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LES CHAIRES A PRÊCHER

Planche 2b.

Les chaires à prêcher ont été, de tout temps, des morceaux d’une exécution difficile, et dans lesquels on s est plu à répandre des ornemens nombreux et quelquefois bizarres. Plusieurs qui passaient pour des chefs-d’œuvre ont perdu ce titre avec les années , et l’on en a construit dans ces derniers temps, qui, certainement , peuvent le disputer , pour la beauté et la régularité , avec celles qui jouissaient anciennement de la plus grande réputation : telle est celle de St.-Thomas-d’Aquin , représentée sur cette planche. Exécutée depuis quelques années, elle peut, à bon droit, passer pour un des meilleurs modèles dont on puisse recommander l’imitation. Toutes scs parties sont dans un juste rapport, et joignent l’élégance à la simplicité. Les ornemens, distribués avec discrétion et sagesse, sont du meilleur goût, et l’on jugera par les détails, gravés à côté, de la pureté et de la sévérité des profils, aussi bien que de la bonne proportion de l’ensemble , au moyen de l’élévation et la coupe qu’on en a données. Le plan fait sentir la disposition de l’escalier.

De tout temps la construction de cette partie des chaires à prêcher a embarrassé les menuisiers ; nous croyons avoir levé plus d’une difficulté dans le traité particulier sur la construction des escaliers qui termine ce recueil : nous y renvoyons , et ne donnons sur cette planche que les détails des parties qui composent le coffre de la chaire. La manière de profiler les rampes en bois , dont les moulures alors deviennent rampantes, n’ayant jamais été bien indiquée , plusieurs artistes modernes , incertains sur le partià prendre, ont substitué les rampes enfer aux rampes en bois ; c’est ce qu’on vient de faire pour la chaire à prêcher de St.-Roch. Pour cet objet, voyez encore le traité des escaliers, à la fin de ce recueil.

Planche 26.

La chaire à prêcher de St.-Etienne-du-Mont , représentée sur cette planche , est une des plus célèbres qui existe; est-ce à juste titre? c’est ce que nous n’osons décider. L’Estoccard , d’Arras , qui passe pour en être l’auteur, était évidemment sculpteur et menuisier, et possédait des connaissances positives en architecture , comme on en peut juger par les profils des ordres et autres détails; mais il semble s’être attaché principalement à faire briller son talent pour la sculpture., et, sous ce rapport, il a parfaitement réussi. Que ce soit lui ou non qui ait composé les bas-reliefs , ils passent avec raison pour des chefs-d’œuvre de sentiment et d’exécution , et c’est assurément la partie brillante de celte chaire à prêcher, qui est très-riche , mais dont toutes les parties n’offrent pas la même correction. Elle est soutenue par une figure de Samson , et ornée d’autres figures de ronde bosse qui garnissent des piédestaux placés autour. Elle est adossée à un des piliers de l’église, autour duquel tourne l’escalier, également décoré de beaux bas-reliefs.

La même planche offre deux médaillons où sont dessinées d’autres chaires à prêcher dont les dispositions ont été jugées convenables , sur-tout pour les escaliers. Des deux autres qu’on voit au-dessous, l’une vient d être faite à Ste.- Geneviève. Elle est recouverte d’une calotte circulaire, posée sur un entablement droit , qui est en partie porté en avant sur des consoles. Le fond de la niche est garni de draperies. L’autre, exécutée en noyer naturel, est à St.-Ambroisc. On doit faire attention à l’extrême simplicité de cet ouvrage, dont la qualité du bois fait la principale richesse : toutes les parties en sont bien entendues et d’une très-belle exécution.

Planche 27.

Voulant donner quelques exemples de stalles, on a commence1 par offrir un aperçu de la construction de toutes les pièces dont elles se composent, qu’on a tiré de I excellent traité de lloubo. Comme ce genre d’ouvrages ne s’écarte jamais de certaines données, et que celui qui construit bien une stalle , ne peut jamais être embarrassé pour en construire d’autres, quelque soient les localités, celle que nous avons prise pour exemple , et que nous avons détaillée dans toutes ses parties , suffira dans tous les cas.

On en trouvera donc ici la coupe, avec la construction des cloisons, des sommiers, des patins, etc.; la manière de faire les museaux ou appuis, et de les assembler; les détails des sièges ou miséricordes, qui doivent se relever et s’abattre; enfin, au moyen des lettres de renvoi, on pourra se rendre compte de chacune des pièces qui entrent dans la composition d’une stalle, et de la manière dont elles s’assemblent.

Planche 28.

Cette planche contient plusieurs exemples pour la forme et la décoration des stalles. On verra, par les coupes, comment elles se placent par rangs les unes devant les autres, en élevant un peu celles de derrière. Quant à leur division générale , elle dépend de la figure et de la grandeur du chœur de l’église ; mais elles doivent toujours cire garnies de marches , commodes pour la circulation , dans le bout des différentes rangées , et les planchers doivent cire solidement établis sur le pavé en pierre.

Parmi celles qu’on voit sur celte feuille, il y en a de migolhiques, tirées de St.-Gervais, qui sont bien exécutées, et d autres de St.-Etiennc-du-Mont, qui paraissent réunir tout ce qu’on peut désirer pour la décoration de ces sortes d’ouvrages.

Planche 29.

On termine ce cahier par les confessionnaux, meubles

très-mullipliés, et qui servent quelquefois, outre l’objet de leur destination , à la décoration générale des chapelles ou des bas côtés des églises. Quoiqu’ils ne tiennent qu’une très-petite place dans ces vastes édifices , on regrette souvent que le style n’en soit pas plus d'accord avec l’ensemble du monument, ou qu'ils ne soient pas placés plus régulièrement, pour contribuer à l’effet général.

Ceux qu’on donne ici ont été choisis très-différens de forme ; mais il est aisé de remarquer que leur disposition et même leurs dimensions sont et doivent dire toujours à peu près les mêmes.

Celui qu’on voit en têtede la planche, vient de St.éNicolas-dcs-Champs. On en trou vc plusieurs de ce lie forme dans cette église, qui en contient beaucoup d’autres, et où l’on parait s être attaché, plus qu’ailleurs, à leur décoration. Ils y sont toujours pareils, deux à deux , et placés en pendans dans les chapelles, où ils forment un ensemble régulier de décoration. Quant au détail, on y remarquera la frise et le couronnement, ainsi que le panneau en bois travaillé à jour avec beaucoup de soins. Le plan et la coupe indiquent la construction de toutes ses parties.

L’autre, en bois d’acajou massif, est bien profilé et chargé de peu d’ornemens : la matière dont il est fait lui tient lieu de richesse.

Planche 3o.

Le premier de ces deux confessionnaux n’est pas sans caractère , quant à sa forme générale. Il est recouvert d’une espèce de dôme, qui en augmente la hauteur, el sa porte bombée s’ouvre en dehors. On voit à côté tous les détails de ses divers assemblages.

Le second est très-simple , et vient oe St.-Philippedu-Pioule, où l’on en voit quatre de la même forme et de la même grandeur. Ils sont symétriquement placés de chaque côté de la nef, et servent ainsi à meubler et décorer l’intérieur de l’église.

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