II - Les FONDEMENTS BIBLIQUES DE LA RÉVÉLATION
La foi catholique repose évidemment sur un certain nombre d'affirmations préalables, qui se retrouvent à la base de plusieurs autres religions : elle proclame l'existence d'un Dieu unique, créateur et providence du monde ; elle accepte le dualisme de la nature humaine, c'est-à-dire la juxtaposition dans l'être humain d'un corps périssable et d'une âme immortelle ; elle affirme le caractère moral de la vie terrestre de l'homme, qui détermine les destinées futures de son âme par la conduite qu'il mène ici-bas : mais, plus particulièrement, elle s'appuie sur des dogmes qui lui sont propres. Un dogme (1), c'est une proposition doctrinale qui, formulée par les autorités ecclésiastiques, est reçue par les fidèles en qualité de règle immuable des croyances et des mœurs. Selon la foi catholique, le Dieu créateur, éternel, sans limites, tout puissant et ineffable, doit être conçu comme triple en son unité, c'est-à-dire que son unité enferme trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, qui ne sauraient être confondus en tant que personnes, ni distingués en tant qu'issus d'une seule et même substance, qu'ils absorbent toute à eux trois et dans laquelle ils se confondent: c'est le dogme de la Trinité. De ces trois personnes inséparables, la seconde, le Fils, s'est pourtant en quelque manière individualisée, puisqu'elle s'est rendue visible sur terre, dans la forme humaine, durant une trentaine d'années: c'est le dogme de Y Incarnation. Celte incarnation s'est produite par une voie exceptionnelle : l'Enfant-Dieu, né d'une femme, n'a pas été engendré par un homme ; une vierge l'a conçu par l'opération du Saint-Esprit, c'est-à-dire par un effet de la puisai) Lo mot désis'nnit, dans la philosophie des Grecs, les formules A peu près immuables qui e.xpiiinaicnl les docU'incs essentielles de chaque école.
sance divine, en sorte que Marie, femme d'entre les femmes, se trouve au propre la mère de Dieu : c'est le dogme de la Conception virginale. Le Fils incarné est resté, dans le temps qu'il a passé parmi les hommes, véritablement Dieu, partie intégrante de la Sainte-Trinité ; mais aussi il s'est fait véritablement homme, unissant en sa personne la nature divine et la nature humaine : c'est le dogme des deux natures du Christ ; et, après avoir posé dans des instructions, que ses disciples nous ont transmises, les fondements de la foi et de l'Eglise catholiques, il a voulu mourir sur la croix ; ce douloureux sacrifice avait pour but d'expier les péchés des hommes, de leur constituer comme un fonds inépuisable de mérites, dont ils pourraient toujours — dont ils devraient — user, pour se justifier devant Dieu et compenser leur native fragilité : c'est le dogme de la Rédemption, corollaire logique de celui du péché originel qui nous enseigne qu'Adam, en mangeant le fruit défendu, a perdu les dons précieux dont la bonté de Dieu l'avait tout d'abord favorisé et, mortel héritage, transmet indéfiniment à tous ses descendants la souillure qu'il a contractée en ce jour de désobéissance ; le baptême, signe et sceau de la rédemption, peut seul relever chaque homme de sa déchéance et lui ouvrir les voies de la vie éternelle. Il intervient bien d'autres dogmes encore dans la constitution de la foi catholique et nous les rencontrerons chemin faisant, mais il était utile de rappeler ceux que je viens d'énumérer, non seulement en raison de leur importance particulière dans la théologie catholique, mais aussi parce que nous aurons à faire de fréquents retours sur eux.
Il ne suffit pas d'accorder créance à ce vaste ensemble d'affirmations métaphysiques pour mériter la réputation de bon catholique ; il faut également admettre sans discussion l'autorité doctrinale et disciplinaire de l'Eglise, qui, instituée par Jésus-Christ
lui-même, durant son passage sur la terre, continue depuis lors de recevoir l'inspiration du Saint-Esprit ; elle seule a qualité pour donner la formule exacte et fixer l'interprétation infaillible des dogmes, pour dispenser les grâces divines qui sont enfermées dans les rites qu'on nomme sacremenis. La vertu catholique par excellence, celle que le simple fidèle doit d'abord demander à Dieu et qui, à vrai dire, lui suffit, c'est la faculté d'obéissance: la conscience religieuse du catholique orthodoxe vit réellement hors de lui; l'Eglise en prend soin; et par l'Eglise il faut entendre ici non pas la « société parfaite » de tous les fidèles, mais seulement les autorités cléricales. En fait, le clerc qui parle au nom de l'Eglise, qui interprète pour le laïque ce fécond devoir d'obéissance, en sent, lui aussi, les obligations et son initiative en matière de foi demeure verbale, car au-dessus de chaque prêtre, de chaque évêque, se dresse la doctrine de l'Eglise ; de nos jours, elle repose toute dans les mains du pape.
