‹ Modestes observations sur l'art de versifierChapitre 50 sur 101 · LA RIME EXIGE LA RIGOUREUSE HOMOPHONIE DES VOYELLES · texte numérisé non relu

LA RIME EXIGE LA RIGOUREUSE HOMOPHONIE DES VOYELLES

Dés le temps de l'assonance les poètes ne font assoner entre eux que les e, les o dont le son est rigoureusement le même. Notre œil auvent dérouté, à cause des changements survenus dans la pro-

» Quand ils curent tout prépars, ils l'en sont retournes vers la roche; ils ont apporté h litière sur laquelle ils ont porté la dame, ainsi qu'il leur plut et agréa, et maigre elle. a

3, ■ Maintenant s'en est retournée Floire. Le portier a trouvé des ruses. s }. • CcUK-ci prennent les fleurs et les emportent, ils sont si chargés qu'ils fléchissent. - — Un ami me dit avoir rencontré dans V, Hugo, une rime du genre de tmporlriil et détordent, qu'il a oublié de noter. Conférez dans Villon mfie-ttmpU. Je crois que, par exitpïwn, on peut admettre des rimes de cet acabit, par enemple linabre-dpre, tiffrt-nmn, ilytre-byttn, etc. A l'ouît, l'effet n'est point blessant, et cela .-.-nridiii lii nu ]>■ u ; .-n- ■ m: ■ .1 '■■ :.- --.m .1 -i--.v .

IjB NOS POÈTES s'ÉCAKTEKT A TOUT

nonci.ition. Ainsi, dans la première laisse de Roland, par exemple, sommes-nous tout surpris de voir rimer fraindre et monhiigut. C'est que la diphtongue ni se prononçait exactement de même dans les deux mots -.frai-mire et mon!ai-gne.

Cette stricte homophonie fait tout le charme du vers. Nos poètes s'en écartent quelquefois. La rareté de certaines rimes, le besoin d'user de rimes autres que des rimes fatiguées, enfin et surtout des prononciations qui varient suivant les temps, les pays, quasi suivant les personnes, ont amené à cet égard un grand relâchement. Par un amour fort sot de la consonne d'appui, nos poètes en sont venus à choisir une rime sonnant mal, mais précédée de la spirituelle consonne, de préférence à une rime sonnant bien, maïs privée de cet affixe qui, selon M. de Banville, constitue toute Sa poésie '.

Il est certain qu'infâme ne rime pas avec femme. Et pourtant lequel de nous, chevillcurs, s'en prive? Et tous nos Parnassiens aiment mieux faire rimer fem me et infâme qui ne riment pas, que femme et gamme, qui riment très bien. Notre excuse est que les romantiques prononçaient pbâme. Alors, rien à dire.

J'ai été absolument stupéfait, je l'avoue, la première fois que j'ai lu ces deux vers de Banville :

, sur mon front fniigiw, e le pins fat...

Et ceux-ci d'Hugo :

Ah I toi, tu sais calmer ma xète fatiguée; Viens, ma coupe, dit-il. Ris, parle-moi, si

Jamais de ma vie je n'avais prononcé gai autrement que gai. J'ai ouvert Littré, et j'ai vu, à ma stupéfaction plus forte, que les Lyonnais étaient dans leurs torts et que nous devions prononcer ghê. D'autre part le Dictionnaire de rimes de Napoléon Landais, que

Banville a sacré comme le bréviaire des Parnassiens, fait rimer gai avec geai, avec déblai, avec frai, etc., et nullement avec les participes gué. Inutile de dire que tous les dictionnaires de rimes quelconques en font autant *.

A qui croire, de Littré ou de tous les autres ? Je suppose que gué était une prononciation faubourienne qui, peu à peu répandue à la ville, a fini par pénétrer jusqu'à la cour ; puis a trouvé accès auprès du bon Littré, tandis qu'à Lyon nous avons conservé la prononciation traditionnelle '.

