‹ Modestes observations sur l'art de versifierChapitre 43 sur 101 · EXEMPLE DE · texte numérisé non relu

EXEMPLE DE

Cherche h vie apaisée, et transparente

Comme l'azur lumineux des nuits d'été,

Où le grillon, sous la glèbe, en un chœur chante

Son hymne doux et sans trêve répété.

Règle la vie en ton sein, toujours égale,

Comme le grain, lentement, sans intervalle,

Au sablier de Kronos précipité.

Homme ou ciron, c'est tout un : humble Éphémère,

Je laisse tout a tes mains, commune Mère,

Commun Sépulcre, impassible Éternité !

Entre l'hendéca- et

LE DÉCATRI5YLLABE,

Il n'y a, en tant qu'harmonie, je veux dire en tant qu' inharmonie, ulle différence à foire. Même, à mon humble estime, le treize syl- ■îl le prix de dissonance pour autant qu'il est plus long, partant moins clair à l'oreille. C'est un vers pour être chanté, pour être lu, non.

Il apparaît dis le moyen âge, mais toujours dans les chansons, comme tous les rythmes à nombres impairs de syllabes, C'est, il faut croire, un raccourcissement, portant sur le second hémistiche, du dé ca peu té syllabe trochaïque. Par ainsi, césure à sept :

Avant bone amours faudra, | li siècles iert faillis'. (Ap. Jeansoy.)

On le retrouve de ci de là dans les chansons, mais le sens du

rythme primitif s'étant perdu, les poètes le césurent en tâtonnant,

un peu à l'aventure. Scarron, dans une chanson à boire, citée par

Quicherat, le coupe à cinq :

Sobres, loin d'ici, ] loiu d'ici, buveurs d'eau bouillie, Si vous y venez, | vous nous ferez faire folie.

Ce second membre de vers, long comme un vendredi saint, traîne horriblement. Au rebours le premier est sautillant. On dirait jne jeune fille qui tirasse un vieillard pour le faire danser,

I, • Avant que cessent les bonnts amours, le monde finira. ■ Ohtnaiimi mr fjfi de vttàfa, 9

JJO DtCATIUSTLLABES CÉSUEES A 7, * J, A 6, DÉCATHISÏLL. SANS CESUBE

Béranger l'a coupé à sept, non de son estoc, assurément, mais parce que la musique imposait une pause à cette place :

Le peuple s'écrie : « Oiseaux, | plus que nous soyez sages. »

Il fallait la bizarre recherche du nouveau, dont notre siècle est coutumier, jointe à quelque manque de sens critique, pour se mettre en tête de faire des pièces avec un métré qu'on ne rencontre, même dans les chansons, que mêlé à d'autres. Du reste, aucun de nos poètes n'a eu l'idée de remonter au traditionnel 7 + 6, qui donne encore la coupe la moins désagréable. Banville, peut-être pour suivre l'exemple de Scarron, l'a césure à cinq dans une grande pièce où il a en vain dépensé tout son talent de grand peintre et d'assembleur de syllabes harmonieuses :

Le tigre indien, | le lynx, les panthères tachées, Suivent devant lui, | par des guirlandes attachées, Les chèvres des monts, [ que, réjouis par de doux vins, Mènent en dansant [ les satyres et les Sylvains.

M. Richepin a essayé de le césurer à six :

Dans l'ombre autour de moi | vibrent des frissons d'amour.

Venu je ne sais d'où, | parmi les senteurs salines

Traîne un vol de parfums, | œillets, roses, miel, pralines.

Impossible d'inventer quelque chose de moins cadencé. Les mètres impairs ne supportent pas d'être césures sur une syllabe paire, à tout le moins quand la césure est unique.

Dans l'exemple suivant, M. Verlaine l'a coupé sans régularité aucune :

Londres fume et crie. | O quelle ville de k Bible!... Et les maisons, | dans leur ratatine ment terrible, Épouvanjtent comme un sénat de petites vieilles.

De même M. Moréas, qui, dans les quatre vers suivants, a césure à 4, 5, 6 et 8 :

Alors Maya, | Maya l'astucieuse et h belle Pose ses doigts doux | sur notre front qui se rebelle. Et câline susurre : | Espérez toujours, c'est pour Votre sacre que vont gronder \ les cymbales vierges...

II y en a qui ont voulu dire que c'étaient des vers. Pour le faire court, le treize syllabes est un vers qui ne peut honnêtement paraître que de fois à autre, dans des livrets d'opéras.

