ; on y admire plusieurs parties d’ornemens découpées à jour avec un soin tout particulier. Le motif général en est bon , et l’ordre est très-bien exécuté.

L’autre, plus moderne et beaucoup plus simple , n’est pas sans mérite sous le rapport de la composition et de l’exécution : c’est une .espèce d’arc de triomphe , dont l’ordre et les profils sont d’une bonne manière ; la corniche du couronnement est néanmoins un peu forte.

Planche 22.

Sur cette planche on a rapporté deux autres porches , moins considérables que celui qu’on a vu précédemment, mais pourtant assez importans par leur disposition et la place qu’ils occupent.

Le premier est tiré de St.-Germain-des-Prés. Il est en partie gothique et en partie restauré avec des colonnes ioniques, qu’on a tirées évidemment d’un autre édifice. Quoi qu’il en soit, son plan est bien entendu, et il se trouve phed dans l’intérieur de l’église , sans gêner en rien la porte d’entrée , à laquelle il sert de portique et en même temps de support à la tribune où est placé

l’orgue. On y voit des arcs ogives et d’autres détails gothiques , parmi lesquels on distingue la balustrade de la tribune , gravée plus en grand à côté.

Celui que l’on voit au-dessous, vient de St.-Eustache. Deux porches pareils sont placés de chaque côté de cette églises , aux portes latérales. Ce ne sont que des espèces de coffres ou de tambours, pour empêcher la communication de l’air extérieur , et , sous ce rapport, ils remplissent parfaitement leur destination. Leur proportion est ce qu’elle doit être , elle a été soumise aux localités ; leur décoration est très-simple , mais les profils en sont bien , et leur construction , légère mais solide , est bien entendue dans toutes scs parties.

Dans les deux planches suivantes, on donne plusieurs décorations d’autels. Parmi le grand nombre qu’offrent les églises de la capitale , on a choisi de préférence celles qui étaient composées d’ordres différons.

La première , d’ordre corinthien , est tirée de Saint- Thomas-d’ Aquin. Elle est fort bien exécutée : la menuiserie est appliquée sur le mur , ou est une niche avec une

figure de saint Vincent de Paule. L’autel est en marbre, et environné d’une balustrade en fer.

La seconde est d’ordre ionique , et richement ornée ; les profils en sont purs, et les détails d’un bon goût. L’autel est en bois , et le tout est peint en blanc , avec des ornemens en or. Cette décoration d autel est tiiée de St.-Germain-l’Auxerrois.

Planche 24.

Au haut de cette planche est figurée la décoration de l’autel consacré à sainte Geneviève , dans l’église paroissiale de Ste .-Marguerite. Elle est exécutée en bois de noyer naturel , et avec beaucoup de perfection. Celle décoration se répète de l’autre côté de l’église , a 1 autel consacré à sainte Agnès. Les profils en sont très-soignés.

Le petit autel d’ordre dorique qu’on voit au bas , est un des plus petits qu’on puisse faire : il est consacre a la Vierge, et se trouve dans la chapelle souterraine de St- Piocli. Tout y est construit en bois très-léger et sans aucun luxe. La proportion ayant paru bonne et les details fins et corrects , on a cru devoir l’offrir comme modèle bon à reproduire.

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