‹ Modestes observations sur l'art de versifierChapitre 44 sur 101 · LE PENTÉSYLLABE. VIEUX EXEMPLES · texte numérisé non relu

LE PENTÉSYLLABE. VIEUX EXEMPLES

et mêlé à d'autres. Ce rythme chante. Lamartine l'a traité dans cette harmonie fluide qui était l'essence de son génie :

Je sais sur la colline Une blanche maison ; Un rocher la domine, Un buisson d'aubépine Est tout son horizon.

LE PENTÉSYLLABE

A été souvent mis à contribution par les poètes du moyen âge pour les romances et pastourelles :

Quant pert la froidure

Et revient l'ardure

Dou tans qui m'agrée,

Chevalchant ma mure (mule)

Tote m'ambleure (au pas d'amble),

Vi par aventure,

Lez une ramee (près d'une ramée),

Une criature

Soûle et esgaree.

Naturellement on le rencontre dans mainte vieille chanson. Voici un couplet d'une chanson de 1600 :

Notre chambrière Se lievede matin; Elle a pris son sac d'orge , Et s'en va-t-au molin ;

Et un autre d'une chanson de 1578 :

Tant vous allez doux,

Guillemette, Tant vous allez doux ; Pour un baiser doux,

Guillemette, M'escondirez-vous

Le xvi e siècle l'a mis rarement en usage pour les pièces propre

ment dites. Marot l'emploie, mêlé à des octosyllabes, dans son psaume XXXIII :

Sur la douce harpe,

Pendue en escharpe.

Le Seigneur louez ;

De luts, d'espinettes,

Sainctes chansonnettes

Rythme fort goûté dans les noêls. Voici le premier couplet d'un vieux noël lyonnais où les sons des instruments de musique sont représentés par de curieuses onomatopées :

Hautbois font nana, T.i ratant la bucrine, La viole zon za, Fan fan la trompette, Frin frin le rebec ; Turlu dit la flûte, Toutou le cornet.

Même dans ce vers si court les Italiens ont fixé la place de l'accent. Us le colloquent sur la deuxième syllabe :

Sdagur(a) ineffabile

De même en espagnol :

HorrOr infundia.

En français il est indifférent de placer l'accent sur la deuxième ou a troisième syllabe.

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