LE TETRA-, LE TEI-, LE DI- ET LE MONOSYLLABE
Pas grand' chose à en dire qui ne traîne dans les traités de versification.
Mètres rares, plus rarement employés seuls. Naturellement, comme tous les autres, on les rencontre au moyen âge, témoins ces tétrasyllabes d'une pastourelle :
Nome, bergiere,
N'ai je pas toi; Mais tu as ta foi
Menti vers moi '.
Jean Marot a employé ce rythme mêlé à d'autres dans une épitre :
Pourtant venez, Et amenez Vostre noblesse :
Si séjournez, Vous nous tenez Trop grant rudesse.
Il en existe aussi dans la poésie moderne, Voici un exemple charmant, tiré de M. Gabriel Vicaire, où les tétras sont mêlés aux >s. Le redoublement du mot à la rime dans les premiers ajoute i
Hélas ! bonnes gens, qu'elle est brève, L'heure où l'on va toujours chantant, L'heure d'amour que j'aimais tant I
Oh ! le beau rSve
Qui m'a bercé,
Oh 1 le beau rêve,
Sitôt passé !
On ne rencontre au moyen âge les trisyllabes que mêlés à d'autres vers :
'assis abandon ;
« Belle, je suis vostre amis 3 . « (Pastourelle.')
Le xn e siècle ne les a point ignorés et Clément Marot s'en est servi dans plusieurs épitre s :