Acceptation des dogmes, de tous les dogmes, confiance sans mélange dans l'efficacité des sacrements, soumission aveugle à la discipline de l'Eglise, telles sont donc les trois assises du bloc catholique. De ce bloc toutes les parties sont étroitement liées ensemble et il est impossible d'en rien détacher ; le mol hérésie, au sens premier, veut dire choix ; un catholique ne choisit pas ; il accepte tout ce que lui propose l'Eglise ; au plus a-t-il le droit de repousser quelques pratiques qui sont seulement sur les confins de la foi ; il peut, par exemple, douter de la réalité des apparitions de Lourdes, à la condition de ne pas abuser de cette tolérance au point de scandaliser ceux que le témoignage de Bernadette a convaincus.
Prises en elles-mêmes cependant, et considérées humainement, sous l'angle de la seule raison, les trois parties essentielles de la foi catholique paraissent difficilement acceptables. » Les dogmes
les plus chers à la piété, écrit quelque part Renan, (1) ceux auxquels elle s'attachera avec le plus de frénésie, seront les plus répugnants à la raison, par suite de cette idée touchante que la valeur morale de la foi augmente en proportion de la difficulté de croire et qu'on ne fait preuve d'aucun amour en admettant ce qui est clair. » Il est vrai. Laissons les affirmations premières de l'existence d'un Dieu-Providence, de l'immortalité de l'âme et de la vie future, qui peuvent se justifier par la nécessité d'expliquer l'univers, la vie humaine et le devoir humain ; mais comment concevoir, par exemple, que les trois personnes divines ne forment qu'un seul Dieu, alors que durant trente ans, au moins, une de ces personnes a été visible en chair et en os et qu'on a pu l'entendre adresser des prières à son Père ? Est-ce donc atténuer la difficulté que d'avancer que c'est un « mystère » ? (2). Comment accepter que l'enfant d'une femme soit un Dieu et que cette mère soit une vierge ? Comment comprendre que ce Dieu s'offre en sacrifice, évidemment à lui-même puisqu'il rentre dans l'unité de la Trinité et pour effacer par son sang une faute qu'il n'avait qu'à pardonner bénévolement ? Autant d'autres (c mystères ». Comment croire, d'autre part, que le petit enfant qui naît apporte avec lui un péché si noir qu'il en puisse être privé de la vie éternelle, parce que l'ancêtre commun a inconsidérément mangé une pomme interdite ? Comment supposer qu'il regagne la félicité céleste, parce qu'on le soumet à un rite dont il ne peut prendre aucune conscience ? Comment concilier la notion de l'infinie bonté de Dieu et de sa providence attentive, avec celle de la tentation qui sème les pas de sa malheureuse créature de pièges perfides.
(1) Renan, Les Apôtres, p. 25.
(2) Théologiquement, le mystère (myslcriitm) se définit par « vérité cachée » (veritas occulta).
innombrables et, dans tous les cas, sans valeur probante, puisque la prescience du Créateur sait, de toute éternité, l'effet que chacun d'eux produira sur l'homme ? N'est-il pas révoltant de penser qu'une mort inopinée, survenant à la suite d'une de ces défaillances si difficilement évitables qu'on nomme péchés mortels, peut ruiner le laborieux édifice de toute une vie d'efforts méritoires et condamner un juste à l'enfer sans rémission ? Comment accorder confiance sur de si troublantes questions à un homme choisi par des hommes, que nous voyons parfois dans les actes de sa vie journalière mal avisé et maladroit et qui pourtant n'a qu'à vouloir, à prendre une certaine posture, celle de docteur inspiré, pour laisser tomber de ses lèvres, ou couler de sa plume, des vérités éternelles ? Il n'est pour ainsi dire pas une seule des affirmations de la foi catholique qui ne soulève de même les objections de la raison humaine ; raison vulgaire, si l'on veut, terre à terre et lourde, mais enfin instrument unique dont puisse user la créature pour savoir et comprendre.
Ce conflit de la raison et de la foi, la doctrine traditionnelle de l'Eglise ne le nie pas et, aussi bien, n'est-ce pas sur la raison qu'elle compte pour justifier la foi; elle accepte que la vérité puise des confirmations ou des secours dans la capacité que l'homme a reçu de raisonner, mais elle proclame que cette vérité elle-même est issue d'une révélation directe de Dieu. Il se peut ; mais comme, en définitive, l'Eglise est composée d'hommes, il faut bien que la révélation qui l'éclairé, que le privilège surhumain (pii établit son autorité, soient par eux-mêmes assez visibles aux yeux de tous les hommes de bonne volonté, pour forcer leur consentement et s'imposer à leur raison. Dire que la foi catholique est une foi révélée suppose donc que sa révélation est humainement démonliable. L'Eglise affirme que l'essentiel de cette révélation est enfermé dans la Bible et qu'on trouve aussi dans le
Livre Saint l'évidente justification de la prétention qu'elle a, et qu'elle exerce, de placer son interprétation, sa tradition vivante et également inspirée, à côté des postulats fondamentaux de la foi.
