LE VERS FRANÇAIS
brèves et longues s'équivalent, et il n'y a plus de pied, car c'est sans aucune raison que l'on applique le nom de pied à deux syllabes
qui se suivent 1 , et que l'on a eu la bizarre idie de donner quelquefois à notre alexandrin le nom d'hexamètre.
Dans te vers latin le nombre de syllabes était variable et le nombre de pieds invariable.
Dans levers français le nombre de syllabes est invariable 1 et le nombre de pieds, si l'on persistait à appliquer ce terme impropre, serait égal au nombre de syllabes divisé par deux.
Nous voici donc en face d'une autre manière de cadence, celle qui se tire du nombre des syllabes. Mais la cadence du vers français ne se tire pas toute du nombre des syllabes, J'orne les navels, surtout avec le canard, est une phrase de douze syllabes, e pur non è tttio verso, si ce n'est pour tels poètes de !a jeune école.
Le port de la voix à de certaines places (rappelons-nous que le vers est uniquement fait pour la voix) constitue, aussi bien que le nombre des syllabes, le vers français. Comment s'établît, tout naturellement, ce port de la voix?
Dans mon jeune temps personne n'avait encore remarqué qu'en français il y a, dans chaque mot de plusieurs syllabes, une syllabe où, en parlant, on appuie plus fort que sur les autres. 11 m'est même advenu d'entendre soutenir fort sérieusement que la différence de prononciation entre l'italien et le français consistait en ce que, dans le premier, on appuyait sur de certaines syllabes, tandis que, dans le second, pour parler correctement, on ne devait appuyer sur aucune syllabe plus que sur une autre.
Pourtant lorsqu'on y porte attention, il est évident que, dans le mot catollc, on appuie particulièrement sur l'o, et que, dans mclachon, on appuie particulièrement sur on i.
x mot pied. Au xiv- siècle, on ible, et je loue M. Paul Stapfer, ;p, d'avoir employé (page 295,
sais qui a inve
té de donner
de ti ùm mai
pieii une syllabe
ce qui était fu
imabte ouvrage
ligne 6) Le