Il n'en est plus de même du

DÉCATÉI'RASYLLABE

C'est Becq de Fouquîèrc, je crois, qui a dit que l'on ne pouvait faire de vers plus longs que l'alexandrin, parce qu'il représentait la durée normale de l'expiration, la voix humaine ne pouvant prononcer plus de douze syllabes de suite (ce dernier point est exact : je ne me chargerais pas d'en prononcer douze sans boire). Tout le monde a pris foi là-dessus, et de répéter Becq. Mais tout le monde a oublié : i° que tout alexandrin a au moins une césure, ià est un temps marqué pour reprendre haleine, si l'on a l'asthme ; 2° que la phrase, surtout dans nos vers modernes, ne finissant pas toujours avec le vers, on n'est pas toujours libre de respirer à son aise après la rime : par ainsi qu'il n'est pas exact que le vers mesure nécessairement l'expiration ; 3 que l'hexamètre latin pouvait avoir dix-sept syllabes, répondant à an vers français féminin de seize syllabes; que le vers anglais ïambique de sept pieds a un minimum de seize syllabes, et que, par exemple, celui-ci, de Macaulay, en a seize, plus l'atone finale :

Throngh Ihy corn fietds green und sunny wines, pleasant land of France ■ 1

Et si n'avons-nous pas l'haleine plus courte que les Anglais, et, vraisemblablement, que les Latins.

iliamps de bI6 verdoyants <

132 DÉCÀTiTHASTLLABES CÉSURES A 7 ET A 6

Le vers peut donc avoir plus de douze syllabes. Où gît l'enclouure, c'est dans la place des pauses. Pour tout vers plus long que l'alexandrin, il en faut deux, non pour le besoin de la respiration, mais pour que l'oreille puisse, a l'ai Je Je ces Jiviseurs, constater instinctivement le nombre de syllabes de chaque membre, nombre qui ne doit jamais dépasser six.

Le quatorze syllabes est dans des conditions excellentes pour l'harmonie, si on le césure congrûment. Le certain, c'est que rien, au débit, ne met plus l'oreille à l'épreuve que la césure a sept, comme dans l'exemple suivant de Scarron :

Il fait meilleur à Paris, | où l'on boit avec de la glace. Que d'aller au Pays-Bas J à cheval comme un saint Georges.

Mais il faut bien noter que tout cela se chantait. De même dans de vieilles chansons populaires :

C'estoit la mère et la fille | qui s'en alloyent promena.

La fill' trouva une andouille | dans une gerbée de bla... (1É27)

A Paris y a une fille. | mariée nouvellement ; Elle se peigne et se mire | dans un beau miroir d'argent... Mais sa mère luy va dire : | Marguerite, boutte avant... Regardez si je suis belle, | ou si mon miroir n'y ment. (1644)

Est-ce pour avoir senti le fâcheux de la coupe à sept, que M. Verlaine a essayé de césurer le quatorze syllabes à sis :

Aussi la créature | était par trop toujours la même,

Qui donnait ses baisers | comme un enfant donne des noix ;

Indifférente à tout, | hormis au prestige suprême

De la rire a moustache | et de l'empois des faux cols droits.

Cette coupe est encore moins heureuse que la précédi premier membre du vers traîne après lui tout un train de marchandises. Mais le train n'était pas encore assez long : vient un ver coupé à quatre :

le

Si par malheur, | — puisse d'ailleurs l'augure aller au diable '. Étrange, n'est-ce pas, que les modernes, qui mettent souvent deux césures au dodécasyllabe, où une seule est nécessaire, n'aient j la pensée qu'elles seraient bien mieux à leur place dans un vers plus long?

Cela d'autant plus singulier que le moyen âge a eu un sentiment

très net de la nécessité de ces deux césures. Je ne connais pas de

quatorze syllabes dans les romances et les pastourelles, mais

'.. Tobler en cite quelques-uns tirés de la Vie de saint Auban et un

du Poème de Vénus, où les césures sont excellemment placées :

Enjesucrei, | Jesu redaim, [ Jésus ra'haid e sucure'. {Saint- Auban.) Apres chanta | H roietel | a haute vois série i. {Vénus.)

Il est probable que l'idée de cette coupe a été donnée par la construction du vers rythmique latin composé de sept ïambes, avec césure après chacune des deux premières dipodies :

Remedium | nascentium | de came peritura.

Quoi qu'il en soit, ce 4-f-4-(-6 est extrêmement harmonieux.