Les Livres Saints sont tenus dans leur fonds pour l'œuvre de Dieu, parce qu'ils ont été rédigés tous sous l'inspiration du Saint- Esprit, autrement dit sous la grâce d'un secours surnaturel qui a conduit la main de l'écrivain sacré (1). Cette doctrine invariable, formulée de nouveau avec force, par le concile du Vatican en 1870 (2), se retrouve dans la bulle Providentissimus lancée par Léon XIII en 1893 : « Tous les livres et tout dans les livres que l'Eglise reconnaît pour saints et canoniques ont été rédigés en toutes leurs parties sous l'inspiration du Saint-Esprit. » Est-il donc exact que les Livres Saints soient inspirés? Telle nous paraît la forme nouvelle de la question préjudicielle que nous venons de poser. Il nous est inutile d'examiner, comme ne manquent pas de le faire les théologiens, le problème théorique de la possibilité de l'inspiration ; la vanité de cette recherche éclate d'ailleurs dans la puérilité des arguments mis en avant ; laissonsles et, pour le moment, acceptons la révélation comme un fait ; mais un fait analogue aux autres faits, c'est-à-dire un phénomène (|ui doit apporter avec lui sa preuve en frappant les sens ou l'esprit des hommes. Que l'Eglise, en effet, proclame la réalité de l'inspiration des Ecritures, cela ne prouve rien, puisque l'autorité sur laquelle l'Eglise s'appuie pour affirmer n'est autre que celle qu'elle puise dans les Ecritures elles-mêmes ; un cercle vicieux ne saurait tenir lieu d'une démonstration. L'inspiration des Livres
(1) Voyez Concile de Trente, Sessio quarta, Decretum de canonicis Scripturis. Les décrets du célèbre concile du xvi' siècle et son catéchisme restent le guide le plus sûr et le plus commode dans le dédale des discussions théologiques modernes.
iZ) Çanones, II, Dercvelalione, 4.
Saints ne peut être prouvée que par eux-mêmes; elle doit éclater dans leur texte.
Et d'abord que nomme-t-on les Livres Saints? Selon la décision du Concile de Trente, c'est un certain nombre d'écrits — soixante-et-onze, en tenant compte de la division de certains en plusieurs livres — dont l'ensemble constitue le canon ou catalogue de la Bible. Ils se répartissent en deux groupes : quarante-quatre sont censés représenter la Bible juive, antérieure à Jésus-Christ et on les désigne sous le nom d'Ancien Testament (1) ; les vingt-sept autres, rapportés plus ou moins directement à Jésus-Christ et à ses Apôtres, forment le Nouveau Testament, En tant qu'ils obligent les fidèles, les Livres Saints représentant la Loi; il y a donc deux Lois : l'Ancienne, directement inspirée par Dieu à Moïse, à Josué, à divers prophètes ou écrivains sacrés ; et la Nouvelle, préfigurée par l'autre, issue de la révélation de Jésus-Christ ei complétée après son Ascension par l'inspiration du Saint-Esprit. La Nouvelle Loi remplace pratiquement l'Ancienne ; tel est l'enseignement constant des Pères de l'Eglise; mais l'Ancien Testament n'en conserve pas moins la marque de son origine divine et offre un intérêt historique de premier ordre, puisqu'il nous conte l'origine des choses, les faits de Dieu par les Juifs et surtout enferme les promesses prophétiques, dont l'accomplissement constitue un des arguments essentiels en faveur de l'autorité de la Loi Nouvelle.
C'est maintenant que commencent les difficultés ; je n'ai pas l'intention de les soulever toutes, mais seulement de choisir celles qui paraissent particulièrement troublantes pour un fidèle qui réfléchit. La Bible qui fait autorité dans l'Eglise catholique est la Bible latine, acceptée comme authentique par le Concile de Tren-
(1) Le mot Testament signifie promesse ou alliance.
