‹ Modestes observations sur l'art de versifierChapitre 22 sur 101 · Vaillant hoir · texte numérisé non relu

Vaillant hoir

me, dit le ruffi

L pari

z-moi : cette nuit vous coucherez a mon

hôtel. Vous aurss c

ns votre lit un

de no

désirerez, ou la tout

plus laid,, si n

ieux aL

nez. a Le lecteur aura liéji remarqué que

siuces cinq ^ers,^q

a faute à avril n

à mai

. Qui est à plusieurs a cœur volage... Et

dans la crainte de- !

piqûre... .

Le second vers est tout aussi harmonieux que le premier, si tant est que le mot d'harmonie soit applicable à celle prose riniée. Mais Voltaire a conservé ici un accent tonique sur la quatrième syllabe, de sorte qu'on peut à la rigueur y voir une césure a la façon romantique : une lève secondaire terminant le mot, mais sans . Dans les vers suivants, Voltaire a pris bravement son parti e ne point se préoccuper de lève à la quatrième syllabe. Peut-être :st-ee faute d'attention, mais cela prouve qu'à son oreille l'harmonie était la même :

Eh! que prétende! -vous? | — Notre hyménée... (Narine.) Mais vous extravaguez, | mon très cher fils... (W.) Vous en êtes la preuve... Ah ça! Nanine. (W.) Je vais la marier... | Adieu. — Ma mère,... (W.) Eh bienl qu'est-ce, cousine? | Ah! ma cousine... (La Prude.) Il dit que je suis belle. | — Il n'a pas tort. (M.) Ces vers courent aussi bien que les autres. Le suivant est exactement rythmé à l'italienne :

L'extravagance a son mérite. Adieu,

loins heureux Voltaire, lorsque, trop hâtif, sans de t inquiété d'aucune césure :

J'ai signé ; maïs je ne suis point enfin Absolument madame Bartholin.

Le premier vers ressemble à ceux de nos jeunes.

Le décasyllabe taillé à quatre a été longtemps le vers épique par excellence. C'est le rythme de la plus belle œuvre poétique du moyen âge, la seule qui mérite l'admiration, sinon la seule qui mérite d'être lue : la Chanson de Roland; c'est, au xu e siècle, le vers de Garin de Loberain, du Couronnement de Louis, de Hum du Bordeaux; au xm* siècle, d'Auhers, de Gîrart de Vienne. Aux XIV e et XV siècles, Alain Chartier, Christine de Pisan, Charles d'Orléans, font une consommation considérable de décas. Lorsque Ronsard conçut le projet d'écrire, sous le nom de Franciade, notre poème

national, il choisit le 4~\-6. Les grands pointes italiens, le Dante, l'Arioste, sont en décas. Toute la Renaissance française l'emploie concurremment avec le dodéca, et de préférence à lui. Sur les trente mille vers de Marot, il doit bien y en avoir vingt-neuf mille de ce mètre.

Le pauvre 4 + 6 est aujourd'hui bien découronné. On ne l'emploie que bien rarement, et presque toujours en stances courtes et mêlé a d'autres vers :

L'aube sourit à toute fleur nouvelle ; Sous les blés verts l 'alouette a chanté; L'amour candi Je aux coeurs purs se révèle,

Mais mon cceur est désenchanté. (LouisA SuîFERt.)

Chacun poursuit sans repos sa chimère, Rêve éternel dont le cœur est charmé; Mais la moins vaine et la moins éphémère, C'est, en ce monde où la joie est amére,

Avoir aimé. (Jeanne Loiseau.)

Soulary a quelques sonnets épars en 4 + 6. Si Laprade a employé ce rythme, ce ne peut être qu'a titre de rare exception. J'ai vainement cherché un décasyllabe dans le recueil de Jean Tisseur.

Pourrait-on, pour donner quelque variété a ce vers, pourrait-on, dans la même pièce, l'accentuer indifféremment sur la 4 e ou ia 6 e syllabe, à l'exemple des Italiens et des Espagnols ? Cela n n'est pas admis 0, et Quicherat, ordinairement tolérant, condamne net et sec Voltaire pour « avoir violé la règle fondamentale du vers de dix syllabes, qui est de terminer le second pied par un mot complet ». Sans doute qu'il l'a violée, mais il s'agit précisément de savoir si la règle est cougruente I L'harmonie des vers italiens et espagnols ne souffre nullement de l'alternance des accents, au contraire. Les vers de Voltaire, a quoi fait allusion Quicherat, ne sont pas pires que les autres, ce qui ne signifie pas qu'ils soient meilleurs. Quoi qu'il en soit, dans les vers suivants, on a essayé d'appliquer les lois de ï'endecasillabo, regrettant fort, d'ailleurs, que

il nécessité de fournir un exemple ait obligé d'employer ce rythme maigre pour un sujet sur lequel aurait si bien roulé la vague des alexandrins.

La ville est assoupie ; et le rayon, Vibrant sous l'arc du fils d'Hypérion, Fait des frontons irradier les marbres.

Sous la noire splendeur d'augustes arbres, Pari de fleurs divines, un autel Fume encore en l'honneur d'un imraorlel.

Au pied, parmi le baume et l'anuranlhi:, Une source frigide, murmurante, S'échappe, et dans les eaux du bassin clair ' Oh voit glisser la nue errant dans l'air.

Au loin, la mer et ses rides sans nombre, Les alcyons plongeant en fol essaim, La voile, enflée ainsi qu'un jeune sein Qui sort, tout blanc, d'un péplos au bleu sombre.

