‹ Modes De Contagion De La Phthisie Pulmonaire Dans Le MariageChapitre 6 sur 23 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Le nommé Priest, garde particulier à Champeaux;, com-

mune de Bragny, avait une fille de 47;ans qui, à la suite.

d’une pneumonie double continua à tousser et mourut au

MAC 0 bout de cinq mois avec des cavernes énormes dans les deux poumons. Ce fait date de l’année dernière (1869). | Le garde élevait à ce. moment six chiens de chasse, quatre chiens courants et deux chiens d’arrêt. Les six chiens léchaient avec avidité les crachats purulents et excessivement abondants qu’expectorait la jeune phthisique, ainsi que les déjections alvines qu’on jetait sans, précaution dans un coin de la cour. Tous les six moururent SUCCessivement, après avoir toussé, crachè el dépéri rapidement. Le, garde stupéfait et convaincu que le mal venait des crachats qu’ils avaient avalés, en ouvrit deux et trouya, aïmsi qu'il le raconta immédiatement à mon père « les foies pourris,» ; ce sont ses expressions. Îl-est utile de dire que dans nos campagnes, on appelle les poumons des animaux « foies blancs. » Plusieurs.clients de mon père, habitant la campagne, lui dirent qu’ils avaient vu: mourir leurs chats de la même façon. Le | Ils toussaient, maigrissaient au point de n’avoir que Ja peau et les os, et. cela après avoir. mangé des crachats répandus sur le plancher par des poitrinaires.

L'interprétation de ces faits nous conduirait à parler de la question de la contagion par l'alimentation, c'est-à- -dire, par lingestion soit de viande, soit de lait provenant d’animaux tuberculeux, Ce serait sortir des limites que nous nous sommes tracées.

La seule. chose sur laquelle : nous attirions. l'attention, c’esi l'aptitude que possèdent les crachals i ingérés à reproduire la, tuberculose el à transmeltre. cetle maladie à un organisme sain, Ajoutons encore que. ROUE, M. Chauyeau

M Tue qui s’est livré à dés travaux très importants sur ce point, des doses infiniment petites suffisent pour produire là con-

“tagion, attestant ainsi l'éfergie du principe morbide transmis. Ra in.

Il manquait cependant aux faits que nous venons de

“relater la consécration de l’expérimentation. Variable dans ses conditions, la démonstration expérimentale ‘présente l'avantage d’exclure toute idée de coïncidence ; et il était

désirable qu’elle vint confirmer les données de l’observation.

Des tentatives intéressantes ont élé entreprises dans ce

BU Us dé Mer à dure

Un savant médecin, le D° Tappeiner, de Méran (Witrchow’s Archiv. 1878, t. XLVIT, TP 593), insttua trois sèries d'expériences portant sur onze chiens. Il a diluë dés

“crachats de phthisiques et à fait sübir à ces chiens (nous

‘n’entrons pas dans le détail des expériences), des pulvérisations de ce liquide à des intervalles et pendant dés temps

‘variables. A l’autopsié, sur le nombre total des chiens, ‘dix ont présenté les lésions caractéristiques de la tuberculose ; un seul avait êlé réfractaire à l’action du contage. | Tappeiner observa que la quantité de crachats employés

’était très faible 'et conclut de ces résultais que les’ expecto-

‘rations des phihisiques sont des agents actifs de contagion.

‘Ces expériénces | furent reprises peu après par Schôttelius, de Wäürtzbourg (Ceéntralblatt 1878, P. 18), mais non avec le même succès. Tappeiner ‘Confrma par une nouvelle sérié d expériences ses premiers résultats.

Nos expériences personnelles ne nous permettent. pas

; d’être ; aussi. ‘affirmatif ( que lé médécin allemand. Nous avons ‘soumis quatre lapins, nés d’une même portée, à des” pu-

ST vérisalions faites avec de l’eau dans laquelle nous avions dilué des crachats de phthisiques.

Nous faisions trois séances par jour et d'un quart d'heure pour chacun de nos animaux. Le poids avait êlé soigneusement noté. La durée de lexpérience fut de quarante-cinq jours. Dans cet intervalle un des lapins perdit une partie notable de son poids (420 grammes) ; l’état de santé des autres ne parut pas altéré. A l’autopsie, celui qui avait perdu son embonpoint primitif présentait une altération remarquable des ganglions mésentériqués. Ces ganglions étaient considérablement tuméfés';' leur coque épaissie contenait une masse caséeuse. Le péritoine était le siège de ‘plaques d’hyperhémie, ‘et avait ‘contracté His ‘adhérences au niveau du foie el de là rate.

