Les chansons popukir 1644, l'e muet de dire ne
u courant du vers. Dans le ver compte pas, et celui de Marguei luy va dire : | Marguerite, bot
Quant à la supression des e atones au cours du vers et à leur
n placement par des virgules en l'air, c'est un procédé à la fois
irbare et naïf, qui n'a rien de précisément nouveau, témoin la
poésie de la Fille difficile, dont je ne citerai pas le refrain, un peu
trop gaulois, encore qu'il m'offrit aussi l'exemple dont j'ai besoin :
A ma loi s'
s'y veut pas s' soumettre, Comme un enfant, je fil'rai doux, Je n'y résist'rai pas, c'est mon maître, De peur d'attraper que'q's mauvais coti]
ICes vers, on le voit, ont réalisé depuis beau temps la réforme jposée par M. Psichari, et mise en œuvre par M. Moréas. P :
sui
la!
Pourrait-on encore aujourd'hui se servir de la césure féminine ? Cela dépend : si la césure est fortement accusée, la chute de 'e muet n'a absolument rien de choquant. Ce vers de Corneille :
Relève-toi, Rodrigue 1 — Il faut l'avouer, Site,
Ne perdra rien sous la forme suivante :
Relève-toi Rodrigue! — Je dois l'avouer, Sire...
Je ne crois pas qu'à l'ouïr on puisse saisir la différence des deux formes, à cause du repos imposé par le dialogue.
Mais le cas se présente rarement tel. Ainsi, dans l'alexandrin avant de M, Kahn, l'emploi de la césure féminine au quatrième :u ne me semble pas heureux :
Chère apparence, | \
je couchants [ illut
Dans ce dodécasyllabe, il y a deux césures, la première féminine, la seconde masculine. Cela déroute l'oreille. Une césure e continue a
I, M. Psicliari, soutenant (Wea i tort) qu'un alexandrin féminin est un vers de tielïe syllabes, il trouve ce vers de M. Kahu absolument Identique a un dodécasyllabe féminin, parce que l'auteur « \ rallongement final a substitué 1<: idlitfit pleine à l'intérieur du vers(ll) •, Cette syllabe ajoutée à l'intérieur n'est nullement pleine. Elle n'est au contraire admissible qu'à la cundition de tomber dans la prononciation. Et cela ne fait absolument rien à l'affaire que le vers soït masculin ou féminin.
et une césure a explosive » dans le même vers font mauvais ménage.
Mais je ne Irouveraîs rien de répréhensible au vers rectifie à l'aide
de deux césures féminines le coupant en trais tronçons symétriques :
Chère apparence, | vois les étoiles | mystérieuses
Les deux césures féminines donnent au rythme une sorte de h traîné » qui ne me semble pas sans langueur et sans grâce. A la vérité je ne sais pas plus ce que c'est qu'une chère apparence qui voit les étoiles, qu'une apparence qui vient aux couchants. Mais cela ne fait rien à l'affaire, Je ne parle que des sons, non du sens.
En général, la césure féminine sera d'autant plus admissible que la pause est plus marquée. Dans le cas contraire, l'effet peut en être odieux, et ce vers SUaoisoHUS de Racine :
Ma timide voix tremble à vous dire une injure,
Serait outrageusement estropié s'ii était transformé en Ma timide vois tremble j de vous dire une injure,
Quoi qu'il en soit, nos préjugés sont tels, nos habitudes tellement invétérées depuis Jean Lcmaire, que l'emploi de la césure féminine rencontrerait difficilement l'approbation. On pourrait peut-être, dans un motif très court, un quatrain par exemple, montrer même aux profanes, comment cette césure peut, à l'occasion, devenir un moyen d'harmonie, mais en généraliser l'emploi, impossible.
On rencontre encore, dans la poésie lyrique du moyeu âge, une césure fort bizarre. Comme elle a d'abord paru dans le décasyllabe, son examen peut ici trouver sa place. C'est la