te, sur cet argument qu'elle était depuis des siècles en usage dans l'Eglise. C'est ce qu'on nomme la Vulgate, constituée, en somme, et à quelques modifications près, par une traduction de l'Ancien Testament faite par saint Jérôme, à la fin du IV" siècle, et une plus vieille version du Nouveau Testament, revue par le même Jérôme. Par authentique, il convient d'entendre seulement conforme au texte primitif quant au sens et à la substance. Soit. Mais qu'est-ce que le texte primitif ? En ce qui concerne l'Ancien Testament, la réponse ne laisse point que d'embarrasser. Le texte primitif, c'est sans doute celui de la Bible juive; mais, la Bible juive elle-même, par quoi est-elle représentée ? Où est-elle ? Même au temps de Jésus, c'est-à-dire presqu'à la fin de leur histoire en tant que peuple, les Juifs n'étaient pas d'accord sur la composition de leur canon sacré et, dans les écoles de Palestine où se formaient les rabbins, d'âpres discussions se poursuivaient sur l'autorité du Livre dCEsther, de celui d'Ezéchiel, du Cantique des Cantiques et d'autres encore, que la Vulgate a reçus. Ce fut seulement au IP siècle après Jésus-Christ que la majorité des docteurs palestiniens se rallia à une liste qui peu à peu s'imposa aux synagogues. Mais ce canon juif, qu'on peut appeler officiel, ne coïncide pas avec celui de la Vulgate ; il est sensiblement plus court, ne comprenant ni la Sagesse, ni l'Ecclésiastique, ni les deux livres des Macchabées, ni ceux de Judith, de Tobie, de Baruch. Ces sept écrits proviennent d'un autre canon, celui qui s'était antérieurement constitué dans la grosse juiverie d'Alexandrie et plusieurs d'entre eux, par exemple la Sagesse et le second livre des Macchabées, étaient nés en Egypte. Dans les deux siècles qui précèdent notre ère, il circulait parmi les Juifs de Palestine et d'Egypte nombre d'ouvrages pseudépigraphes, c'est à dire qui se présentaient sous un nom d'auteur qui n'était pas le vrai ; les anonymes pieux qui les avaient composés, convaincus de leur utilité, cherchaient a
leur donner de l'autorité en les rapportant à quelque notable personnage du passé d'Israël. Plusieurs d'entre eux ont été rejetés même du canon alexandrin, tels le livre d'Henoch, les livres trois et quatre cVEsdras et d'autres encore, qui n'étaient ni plus ni moins authentiques, ni plus ni moins dignes de confiance, ni plus ni moins inspirés, que la Sagesse, dite de Salomon, le Cantique des Cantiques, V Ecclésiastique, ou le livre de Daniel, tous canoniques. Aujourd'hui, et depuis longtemps, les théologiens catholiques accordent, en théorie, une égale autorité à tous les livres du canon, mais, dans leur langage courant, ils distinguent ceux de la Hste Palestine (dits protocanoniques) de ceux qui ne sont qu'alexandrins (dits deutéro canoniques) ; en fait, les seconds ont excité les défiances de nombre de chrétiens dans l'antiquité et les Bibles protestantes les excluent.
Il faut bien, en définitive, nous l'avouer, les Juifs qui ont, parmi les disputes et les contestations, constitué le canon, celui de Palestine aussi bien que celui d'Alexandrie, ne disposaient d'aucun critérium certain pour décider de l'authenticité, à plus forte raison de l'inspiration d'un livre ; leurs hésitations et leur désaccord suffisent à le prouver ; leur critique, à la juger par les bévues qu'elle a commises, n'était ni très avisée ni très perspicace. Si les rabbins de Palestine ont fini par accepter un principe d'exclusion qui leur faisait rejeter tous les écrits contradictoires aux cinq livres qu'une tradition, considérée a priori comme intangible, attribuait à Moïse, celle défiance étroite se montrait impuissante à arrêter un apocryphe évident, comme le livre de Daniel, et elle désarmait devant le Cantique des Cantiques, communément rapporté au roi Salomon, mais simple poëme erotique, dont la présence au canon serait un scandale, sans l'opportun secours d'une interprétation symbolique, aussi curieuse qu'arbitraire. En fait, le canon palestinien lui-môme est sorti d'une combinaison de tra-
ditions invérifiables, même pour les Juifs des deux ou trois premiers siècles avant Jésus-Christ, et de circonstances de détail, qu'ils ignoraient aussi, qui nous échappent encore bien davantage, mais grâce auxquelles tel ou tel écrit apocryphe, ou d'origine inconnue, a inspiré confiance à la majorité des rabbins. On se demande de même en vain quelle autorité, en dehors de celle que s'attribue l'Eglise, et quelles raisons visibles et décisives, en dehors de celles tirées de l'usage, des évêques du XVP siècle, réunis à Trente, ont bien pu posséder pour décider de l'authenticité et, par suite, de l'inspiration des livres de l'Ancien Testament. De ces livres, cependant, où est le texte primitif ? Les protocanoniques ont clé rédigés en hébreu et nous en possédons en effet des exemplaires dans cette langue. Quant aux deutérocanoniques, nous ne les avons plus qu'en grec, qui représente l'idiome original au moins de la Sagesse et du second livre des Macchabées. Notons en passant que les chrétiens, jusqu'au temps de saint Jérôme, se sont très rarement souciés du texte hébreu et qu'ils ont constamment lu l'Ancien Testament dans la traduction grecque dite des Septante, exécutée en Egypte entre le milieu du IIP siècle et le début du I" siècle avant l'ère chrétienne; ils l'acceptaient communément comme inspirée, bien qu'elle fût loin d'être fidèle et soulevât les protestations des juifs hébraïsants. Les traductions latines de la Bible juive qui circulaient en Occident jusqu'à la fin du IV^ siècle, avaient été faites sur le texte des Septante et ce fut leur scandaleuse incorrection qui décida saint Jérôme à entreprendre une traduction nouvelle sur l'hébreu ; elle ne se fit d'ailleurs accepter par les fidèles qu'après de tenaces résistances. Au cours du moyen âge, le texte de saint Jérôme subit de nombreuses altérations et fut l'objet de plusieurs revisions officieuses; il a une histoire qui a été racontée dans de copieux volumes. La recension actuellement officielle date de 1592 et elle ne comporte
aucune variante ; ce qui ne veut pas dire qu'il n'en existe pas ; la comparaison des manuscrits permet au contraire d'en relever beaucoup, qu'on ne saurait toujours attribuer à la négligence des copistes.