L'oreille saisit très bien le nombre de syllabes, et les deux membres

E quatre préparent au long membre de six, qui « couronne l'édi-

; moyen âge, grâce, je crois, à la tradition de la poésie latine j-thmique, a eu un sens bien autrement sur de la cadence que ses successeurs 4.

Dans les vers de la jeune école, 1 cueille trouve si peu ins des syllabes, que je suis communément obligé de compter si

treize syllabes. Heureusement, j'ai fait la preuve en recommei

— Et sï ne suïs-je pas plus bête qu'un autre, disait Gribouille I — He

commode à l'oreille, des vers de ce syllabisme limpide?

3. ■ Je crois en Jésus, je prie Jésus, que Jésus m'aide et me secou j. t Puis chanta le roitelet d'une voix forte et pure, a

4. Le pauvre Boileau ne savaii ce qu'il disait, lorsque, dans son écrivait qu'avant Villon,

■ La rime au bout des mots assemblés sans mesure, - Tenoit lieu d'ornement, de nombre et de césure. • aurait pu lui répondre ce qu'Alexandre Dumas père répondait à

Le 4-}-4 + 6 a une marche lente, mesurée, solennelle, hiératique pour ainsi dire, qui paraît se prêter admirablement à un sujet grec, et, à l'ouïr, je m'imagine voir passer la procession des Panathénées. La rime féminine qui, prolongeant la mesure, fait mourir le vers avec lenteur, me semble plus particulièrement idoine à ce rythme. Enfin, dans le but d'obtenir certains effets, on peut, au dernier vers, varier la coupe, à la seule condition que les divisions tranchées du vers ne permettent aucune incertitude sur la cadence et le nombre des syllabes.

C'est sous cette impression que l'on a tenté d'appliquer ce rythme dans la pièce suivante, qu'à défaut d'autre exemple, force est bien de citer :

Le souvenir, comme un serpent, mordit le cœur d'Hélène. Couvrant son corps immaculé de blancs voiles de laine, L'enfant de Zcus et de Léda, redoutable, fatale, D'un pas serein abandonna la chambre nuptiale. A ses côtés marchaient jEthra, !a fille de Pitthée, Avec Klymène, aus yeux couleur de la vague agitée. Telle passait, grave, la femme entre toutes haïe.

Kypris &

- Hélène atteint la porte de Skaïe.

Sur le rempart, les grands héros, que l'âge lourd accable, Formés en cercle, étaient assis près du roi vénérable : Hikêtaôn, chéri d'Ares, et Lampos et Thymète Et Klytios; puis Anténor, l'excellent agorète. Ils discouraient. Tel à midi, sur les oliviers pâles, S'ouit le chœur harmonieux des paisibles cigales. Elle monta. Quand les vieillards contemplèrent la Reine, Un sang plus vif, plus généreux, circula dans leur veine.

de jeunes filles qui, lors de son passage à Lyon, étaient venues la! apporter un bc

— Pardon, Mademoiselle, vous patle; d-: : .;■.;■ \s:.ik vu. inr-i rtiii

brusquement Dumas. — De même Boileau parlait de te qu'il n'ivait jamais vu. 1 vers du moyen âge sont fort ennuyeux sauvent, mais le nombre et la césure y si respectés avec une rigueur que n'a pas dépassée Boileau.

Ë DÉCAPENTÊSYLLABB. CBSUSH A 7 1)5

□ retentissait le fracas des mêlées, : ils échangeaient ces paroles ailées :

b Père divin! C'est à bon droit que le fier Dardanide, o Issu de Zeus, et l'Achéen à la belle cné-raide, Ont enduré de si grands maux pour une telle femme ! a

O Lâcheté I Vieillards que n'immoliez- vous donc l'infime !

LE DÉCAPENTÉSY.LLABE

Doit être le plus ancien des vers, puisqu'il est le décalque du septénaire rythmique (v. p. to) :

Si j'aim del mont la plus be|le, tout le mont m'en doit loer ' (Ap. Jeànr.)

Mais, avec ces longs hémistiches surtout, il devenait tout naturellement un quatorze syllabes à césure féminine, et peut-être est-ce même le cas pour le vers ci-dessus »,

Mais !e vers ne tarda sans doute pas à être divisé, et l'on en fit deux vers de sept syllabes, le premier à désinence féminine, le second à désinence masculine. Ceci était infiniment plus clair, plus rythmique.

Ainsi transformé, il a fallu la tentative tout artificielle de Baïf pour que ce vers reparût dans notre poésie (v. p. 18). Il l'a coupé à sept, avec césure masculine et rime féminine :

Je veu d'un nouveau sentier j m'ouvrir l'honorable passage Pour aller sur vostre mont | m'orabroyer sous vostre bocage, Et ma soif désaltérer | eu vostre fonteine divine.

