‹ Modestes observations sur l'art de versifierChapitre 27 sur 101 · APPARITION RÉGOUÊRE DU VERS ROMANTIQUE · texte numérisé non relu

APPARITION RÉGOUÊRE DU VERS ROMANTIQUE

Le premier qui ait nettement senti les effets à tirer du déplacement de la césure principale, c'est Chénier, Il n'en a, il est vrai, usé que rarement et avec discrétion, uniquement dans des passages où il avait à peindre une action violente ou un sentiment vif. Partout ailleurs sa poésie reposée, sereine, tout en musique, devait prendre la forme la plus claire, la plus simple, la mieux rythmée. « Un effet particulier, dit très bien M. Faguct, n'a cette puissance qu'à la condition qu'elle soit exceptionnelle, et elle ne paraîtra telle que si l'auteur, au cours ordinaire de son œuvre, commence par bien remettre la coupe traditionnelle dans l'oreille du lecteur, o Aussi les vers de Chénier, coupés à la romantique, saisissent-ils, jaillissent-ils, devrais-je dire, dans son œuvre. Assurément aucun poète avant lui n'aurait écrit (et dans la poésie lyrique I) :

Le quadrupède Hélops fuit; | l'agile Crautor...

L'insolent quadrup&ie en vain s'écrie; | il tombe...

Firithoùs égorge Antimaque, | et Pétrée...

Il tend les bras, | il tombe à genoux ; [ il lui crie...

Il est humain; | il pleure aux pleurs | qu'il voit répandre...

Inconnu, | j'ai franchi le seuil | de ton palais...

Mais sois mon hôte. | Ici l'on hait | plus que l'enfer...

Tes parents, | si les dh'ua ont épargné leur vie...

Le vin par toi-même versé

M'ouvre la bouche. | Ainsi, puisque j'ai commencé-.. Celui qui lui doit tout chante, | et s'oublie et rit... Les convives levés l'entourent ; | l'allégresse... Dieu jeune, | viens aider sa jeunesse; | assoupis... Je te perds. | Une pki'e ardente, | envenimée... Toujours ivre, | toujours débile, | chancelant... Le jour [ où nous avons reçu | le grand Homère...

Ce qui existe dans Chénier à l'état sporadique, a passé dans Hugo à l'état épidémique, — au bon sens du mot. — Il a employé la césure romantique si abondamment et avec des effets si heureux,

que c'est lui le véritable réformateur du rythme. Je n'oserais dire que parfois il n'ait pas dépassé la mesure, car, ainsi que tous les ■>■ effets d, celui de la césure romantique vaut surtout par le contraste, et demande a être ménagé.

Mais il est bien certain que jamais la forme classique n'aurait su donner au poète ce que lui a donné l'emploi du rythme nouveau dans maint passage superbe, par exemple dans la pièce des Contemplations qui a pour titre un point d'interrogation, et où, après avoir décrit en splendides images les maux terrestres, le poète termine par ce vers semi-prose, qui tombe de façon si forte dans sa simplicité :

il cela fasse un lLs|tre dans les deux ' !

N'est-ce pas que cette chute est une merveille?

Nos poètes lyonnais ont plus ou moins subi l'influence romantique : il n'en est pas qui soit proprement le disciple d'Hugo. Jean Tisseur a employé le vers romantique avec la même discrétion que Chénier. Mais il en use toujours de façon extrêmement heureuse :

Traîné par des coursiers blancs comme ceux du jour, Il s'avan|ce; tout cide A sa force; [ une tour... Et tel qu'un lourd navire, arniii d'un bec d'airain, Divise l'onde. | ainsi le char du Roi, sans peine... Trésors perdus que tout cela!... [ Toi tu médites...

Barthélémy Tisseur, venu à une époque où Hugo lui-même n'avait pas encore trouvé sa forme, n'a qu'à l'état de pure excepion des vers à coupe romantique :

slille et le pont-levis tombant

■ Rois, la Bastille e

: brusquement en deux vers semblables charron rabaissa m manche. | I] dit !

ils simple, | ayant défait vingt sièc|les :

is pourquoi je crois voir là l'emploi d'i :e d'Hugo, si le procédé eiistc, je ne le vois pas.

l'objet de rréque

Voila, l'en «lia. . * procédé n. Et, dans la

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