Que cette Vulgate soit une traduction exacte de la Bible liébraïque, c'est ce que personne, je pense, n'oserait soutenir aujourd'hui ; et du même coup tombe la foi en l'inspiration des Livres Saints jusqu'à la lettre [ad litteram) que certains théologiens ont quelquefois soutenue; mais, quand la Vulgate serait la rigoureuse transcription du texte hébreu que nous possédons, en serionsnous plus avancés ? Il faudrait savoir ce que vaut ce texte hébreu lui-même. Que l'historien juif Josèphe, qui écrit au I" siècle de notre ère, nous affirme que la lettre même des Livres Saints était conservée par ses compatriotes avec une rigoureuse exactitude, ce n'est point une solide garantie. Il est tout au contraire établi que le texte de la Bible hébraïque a subi le sort de beaucoup d'ouvrages dont le manuscrit original est perdu et qui sont souvent copiés; au temps de Josèphe, il circulait en exemplaires qui ne s'accordaient pas toujours bien entre eux et qui ne furent ramenés à l'unité relative, par comparaison avec un manuscrit employé dans le Temple de Jérusalem, qu'après un travail très lent, aux siècles qui suivirent la ruine définitive de la capitale juive (sous Hadrien, au IP siècle après Jésus-Christ). Les manuscrits hébreux de la Bible qui sont actuellement entre nos mains ne remontent guère au delà du X" siècle et ils présentent des variantes, sinon très importantes, au moins nombreuses. Si nous tenons compic enfin de ce fait que juifs et chrélicns, dans les premiers siècles de l'Eglise, s'accusaient réciproquement de falsifier les Ecritures pour les besoins de leurs discussions et qu'ils pouvaient avoir sur ce point raison les uns et les autres, nous mesurerons la distance qui sépare le texte de la Vulgate du texte « primitif » des
livres prolocanoniques ; en sorte que par autlienlicjue il ne faut plus entendre qu'o||fcie/, faisant foi dans l'Eglise catholique.
Admettons cependant que le fonds de ces Livres Saints n'ait point subi le sort de la forme, que Dieu, qui a laissé s'altérer celleci, ait protégé celui-là, ainsi que le soutiennent les théologiens qui ont fait des concessions à la critique ; quelles preuves nous apporte ce « fonds » de la réalité de son inspiration? Afin de ne point disperser notre attention et aussi pour ne point nous montrer trop exigeants, restreignons encore notre champ d'examen ; nous avons déjà abandonné les troublants deutérocanoniques ; parmi les protocanoniques, ne considérons plus que les cinq premiers, ceux que l'Eglise attribue à Moïse et dont l'ensemble forme le Peiitateuque. « Le Pentateuque, écrit le plus conservateur des exégètes catholiques (1), est le code même de la religion mosaïque, mais il est aussi la pierre fondamentale de la religion chrétienne. » Rien de plus juste, au point de vue strictement orthodoxe, car, si les cinq parties du Peiitateuque, c'est-à-dire la Genèse, VExode, ie Lévitique, les Nombres et le Deuléronome, nous racontent la création du monde, l'histoire la plus ancienne des hommes, et celle des Juifs jusqu'à leur entrée dans la Terre Promise, si elles développent les prescriptions de la Loi Ancienne, elles nous relatent aussi la chute d'Adam, cause de la déchéance de tous ses descendants et raison d'être indispensable de la venue du Christ sur la terre, de sa mort sur la croix, de la Rédemption. Que le Peiitateuque soit véridique et l'on peut considérer comme fort avancée la preuve de la vérité catholique ; qu'au contraire il ne le soit pas, l'édifice entier, privé de son fondement premier, échappera difficilement à la ruine. Or la garantie de la véracité du Pentateuquc est dans son
(1) M. l'abbé Vigoureux, Manuel biblique, I, p. 385 de la 10° édition. L'auteur est membre de la Commission biblique instituée par le pape.