Banville, dans le même genre, fait rimer quais et choqués :

Les sons, comme des finis qui tourmentent leurs quais. Se furent bien longtemps dans l'ombre entrechoqués.

Cette fois Littré indique bien la prononciation correcte : kbè, et

P alors ça ne rime pins. Mais un exorable à mon ignorance m'explique qu'à Paris ils prononcent khés. Encore un de la banlieue qui se sera glissé sur le boulevard! Mais où s'arrêter dans cette voie? Et puisque les Parisiens ne prononcent pas Ye post-tonique, pourquoi ne pas faire rimer corridor et Isidore? D'abord il y

» d'appui : c'est une raison.

Des vers suivants de M. Verlaine, j'en dirai auta de M. de Banville :

Quoi, malgré ces reins /nViîMA, Ce cœur éreinté, tu ne sais Que dévouer à la luxure I

? appuyé de la m

Le tris digne homme en mourrai ,1c clm^rin, si, hélas! il n'était déji mort.

a. A ce propos, on me fait observer que (page 28, note 1) j'ai eu grand tort de me gausser de la prononciation escaytr, muret, brtdouyrr, riéyurJ, (uyarj, gmiimyiiit, hàye, c-ituiyc, l'ciw?, ?',jp/'<im'T" , ^'l'jimuiij , iWri'.]u'if» h car aujourd'hui, rue Jit-an, en dépit de tontes les traditions classiques ci des prest-ripiiuiis .lu doctt Littré, aussi vaines que nos lois sur la chasse, telle esl la prononciation du liighlile, j'en suis aui anges. Au moins si, a Paris, je vais dans le monde, je me croirai encore avec mes bons canuts de U Croix-Rousse.

J'ignore si, dans les faubourgs de Paris on dît lu sis, mais tous les dictionnaires de rîmes font rimer lu sais avec français, parais, palais et non avec cassés, censés, etc.

Jamais au grand jamais les classiques ne se seraient octroyé ces libertés, de plus grave conséquence que les transgressions orthographiques qu'on leur a tant reprochées. Chose digne de note, Victor Hugo a été généralement rigoureux dans l'association des brèves et des longues.

Ce qui explique l'usage des rimes ai-é par les modernes et l'excuse parfois, c'est l'ennui d'accoler éternellement entre eux des participes passés. J'avoue qu'a la longue cela devient positivement haïssable 1 .

C'est la cause pourquoi tout le monde aujourd'hui fait rimer mai et charmé, encore bien que Littré donne pour mai la prononciation mi, et que tous les dictionnaires de rîmes (sauf Landais qui a sauté le mot) l'associent uniquement avec les mtots en ai.

Pour les futurs des verbes en er (faimetoi) avec les mots en i (degré), je crois que les modernes ont tout à fait raison. C'est un tort que nous avons à Lyon de ne pas faire sentir la différence du prononcer entre le futur j'aimerai (ré) et le conditionnel j'a (rê). Par la même raison le prétérit rimera avec le participe :

i h pctisi

eule fois deui part et a la cohésion

cjpej,

es idée

i était un fin renard, a eu l'adresse de on (à parler ftanc) s.n= plus d'une éc s; je suis trop respectueui pour dire s

La pénétrai ion de La grande paix d' Le brin d'herbe p Et l'âme a ebaud.

L'infini semble pi On croit être à ce

Reço a sève

lpitea On sen

uurèt.

vient comme une marét, i (entes du pavé;

frisson de fiuillic.

eoù la terre tviitlii...

ant à la su

\-- J< ; |'T:-.L- pas quatre vers

Menée pat les Parnassiens, il me sem elle n'est pas déplaisante, a la condii

Dans la nuit où le sang d'Oura

os abhorré

Souilla l'Océan vaste

Où Thétia, dans ses bras, qu'et

naissant j'honorai

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