Près de l'autel désert un voyageur.

Poudreux et las, se tient debout. Songeur, Il invoque d'abord les dieux des ondes, Et Pan, l'ami des sources vagabondes :

d dieux, dispensateurs de la Beauté, « O dieux, amants de la Sérénité, « Faites qu'en moi la vie intérieure n Sans cesse afflue en devenant meilleure!

a Que je conserve un esprit mesuré, « Où le Juste a l'Utile est préféré 1 « Qu'entre vos mains je laisse couler l'heure!... <c E maintenant, odieux, conduisez moi, m Exempt de trouble, où le veut votre loi ! ■

Et dans l'yeuse affluaient les colombes.

Il s'agenouille, écarte l'herbe, boit ; Puis se repose. Un passant vient, s'arrête :

— « Salut, hôte, mon père! A ma requête v Sois indulgent : ta patrie et ton nom? »

— « Tu vois en moi Kléophas, de Khrannon o Près de Larisse, abondante en cigales, n

— « Eh quoi! ce Kléophas, chéri des dieux,

cr Dont la pensée, à leur pensée égale,

« A su, dit-on, sonder même les cieux !

« Accourez, compagnons, prêtez l'oreille :

n Un miel plus doux que celui de l'abeille

(• Va découler de sa lèvre. Nos yeux

« Vont se déclore 1 — Kléophas, dévoile

« L'esprit du flot et l'âme de l'étoile,

u Le secret de la Vie et de la Mort !

« Au noir Hadès, que devient notre sort ?

" Nourrice impie, a la dure mamelle,

« Pourquoi donc ùne"Tèr^ë si cruelle ? ,

« Sage, dis-nous pourquoi faire s'ouvrir

Nos yeux au jour, si c'est pour y souffrir ?

« Pourquoi chaque homme arrive au gouffre, y tombe?

« Pourquoi la mère enfante pour la tombe?

« Quels mots sacrés préservent de mourir? n

Et dans l'yeuse affluaient les colombes.

— a Mortels créés pour quelques jours amers,

n Livrez à l'onde une erreur décevante :

n Nul n'est jamais revenu des enfers ;

a Nul ne sait le pourquoi de l'univers.

« Si quelqu'un dit qu'il le sait, il se vante.

11 Vous gémissez sous les maux rigoureux :

a Gaia, féconde, a pour loi de produire ;

■ Elle obéit : produire, c'est détruire.

« Elle n'a pas pour loi de faire heureux...

s Toi, qui te crois le centre de la vie,

« Tu n'es qu'un des chaînons de l'Harmonie,

<i Une humble note au vaste barbitos

fis

« Qui règle la cadence en l'Ouranos.

11 Va, souffre, meurs, et sous le ciel auguste,

■i Ne t'enquéte de rien, que d'être juste ! «

Telle, sifflante, en son vol dans les airs,

La flèche avide, et d'Ares animée.

Porte en son fer la plaie envenimée,

Ainsi le mot pénétrait dans les chairs.

Et dans l'yeuse affluaient les colombes.

Mais le peuple déçu, railleur, disait :

b Eh quoi ! c'est là vraiment tout ce qu'il sait I

« L'homme n'est rien, suivant lui ! Quelle offense 7î « A nous, pour qui le Ciel, la Terre immense,

a Furent faits par les dieux 1... » Et les huées.

Mugissantes, montaient jusqu'aux nuées.

Un enfant, pour jouer, prend un caillou,

Dans sa fronde le met; vise ; le coup 80 Atteint le sage au front : le sang ruisselle.

Le peuple rit, car la face immortelle

Est difforme, souillée. Un autre enfant

Vise à son tour, d son tour triomphant.

Telles, en août, les grêles meurtrières, S-y Telles, de toutes parts, volaient les pierres...

Et l'on vit s'affaisser l'homme très pur.

Les monts divins étaient baignés d'azur, Et dans l'yeuse affluaient les colombes.

Comme reiidecasillabo, ces vers sont accentués indifféremment i 6 ou à 4. La plupart de ceux accentués à 4 ont une lève sur la 8 e (vers 3, 10, 12, 13, 22, etc.), ou sur la 7* (Vers 11, 14, 23, 28, etc.). Dans un certain nombre de vers accentués à 4, on a cru pouvoir se contenter d'un accent secondaire ou demi-Iéve sur la 8= syll., au lieu d'une lève (vers 2, 18, 20, etc.). L'harmonie de ces derniers ne paraît pas en souffrir. Je puis errer, mais il ne me semble pas non plus que les vers accentués à 6 fassent disparate avec ceux accentués à 4. Je suis convaincu que si quelqu'un est choqué de ce mélange, c'est uniquement à cause de l'habitude contractée, de même que le bon classique était choque de l'alexandrin sans pause après la 6 e syllabe, à quoi l'oreille moderne s'est accoutumée'.

La césure enjambante n'y apparait que trois fois, à la 6 e syllabe, dans les vers 5, 8 et 46. Elle s'est présentée quelquefois à la 4 e syl-

□ ÉCASTLLABE CÉSURE A

labe, mais l'auteur a cru devoir la rejeter, parce que cela lui semblait donner au second membre du vers, plus long, je ne sais quelle allure hésitante. Placée à six, la césure enjambante est plutôt agréable, ce me semble.

Reste que le décasyllabe est toujours (contre l'opinion de nos pères) un rythme écourté au respect de l'alexandrin.

Maïs, outre le décasyllabe accentué à quatre ou à six, nous avons encore

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