authenticité et n'est que là. Entendons-nous ; de ce que Moïse en serait l'auteur certain, nous ne serions pas dispensés de nous demander si Moïse a dit la vérité, mais s'il est établi que Moïse n'est pas cet auteur, le Pentaieuque perd toute autorité. Avouons-le : s'il était démontré que 1.500 ans avant Jésus-Christ, un patriarche d'Israël a de sa main rédigé ces cinq livres, et qu'ils se sont transmis de génération en génération, jusqu'à nous, dans leur substance sans mélange, ce serait une raison de croire à l'exactitude d'une bonne part de ses récits et l'orthodoxie en tirerait avantage pour raffermir la solidité des autres. Aussi bien l'authenticité du Pentateuque est-elle maintenue avec acharnement par les autorités ecclésiastiques et, le 27 juin 1906, la Commission biblique pontificale l'a de nouveau solennellement affirmée. Pourtant, s'il est un point surabondamment établi, c'est qu'elle ne saurait plus se soutenir aujourd'hui. Cette conclusion, non seulement ne fait plus question pour aucun critique indépendant, mais encore est couramment admise par nombre de savants cathohques. Au Congrès catholique de Fribourg, en 1897, l'un d'entre eux, le baron von Hugel, de Cambridge, a clairement exposé les raisons décisives qui fondent sou opinion ; il les a reprises dans des lettres échangées avec le Révérend Briggs, de New-York, à propos de la malencontreuse décision de la Commission biblique (1). L'étude du texte hébreu, poussée à fond aux divers points de vue de la langue, des mœurs, des institutions et des croyances, a permis de prouver que le Penialeuque était un ouvrage composite, construit par combinaison, d'ailleurs peu adroite, de plusieurs documents d'âges différents et remanié à plusieurs époques; il est donc constitué par une série de couches rédactionnelles, comme un terrain sédimen-
(1) Ces lettres ont été traduites et publiées sous le litre : La Commission biblique et le Penialeuque, Paris, A. Picard et fils ; 1907, in-8\
taire, où alternent les roches dissemblables. Ses documents fondamentaux sont certainement au nombre de quatre, qu'on est convenu de nommer VElohisie, le lahviste, le Deutéronome et le Code Sacerdotal. Tous quatre présentent de telles différences, en ce qui touche au langage, qu'ils nous montrent au propre quatre stades successifs du développement de l'hébreu et cette seule étude linguistique suffit à établir « que Moïse n'a pu écrire aucun des grands documents dont se compose le Penlaieuque » (Briggs). L'examen du style des quatre morceaux, la comparaison des situations historiques que chacun d'eux reflète, enfin, les preuves certaines qu'ils enferment d'une évolution de la pensée religieuse juive de l'un à l'autre, achèvent de rendre inébranlable l'inévitable conclusion : le Pentateuque n'est point l'œuvre d'un seul auteur ; il n'est
pas de Moïse.
Point n'est besoin de savoir l'iiébreu pour vérifier les arguments logiques et historiques mis en avant par les critiques ; il suffit d'ouvrir une traduction de la Genèse, pour y lire deux récits différents de la création (I et II), deux récits du dékige, empêtrés l'un dans l'autre, mais tout de même aisés à distinguer (VI-VIII) ; pour y voir que Joseph, contant au roi d'Egypte sa triste aventure, lui dit qu'il <( a été dérobé du pays des Hébreux » (XL, 15), bien longtemps avant que les Hébreux ne se soient établis dans le pays d'où il vient ; pour y découvrir qu'il est question des rois d'Israël (XXXVI, 31), dont Moïse ne pouvait avoir aucune idée, puisqu'ils lui sont de beaucoup postérieurs; pour y relever enfin quantité d'autres traits qui élabhssent une combinaison de documents beaucoup plus jeunes que Moïse, encore que dissemblables.
Et quels arguments l'Eglise catholique peut-elle opposer à tant de raisons pressantes? Que l'authenticité du Pentateuque,
entendue comme elle s'obstine à l'entendre, est de loi^ que la rejeter équivaut à ruiner toute la Bible ? Sans doute ; mais cela nest point suffisant pour abolir une conclusion établie en bonne critique. — Que les Juifs ont toujours cru à cette authenticité?Personne ne dit le contraire, mais qu'est-ce que cette confiance en une tradition peut bien prouver, sinon que ceux qui la soutenaient ne l'avaient pas vérifiée ? — Que Jésus-Christ a proclamé que la tradition juive était sur ce point véridique ? Argument décisif évidemment, si on admet la divinité du Maître, qu'il faut tout d'abord démontrer; argument qui rentre dans le précédent si Jésus n'est qu'un Juif, aussi étranger à la critique que tous ses contemporains. — Que la tradition chrétienne confirme la tradition juive ? Mais l'une ne vaut pas mieux que l'autre et une erreur qui dure longtemps ne finit pas par devenir une vérité. Que dire enfin des pauvretés auxquelles descendent les intransigeants pour réduire les contradictions, nier les répétitions, effacer les anachronismes (1) ? Rien, commande la charité, car les savants catholiques éclairés se contentent aujourd'hui d'en sourire.