Des noyaux indurés, transparents, Hi au toucher étaient disséminés ça'et là.

Les poumons avaient été également atteints ; mais les lé sions n’existaient guère qu'à la partie Supérieure.

: La plèvre droite-était adhérente en haut.

L’aütopsié des autres lapins n’a dônñé aucun résultat el n’a rien révélé d’anormall |

En résumé, sila présence d’un contage dans les erachats des tüberculeux est parfaitement démontrée etincontestable, les résultats contradictoires obtenus -par Îles expérimentateurs jettent des doutes sur la facilité avéc laquelle peut se produire la contagion. La transmission ne s’est effectuée, en effet, qu’à la suité d’inhalations prolongées d’un liquide “chargé des principes contagieux, les animaux ontêlé pla- ‘cés dans les conditions les plus favorables‘ à la’réalisation -dé la'contagion. [n’est pas’ soutenable que ces conditions

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d'expériences puissent être celles au milieu apelés se meut l’existence de l’espèce, humaine. |

Ajoutons pour conclure que si dans l’état de sad. ‘tion la contagiosité des expectorations tuberculeusestest loin d’être démontrée, la non contagiosité de.ces, mêmes PAU est plus problématique encore,

Aussi en l’absence de an à absolue, doit- -On (CONSIdérer comme fort louable le conseil que, donne dans son travail si intéressant, M. Bergeret (d’Axbois), de faire:cracher les iuberculeux dans des vases clos.

Selon toute vraisemblance, le mécanisme par. lequel les matières éliminées pourraient, au sein dela cohabitation, devenir un danger pour lindividu sain, est le suivant : en dépit des règles de la plus élémentaire propreté, les crachais sortant. des, cavernes où ils ont séjourné, formés de pus tuberculeux sont rejetés souvent. par les malades sur le plancher, les meubles, les couvertures, les,vêtements à leur usage. Plus tard ces matières se dessèchent. Le brossage, le balayage les pulvérisent. Sous. forme de, poudre impalpable, elles se mêlent à l'atmosphère qui les porte en nature dans les poumons des personnes qui soignent le malade. . | |

Cette opinion est Au ile, hasardée ; mails à coup sûr elle est vraisemblable.

Il nous resterait, encore, à: parler de. ne AU d’excrétion, de la sueur et des déjections alvines. notamment; mais la science est encore :peu fixée sur ce sujet. On ne serait en droit de. leur attribuer un caractère de;contagiosité qu’en. procédant par analogie et:en.s appuyant sur des bases purement spéculatives. Ni l'observation, ni l’ex-

nel

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périmentation, en effet, n’ont jusqu'ici accusé d’une façon

positive le pouvoir contagionnant de ces produits, Pour ce qui nous concerne, nous nous rattachons pleinement à la manière de voir de M. Bergeret d’Arbois (loc. cit), qui pense que l’absorplion cutanée étant peu active, les sueurs ne doivent contribuer que pour une faible part à la contagion, du moins par celte voie d'absorption. Mais en est-il ainsi des émanations qu’elles dégagent autour d’elles et qui sont susceplibles d'impressionner directement la muqueuse pulmonaire ? I serait difficile de le dire ; mais notre ignorance sur cé point ne nous conduira pas à détourner le praticien des voies de la prudence. En sais autrement nous nous croirions Faipents

Nous ss résumons en quelques mots. Pour la plupart

des auteurs, l’air est, d’un époux à l’autre, l’agent de la

transmission de la tuberculose. Soit qu'il aït puisé les éléments de la contagion au foyer même des lésions pulmomonaires, dans les cavernes en suppuration, Soit que des parties primitivement intégrantes de Porganisme malade se soient.répandues dans l atmosphère ét aient êlé lränsportées dans les voies respiratoires d’un individu Sain, l'air est l’intermédiaire incriminé, et Pappareil de la respiration a voié d'absorption, R por ouverte aux ARR contagieux. | | |

Nous dleuterons plus loin la valeur de’ cette théorie ; nous allons examiner l’autre mode de contagion.

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