‹ Modestes observations sur l'art de versifierChapitre 37 sur 101 · ICH QUAND L · texte numérisé non relu

ICH QUAND L

L'oiseau que l'effroi cloue, exsangue

pantelant...

c. Modifiez ainsi

Parce que ri clôt le mot effroi de façon explo: le vers :

L'oiseau que l'horreur cloue, exsangue, pantelant,

L'f final d'horreur rend le choc moins immédiat.

Enfin, il y a des cas où la seconde lève en contact prend un caractère tellement emphatique, écrase tellement sa voisine, que celle-ci en devient presque atone. En tel cas la rencontre même peut produire des « effets » inattendus, grandioses, superbes dans leur apparente irrégularité. Par exemple, quoi de plus beau que ce vers de Racine :

Le sang de vos mis crie et n'est point Écouté !

Tout s'efface aux. pieds de ce crie! Le mot roi qui le précède en devient presque atone ! Quicherat, pour rendre le vers plus coulant, plus harmonieux, propose de le modifier ainsi :

De vos rois le sang crie et n'est point Écouté

Comment n'a-t-il pas senti que le « sublime » s'évanouit ; que le mot crie n'étant plus au sommet d'une progression ascendante, il perd toute sa grandeur? Ah! si l'on pouvait consulter Racine, serait-il furieux!

Quicherat aurait condamné ce vers absolument délicieux de Laprade r

Glissa comme un vent frais sous les portiques sombres,

Parce qu'il aurait cru voir un accent rythmique sur vent. Mais Usez le vers à haute voix r vent ne doit point prendre d'accent; c'est un glissé; puis, c'est un monosyllabe : îl prépare la lève sur frais. Mettez un mot long au lieu du monosyllabe :

Tonnait, ouragan froid sous les portiques sombres,

Vous avez un choc très désagréable parce que la finale d'ouragan

d une sonorité, une importance particulière. Le vers est devenu it à fait mauvais.

Sans doute que Laprade n'a pas fait tous ces beaux raisonnements, t affaire au vrai poète de sentir la chose d'instinct, sauf à la isser à l'alambic, une fois faite >.

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