CÉSURE ATOMIQUE OU LYRIQUE
Elle consiste en ce que, par une contradiction singulière, la lève qui doit marquer la quatrième syllabe porte sur une atone :
i. Atonique, parce que l'accent porte sur une atone. Les savants l'ont dénommée efcnrfl lyrique, parce que c'est dans la poésie lyrique qu'on la rencontre le plus souvent. Pourtant, au ml" siècle, ftmRUr J'.-iinVAnii l'a employée fréquemment, surtout au commencement du poème.
De ses frères | ounerer la pria.-. (Acberon.) Et les dames ] qui chastement vivront... (Con. de Béthune.) Les prodromes | (sages) doit-on tenir moh chiers... (Thib. iv.) Qui devinent [ ains que puist advenir... (Chatel. de Coucv.)
L'emploi de cette césure, contraire à tout sentiment phonétique, ne peut s'expliquer, ce me semble, que par l'emploi habituel de la césure féminine, et par la nécessité, en même temps, dans une chanson, de ne pas dépasser le nombre de syllabes exigé par !a musique. La césure atonique a passé exceptionnellement dans quelques gestes. Elle persista dans la poésie non épique, et, au * siècle, on la rencontre très fréquemment dans Alain Charrier et Charles d'Orléans :
Je Noblesse, | dame de bon vouloir... (Al, Chartier.) D'une dame | qu'on appelait enfance... (Cit. d'Orléans.) Une lettre | de créance bailla... (Id.) A Enfance | de par Dame Nature... (Id.) Et avecques | Jeunesse m'en alfty. (Id.)
Villon lui-même ne s'en fait pas faute :
Par fortune | qui sur moy si se fume...
Dieu m'ordonne | que le fouysse et fume...
En raclure | de pieds et vieux houseaux.
Dans Marot elle a disparu, bien crois-je, du moins, et n'a plus reparu depuis lors 1 .
En tout cas, inutile de dire qu'elle doit être proscrite au premier
La quatrième espè
e de césure est la
i. Un dvniçi
césure atonique :
« Et tout
croire que, dans le vers suivant, M. J. Mo à coup l'ombre | des fouilles remuées; ■
Il n'en est rien, et ['ut
ur le scande certainement ainsi :
. Et tout Ainsi scandé, le vers, ce •rfc. la (jMtrièOM syllabe
coup ] l'ombre des fenil|les remuées. • upé en trois tronçons égaux, a deux césures est pleine, et la de u sic me est enjambante (i