Ce n'est certes pas bon. Il n'y aurait de coupe admissible, comme cadence, qu'un 5 + 5 + 5- Mais ces trois tarantataras successifs seraient d'une monotonie intolérable. Nos jeunes, les Argonautes du vers nouveau, les vaillants qui ont tout tenté, ne sont pas allés, que je sache, jusqu'à toucher au quinze syllabes.

, ■ Si j'aime la plus belle du monde, mut le monde m'en doit louer. ■ 1, Sur les ils décatéiras cités p. 132 et tirés de vieilles civilisons, il en est dnq que in pourrait considérer comme des quinze syllabes i césure enjambante.

tj6 l'héhédécasylube. CÉSUKE A 8. CiSUBE A 4, G, Il

Pourrait-on tirer fruit de

l'hÉKÉDÉC A SYLLABE ?

Ce mètre serait très préférable au précédent parce que le nombre de syllabes y est divisible par divers nombres pairs.

Je ne saurais citer de vers du moyen âge dans ce rythme, mais M. Toblerdît qu'il existe de ces vers, avec césure après la huitième syllabe dans deux monuments rythmés, l'un sur les Signes avant h- Jugement dernier, et l'autre, qui est le Poème de Vénus, déjà mentionné. Ces vers sont sur un type latin rythmé de huit ïambes, formant par conséquent seize ou dix-sept syllabes, suivant que le dernier mot est oxyton ou paroxyton. M. W. Meyer, qui parle de cette mesure dans son Ludus de Antkhristo, ne présente pas non plus de citation.

Nous avons donné (p. 21) des vers mesurés de Baïf, qui, par suite du rythme choisi, ont les uns douze, les autres seize syllabes, divisées en tranches de quatre. Voici un exemple d'un seize syllabes :

Je me meurs vif, | ne

point; | je seiche au tems | de ma verdeur,

Ces petites tranches qui, répétées trois fois, sont admissibles (sous certaines conditions) dans le dodéca, ne le sont plus répétées quatre. Sans compter qu'elles ne permettent aucun développement de la phrase, si approprié au long vers.

On pourrait couper ce vers de façon plus heureuse, par deux césures seulement. Un 44-6 + 6 aurait le grave défaut de constituer, par les deux derniers membres, un alexandrin précédé d'un petit vers de quatre syllabes. Mais un 6-|-4 + 6 me paraît devoir être harmonieux, a la condition de ne tolérer aucun enjambement, afin que le dernier membre d'un vers et le premier du suivant n'offrent pas, réunis, l'apparence trompeuse d'un alexandrin. Du reste les vers dépassant douze syllabes ne tolèrent pas l'enjambement.

Il se peut que le seize syllabes, bien coupé, présente un grand caractère de majesté, surtout si l'oreille se fait au long vers, qui)

ÏE TROUVE DANS Li POESIE LITURGIQUE IJ7

après tout, ne doit pas être plus choquant pour nous que le long vers anglais dont nous avons cité un exemple p. 131, ne l'est pour des oreilles britanniques. Ce serait donc une tentative à faire, car il est difficile de trancher la question sans un patron sous les yeux, et il n'en existe pas, à ma connaissance.

Seize syllabes est le maximum de longueur possible pour un vers. Repartant donc de l'octosyllabe en descendant, or avons-nous à parler de

l'heptasvllabe

C'est un vers fort ancien, car il avait trouvé son modèle dans la poésie liturgique. Nous avons cité un exemple de l'heptasyllabe latin, p. 13. Au xn e siècle, on le trouve dans le Lais du Chievrejuel, en stances de huit vers, à rimes croisées :

Faite m'aveis grant bontei,

C'est surtout dans la poésie lyrique qu'il a été appliqué. Thibaut de Navarre l'emploie dans ses chansons et on le rencontre à tout bout de champ dans les romances et les pastourelles, soit seul, soit mêlé a d'autres vers. Les poètes de la Renaissance en ont usé, particulièrement Ronsard, envers lequel il s'est montré propice :

Ma dame ne donne pas Des baisers, mais des appas Qui seuls nourrissent mon âme...

