‹ Modestes observations sur l'art de versifierChapitre 53 sur 101 · FERS FAUISES PAR LA MUE · texte numérisé non relu

FERS FAUISES PAR LA MUE

s'y prenait-il pour mordre, car les rêves ont rarement des dents ? — A mon tour je vous demanderai : Et comment aurait-il fait pour rimer avec mort?

Avez-vous vu jamais un a gouffre hostile, torrentiel »? Oui certes, mais seulement lorsqu'il rimait avec arc-en-ciel .

Quelquefois cette rime infortunée traîne après elle non pas une cheville, mais tout un chariot de bois :

L'été la bande (de brigands) met a profit la douceur De la saison, voyant dam l'aurore uni lœur(l).

luttes fois elle amène, avec les plus bizarres rapprochements, s fâcheuses inversions, si furieusement proscrites par Banville :

La montagne

S'associe aux fureurs que la guerre combine Et devient des forfaits de l'homme concubine.

N'est-ce pas à propos de ce vers que M me Roland s'écriait, marchant à l'échafaud : « O consonne d'appui, que de crimes l'on commet en ton nom ! »

Toi, Vénus, qui reposes

Notre œil dans le péril (???)

Tout vous sera expliqué si vous voyez, deux vers plus loin avril à la rime.

Peut-être la vue du ciel ne vous a-t-elle jamais suggéré l'idée d'un crible :

Refaisant notre nuit, va contre un autre crible Changer le firmament.

Mais j'aurais bien voulu rime a terrible t

Si vous n'êtes jamais v,

C'est que, jamai

.La tremblante échelle de, hasards,

Vous figurez-vous un monsieur qui, un soir, regardant Sirius, s'écrie : * Dieu, comme cela ressemble à un émir sir Cela vous paraît extraordinaire. Vous étiez dans l'erreur; ressemble plus à un émir que Sirius, mais seulement, il t lorsqu'il faut rimer avec frémir :

A l'heure o A l'heure où, se levas Sirius apparaît.

Heureux étes-vous de n'avoir j

La faillite de vos r

it semble frim,

s connu

> imperdables Q).

C'est que vous n'avez jamais eu à rimer avec fonniJiibUs. Sans doute, vous vous étiez imaginé l'Espérance avec de pleins de clartés. Erreur : Si vous aviez fait

Un pacte avec la lune sombreQ),

Vous auriez aussitôt vu

Avec l'illusion l'espérance aux yeux d'ombre.

Une supposition qui ur le Dieu triple et ut

s euss

Dieu, triple feu, triple harmonie.

Amour, puissance, volonté;

Quelle belle rime pourrions-nous trouver po exemple, nous mettions insomnie? C'est une ri nime. Sans doute, mais quel rapport? — C'est pas de rapport!

Prunelle énorme d'insomnie, De flamboiement et de bonté.

Avez- vous entendu parfois

Derrière notre nuit, derrière notre faim Rire l'ombre Ignorance et la larve Misère?

r harmonie} Si, par ne à peu prés léoà le beau qu'il n'y

Je l'ignore, mais i[ s l'aide de

Le lys a Je dis 01

îgit bien de cela! il s'agit de rimer, ■il raison? et l'astre est-il sineirl ?

J'avoue que je ne suis pas satisfait complètement. Hugo accepte louvent, pour la consonne d'appui, l'équivalence de s dure et de s douce. Cette humiliante transaction n'est pas admise par les purs, pas plus que l'équivalence de gn et de n. Puis la rime n'est pas léonime. Ce n'était pas la peine de mettre quelque chose de si incohérent pour une rime un peu meilleure tout au plus qu'une rime de Boileau. J'aurais écrit carrément :

Rire l'ombre Ignorance et la larve Misère?

Hydaspe, Oxus, Volga, Danube, Rhône, Isère, Répondez I — L'un dit oui; l'autre non...

C'eût été absurde, sans doute, mais pas plus que : m le lys a-t-il

Par exemple, dans les vers suivants, il m'est impossible de dire si Cunne a été inventé pour rimer avec Aucune, ou si c'est Aucune qui a été amenée à la désespérade pour rimer avec Cunne :

Mundiaquc, Ottocar, Platon, Ladislas Cunne, WelF dont l'écu portait : « Ma peur se nomm<

Aucune. >

Hademts haec; il faut arrêter là cette insipide nomenclature. Elle suffit à faire juger dans combien de vers modernes (et quel poète aurait la dextérité d'Hugo ' !) les idées ne sont que les enfants r^gibbeux et cagneux de la rime.

Au xvi" siècle, au temps de l'ivresse de la rime richissime, du Bellay fut le premier qui eut le bon sens de se moquer de la mode t d'établir les principes sains de la poésie :

■t la trop grandi; imagination Je

i. S'il en faut croire Ba

Tille, l

vrai poète

n de h rime ». Ceci m'

use de l'abondance de ti

nesqu

figurais qu'il devint y .-

re chose. E

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