‹ Modestes observations sur l'art de versifierChapitre 61 sur 101 · DES LICENCES ORTHOGRAPHIQUES · texte numérisé non relu

DES LICENCES ORTHOGRAPHIQUES

Croirait-on que, pour la platonique satisfaction de rimer à l'œil, les poètes en vinrent à faire des fautes d'orthographe qu'ils qualifièrent de licences poétiques. La Fontaine écrit :

Malgré son noir sourd,

Jupiter et le peuple immortel rit aussi.

Semble s'être assemblé contre nous par lasar : Je veux dire la brigue et l'éloquence. Car...

Quant à vien pour viens 1 , voi pour vois, averti pour avertis, on sait que ce sont des archaïsmes, mais il n'en est pas moins vrai que déjà, au xvn e siècle, c'étaient des fautes d'orthographe.

Victor Hugo a la bonhomie, de peur de ne pas rimer à l'œil, d'écrire pié pour pied. Et par quelle servitude des usages bétes a-t-il supprimé Ys de Thèbes et d'Athènes dans les vers suivants ;

s Kothos dans l'Érèbe,

x cent portes de Tlûbe...

Eurybîade, à qui Pallas confie Âthi.te, Noble Adymanthe, fils d'Ocyre, capitaine..

r. Tobler, le Vcn français, p. icr, M. Tobler ajoute : ■ I! faut avouer que cette règle de la rime, en ce qui concerne les consonnes muettes des mots, a quelque chose de bien arbitraire dans l'état actuel de la prononciation. »

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