Besoin n'est de dire qu'on le retrouve dans mainte vieille chanson populaire :

L'autre jour ra'acheminay

L'orée d'une prairie verte,

A mon chemin renconlray

La plus gaye bergeronnette :

— Maïstresse que dictes-vous,

Serez-vous tousjours cruelle? (1602)

Très joli l'heptasyllabe ; plus léger que l'octosyllabe, maïs prêtant moins au développement de la phrase. Chez nous il ne comporte

aucune césure, et les lèves s'y placent sans autre règle que le sentiment général de l'harmonie, qui proscrit par exemple (nous le savons déjà) le contact de deux lèves, et goûte rarement une lève i l'initiale.

Pas de même chez les Italiens, où Yoltortario doit avoir toujours une lève sur la troisième syllabe :

Rondin ella pellegrina, Che ti posi su! vercme '.

En espagnol, pas de place imposée pour l'accent, mais « il est mieux », disent les traités, de le placer sur la troisième syllabe. Ainsi, dit la Civilité puérile et honnête, vous pouvez planter des épingles dans la chaise d'une personne qui va s'asseoir, maïs, à moins d'une grande intimité avec cette personne, « il est mieux » de vous en abstenir. Dans le vers suivant le poète a évité de mettre l'épingle :

Caballero s in caballo '.

En français la construction du vers semble appeler plus volontiers l'accent sur la troisième ou la quatrième syllabe :

Le serpent a deux parties Du genre humain ennemies :

Tête et queue ; et toutes deux Ont acquis un nom fameux Auprès des Parques cruelles :

Si bien qu'autrefois entre elles 11 survint de grands débats.

(La Font.)

Sur ces sept vers il en est quatre où l'accent rythmique est sur la troisième syllabe ; deux où il est sur la quatrième et un seulement où il est sur la cinquième.

Gautier a une charmante pièce en heptasyllabes dont voici la dernière stance :

Comme autrefois, l'hirondelle Rase en passant les donjons, Et le cygne dans les joncs Se joue et lustre son aile :

L'air est pur, le gazon doux...

Rien n'a donc changé que vous.

Sur ces six vers il en est deux où l'accent est sur la troisième syllabe ; deux sur la quatrième ; un sur h cinquième et un sur la deuxième.

La variété dans la place des accents n'est pas nuisible au vers, au contraire, mais c'est à k troisième et à la quatrième syllabe qu'il paraît le plus heureusement situé pour la cadence.

Voici une jolie et toute mignonne pièce dans le même rythme, de M. Martial Besson :

Oh, combien de sources vives, Au gazouillis frais et doux, Courent parmi les cailloux Sans une fleur sur leurs rives I

Hélas, et combien de fleurs A la tigelle épuisée, Faute d'un peu de rosée, N'ont ni parfum, ni couleurs.

L HEXSVLLAEE

Ou vers de six syllabes se rencontre aussi dès le moyen âge, seulement dans la poésie chantée :

En l'ombre d'un vergier, Al entrant de pascor, De joste un aiglentier, Ere por la verdor ".

a printemps, à côté d'm

On l'a aussi employé fréquemment mêlé à d'autres vers.

Le XVI e siècle l'a mis quelquefois en usage, et la Chanson du Vanneur a ressuscité de nos jours la renommée de du Bellay. Il n'a pas servi qu'à des chansons, et il a été appliqué à des pièces de diverses formes. Une épitaphe en manière d'ode, par Ronsard, dit :

Et versant forces roses,

Et force fleurs écloses,

Et force myrte épais,

Supplier que la terre

D'un mol giron enserre

Ses reliques en paix.

L'hexsyliabe est harmonieux, exactement comme l'hémistiche dans l'alexandrin classique. Il n'y a donc d'autres régies, pour la place des lèves, que celles données pour l'alexandrin. Les Italiens en ont cependant fixé, des régies, mais de manière assez chinoise, car ils admettent quatre variétés de seltenarii, dont voici les schémas ■

i° .juu-v-u : Torn(a) à fiorlr larosa;

a° uu-uu'u : Che pur diatUÎ laagula ;

3° u-uuu-u : E molle si riposa ;

4° -uuuu-u : Brillano le pupille.

Puisque la lève peut se placer indifféremment sur la quatrième, sur la troisième, sur la deuxième ou sur la première, autant vaut à dire qu'on peut la placer partout, fors sur la cinquième, où en effet elle serait en contact avec la sixième, de quoi nous avons vu (p. 108) le résultat désastreux.

Dans le vers espagnol de sept syllabes, on accentue sur la deuxième ou sur la quatrième syllabe :

Parecc que deda 1 ...

Yapues de ram(a) eu rama 1 ...

Les modernes en ont aussi usé, toujours en stances, bien entendu,

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