RÈGLE DE LA SIME A T.'OKEIT.LE OBSEUVÉE AD TVI" SIÈCLE
douce et amère, etc., au lieu de : Nous avons mengé des prunes blanches et noires, des amendes doulces et ameres '. n
A la fin du xvi ! siècle, H. Estienne ne demandait, pour faire reparaître la consonne finale, qu'un repos bien plus léger encore que le repos noté par la virgule 1 .
Mais peu à peu les consonnes finales cessèrent d'être prononcées, et, comme on avait exigé leur identité dans les deux mots rimants lorsqu'elles se prononçaient, on continua de les exiger lors même qu'elles ne se prononçaient plus, absolument comme on avait laissé le célèbre factionnaire pour empêcher de s'asseoir sur un banc fraîchement peint... il y avait cinq ans.
La règle de la rime en rapport unique avec la prononciation a été exactement observée par les poêles du nvi c siècle. Ce n'est que peu à peu qu'on est arrivé au non-sens de la rime pour les yeux. On connaît les règles de cette rime par tous nos traités de versification. II a été prononcé que l'identité de la consonne muette suffisait pour constituer la rime aux yeux, l'identité de la consonne qui la précède n'étant point exigée. Ainsi l'on ne peut faire rimer désert avec mer, différent avec rang, mais on peut faire rimer déserts avec mers, différents avec rangs, etc.
Or, de fait, au xvi e siècle la consonne pénultième d'un groupe terminant un mot était tombée dans la prononciation lorsque la consonne ultime persistait encore, a Si vous ajoutez une s (aujourd'hui un ï), dit Palsgrave dans sa sixième règle, à la fin de mot, puing, escript, fculld, ils deviennent nombres pluriel, comme mot\, puingi, escripti, feuïlet\, et alors vous ne ferez pas sonner la lettre précédant ledit t, lisant mos, puins, feullés*. »
Ainsi fusl qui, au moyen âge, se prononçait intégralement, se prononçait maintenant Juif; au xvn c siècle il se prononcera /a.