Faut-il donc penser que si l'Eglise s'est trompée, à la suite de la Synagogue, en affirmant que Moïse était l'auteur du Pentateuque, elle a raison tout de même en proclamant que l'ouvrage est inspiré? Encore que contradictoire à la règle de foi catholique, la chose pourrait après tout n'être pas impossible, mais la preuve n'en paraît pas facile à administrer. Un argument sérieux sortirait évidemment de la véracité foncière du récit biblique. Que le Pentateuque, dans sa description des origines du monde, par exemple, ne contienne aucune erreur par rapport aux données certaines de la science de nos jours ; que, d'autre part, les prescriptions de la Loi mosaïque qu'il enferme se présentent comme
(1) On en trouvera une collection considérable dans le Manuel biblique de M. Vigouroux, I, p. 422 et ss. de la 10' édit., Paris, Roger et Chernoviz, 1897.
le plus haut point de perfection morale qu'aient atteint les hom-' mes antérieurement au Christ; que dans ses parties historiques, il soit d'accord avec ce que l'archéologie orientale nous apprend et la doctrine de la révélation s'abritera efficacement derrière ce concours miraculeux de concordances.
Que la Bible en général, et le Pentateuque en particulier, ne contienne aucune erreur, c'est une proposition de foi ; c'est le dogme de V inerrance de la Bible. Il a été mis à rude épreuve durant le XIX® siècle (1) et, pour le défendre, les apologistes catholiques ont déployé une activité plus admirable qu'heureuse. La géologie surtout leur a donné beaucoup de mal, en rendant de plus en plus laborieux l'établissement d'un accord entre ses découvertes et la création du monde environ 4.000 ans avant Jésus-Christ, son achèvement en six jours, la date récente de l'apparition de l'homme, le déluge universel ; mais d'autres sciences ont aussi découvert dans le Pentateuque matière à contestation. Depuis Galilée, l'astronomie a révisé la cosmographie de la Genèse ; la zoologie trouve étrange que l'écrivain sacré ait rangé le Uèvre et la gerboise parmi les ruminants. Que sais-je encore ? Les exégètes catholiques décidés à ne rien sacrifier ont été et sont encore bien embarrassés (2). Quelques-uns, plus courageux que les autres, ou plus entêtés dans leur logique, ont mis la science en demeure de se corriger et de se plier à la révélation ; d'autres ont répété et répètent, avec une apparente confiance, qu'il ne saurait s'élever de désaccord irréductible entre
(1) M. Ilouliii a fait rhislorkjuc de Ja question dans deux bons livres : La question biblique chez les catholiques de France au xix' siècle, Paris, A. Picard et fils, 1902 ; cl La question biblique au xx* siècle, Paris, E. Nourry, 1906 ; on consultera aussi avec profil J. Estlin Carpentcr, The Bible in Ihc nineteenlh Ccnlunj, Londres, Longmans, 1903.
(2) Pour le détail du conflit, on peut se reporter à E. Perrière, Les erreurs scienii{iques de la Bible, Paris, Alcan, 1891 ; et à E. Lefranc, Les Coniliis de la Science cl de la Bible, Paris, E. Nourry, 190G, in-12.
la vérité des laboratoires et la vérité de Dieu, que les choses s'arrangeront à la satisfaction générale et ils ont travaillé à un compromis ; ils ont inventé le concorclisme, qui, par jours de la création, entend les périodes de la géologie, quitte à bouleverser tout le système chaque fois que les géologues changent de doctrine ; ils ont essayé de gagner du temps, en contestant à peu près chaque découverte de la science ; ils ergotent sur les dates, rognent de leur mieux sur les chiffres énormes qu'avancent les historiens de la terre pour fixer les étapes de son passé, accordent un déluge partiel, une noyade restreinte des soldats de Pharaon dans la mer Rouge et, finalement, ne contentent personne. D'autres pensent tourner l'obstacle en avançant que l'inerrance de la Bible ne porte que sur la foi et les mœurs ; mais celte thèse, outre qu'elle répugne à l'orthodoxie, a l'inconvénient d'être tout arbitraire ; quelle nouvelle révélation est donc venue en dévoiler le secret à ses partisans ? D'autres enfin soutiennent qu'au regard des faits de l'ordre physique, le Saint-Esprit a parlé « selon l'apparence » et l'opinion des hommes auxquels il s'adressait, afin de ne pas éveiller leurs défiances à l'endroit des vérités éternelles, en heurtant inconsidérément leurs préj'agés, en bouleversant leur science. Etait-ce pourtant une raison pour couvrir de son autorité de formelles erreurs de détail, pour avancer, par exemple, que le lièvre rumine ? Et n'est-ce pas faire au Saint-Esprit une injure gratuite que de soutenir qu'il n'aurait pu trouver le moyen de révéler toute la vérité sans causer de scandale? En quoi, au reste, semblc-t-il plus difficile de croire à la rotalion de la terre qu'à tous les récits du début de la Genèse ? Hélas l ces récits eux-mêmes, il est bien difficile de continuer à les attribuer à l'Esprit, depuis que les archéologues ont déchiffré sous les cunéiformes de Chaldée des légendes semblables à celles qu'ils développent, et nous ont prouvé que nous ne possédions
