C'EST UNE SORTE DE CADENCE
Et quoi, une cadence?
C'EST UNE MESURE EN VERTU DE LAQUELLE CERTAINS SONS, REVENANT 1 DE CERTAINS INTERVALLES RÉGULIERS (ou MÊME IRRÉGULIERs) FONT
Nous en tirerons ce grand principe qui doit dominer toute la métrique, c'est que le vers n'est qu'une sorte particulière de chant '.
M. Sully- Prudhouime, dans un vers où personne ne contestera a profonde justesse de la pensée, s'écriait un jour :
Oui, le suprCme arbilre en peinture, c'est l'œil.
A notre tour nous nous écrierons :
l'AHBITHE SOUVERAIN , DANS LES VERS, c'eST I.'oREILLË,
Et non les yeux, en dépit des régies des traités de versifîcat:
. Bérangcr disait un Jour d'une mauvais:
avait raison, • ajoutait Jean Tisseur dans la t Saiute-Bcuve écrivait Je son côte : ■ Les ver- Or, on ne relient que « qui se ehinte»
. Ça ne cl»
te que j'ai trouvée s is de la mémoire
U VERS UTH ET ta VERS FBiSÇAIS
Comme disait Guessard, l'idée de rimer pour les yeux n'est pas moins plaisante que ne serait celle de peindre pour le nez. Pour être bons, il faut que les vers ronronnent en chatouillant agréablement le nerf auditif. S'ils miaulent, cela ne va plus, encore bien qu'à l'occasion, ils doivent rendre, au lieu de ronrons, des sons de cymbale. Écoulez ces vers célestes, s'ils ronronnent :
Sur la plage sonore où la mer de Sorrente Déroule ses flots bleus au pied de l'oranger...
Mats aussi, c'est du Lamartine! Chez celui-là jusqu'à son nom qui murmure comme une lyre ! Oyez au contraire le nom de Victor Hugo, qui retentit comme un glaive sur une armure d'or! Suspendez votre souffle au nom mélodieux de Hérédia! Et puis songez à ce malheureux Voltaire, ce poète qui « vole [à] terre •> ! Et dites, ô petits railleurs, si quelque fatalité ne réside pas dans les noms !
Maïs le génie du vers varie avec les langues elles-mêmes. Chaque nation a cherche la cadence à l'aide de procédés propres à sa vocation particulière. Il est intéressant de comparer les moyens employés. Et, d'abord, comment s'est constitué
Mieux que moi, docte lecteur, tu sais qu'il se compose d'un certain nombre de pieds, et que le pied est un assemblage de plusieurs syllabes, par exemple de deux syllabes longues (le spondée) ou d'une longue et de deux brèves (le dactyle), etc. Deux brèves équivalant à une longue, comme en musique deux noires à une blanche, un hexamètre composé de trois spondées et trois dactyles est donc divisé en six intervalles réguliers, dont résulte une cadence. Mais dans