dans le premier livre de la Bible qu'une adaptation particulière d'un vieux fonds de mythes sémitiques, exploités de toute antiquité entre le Tigre et la Méditerranée. Enfin, une découverte capitale, faite à Suse en 1902, est venue ajouter une inquiétude à toutes celles qui se pressaient déjà en face du Peniateuque. On a mis au jour une stèle qui représente le dieu babylonien Chamach révélant sa loi au roi Hammourabi, dix siècles environ avant le temps où Moïse est censé avoir vécu. Cette loi, dont la stèle nous donne aussi le texte, ressemble à celle de Moïse jusqu'à l'identité de certaines formules, et, les orientalistes catholiques l'avouent, elle lui est moralement supérieure ; elle représente un degré de civilisation plus élevé. Et si, comme il est évident, elle l'a inspirée dans ses éléments essentiels, que penser de la scène du Sinaï où Jalivé, dit-on, fit entendre sa voix à Moïse et lui révéla sa volonté, quand nous contemplons Hammourabi courbé sous la parole de Chamach ?
Il est inutile d'insister ; la ruine des affirmations orthodoxes en ce qui touche au Pentateuque entraîne celle de notre confiance dans l'inspiration de toute l'Ancienne Loi. Et nous ne résistons plus que faiblement aux critiques qui nous affirment que la plupart des livres de la Bible juive ne sont pas l'œuvre des auteurs auxquels la tradition les rapporte ; que Bossuet, auquel se réfèrent volontiers les obstinés de l'orthodoxie, n'a fait que fixer en phrases magnifiques une exégèse puérile ; que loin d'avoir « toujours gardé cet ordre admirable de faire écrire les choses dans le temps qu'elles étaient arrivées, ou que la mémoire en était récente » (1), Dieu en a laissé tout le soin aux hommes, en sorte que les écrivains sacrés ont commis les plus fâcheuses bévues ; qu'enfin plusieurs de leurs écrits présentent des traces certaines de remaniements, de mises au point successives des mêmes tra-
(1) Discours sur l'hist. univ., II, ch, XXVII.
dilions.Et nous commençons de remarquer quantité d'étrangetés, de contradictions, de traits ridicules, choquants, odieux, dont Voltaire faisait déjà des gorges chaudes et qu'il est vraiment bien difficile d'attribuer au Saint-Esprit. Et nous nous demandons, après les polémistes antichrétiens de l'antiquité, pourquoi tant de prescriptions rituelles, tant de dispositions légales, nonobstant leur inspiration, ont été déclarées superflues par le christianisme ; pourquoi « Dieu a changé d'avis ». Sans doute les théologiens ont répondu à toutes ces objections ; trop souvent même, car une seule fois aurait suffi si elle eût été bonne ; mais leurs réflexions n'ont de valeur que pour eux, qui ne doutent point du but que doit, dans to'iis les cas, atteindre leur critique ; elles sont incapables de convaincre l'historien qui conclut uniquement selon les faits et suivant les textes. Or c'est en vain qu'il leur demande, je ne dis pas une preuve décisive, mais seulement l'apparence d'une preuve de la révélation ; la Bible juive lui apparaît comme une œuvre humaine, admirable dans son ensemble, parce que le plus grand souffle religieux qui se soit élevé parmi les hommes, la traverse d'an bout à l'autre et que l'âme d'un peuple s'y est enfermée, mais tout de même inégale et mêlée, reflet des passions et de l'ignorance des générations successives qui l'ont composée et qui, différentes par la civilisation et même par des aspirations rcHgicuses, se ressemblent toutes en ce qu'elles donnent toujours le j)as dans leurs préoccupations à
l'édification sur l'exactitude objective.
Parmi les arguments qu'il avance pour établir la réalité de l'inspiration dans l'Ancien Testament, l'abbé Vigouroux place celui-ci : « Saint Pierre allribue expressément au Saint-Esprit des paroles de David ; saint Paul des paroles d'Isaïe et de Jérémie » (1). Autrement dit, c'est dans le Nouveau Testament ([uc
(I) Manuel biblique^ I, p. /i9.
2ii MODERNISME ET TRADITION CATHOLIQUE EN FRANCE
se trouve la meilleure garantie de la véracité de l'Ancien. Il nous faut donc examiner la Loi Nouvelle, y chercher la révélation que nous n'avons pas pu découvrir dans la Bible juive et, du même coup, y vérifier les assises proprement chrétiennes de la foi catholique.