Quitte ces bois et redevînt
« An lieu de loup homme de bien. » (la Font.)
HIQUES 195
Et, nouveau Malherbe, Banville lui reproche gravement d'avoir pris une licence », sans même avoir l'idée, lui Banville, qu'il eût été plus simple de faire rimer Érèbe et Tbèbesl
Victor Hugo écrit de même Cbarle, Londre, Versaille, Gêne, Arle, Nime, et M. Verlaine, ce farouche novateur, a la bonté de priver Charles de son s :
Le pauvre du chemin creux chante et parle; Il dit : « Mon nom est Pierre et non pas Ckarh.
Je crois que c'est dans les Contemplations que se trouve un des derniers exemples de je voi :
Comme si, se mirant au livre où je te voi, Ce doux songeur ravi lisait derrière moi '.
Laprade, avec infiniment plus de bon sens, a écrit carrément dans le Livre d'un pire :
Mais si je regarde en moi,
]'y revois Verdoyer la poésie.
Pourquoi, en ce qui concerne la graphie des sons rimants, les traités ne montrent-ils pas la même rigueur que pour l'identité des consonnes muettes qui suivent la voyelle rimante? Parce que, dans un cas comme dans l'autre, on a répété ce qui avait été dit auparavant sans s'en inquiéter davantage.
Au moyen âge ai et e ne rimaient pas, mais lorsque les prononciations se confondirent, on les fit rimer, et ils riment encore. De même pour an et en, en dépit de Malherbe. Le père Buffier, qui ne tolérait pas que Boileau fît rimer tout avec goût ne réussit pas mieux.
Pourtant les poètes sont tombés à cet égard dans des contradictions assez singulières,
e iaar, la Lcgende des Siècles, 2" série, une licence analogue : ci Je l'ignore; i.i Dieu m'échappe, mais je lai ■ Qu'il ne nous reste rien, quand elles ont passe. ■
Racine fait carrément rimer cire et attre. est et ait, ô et au ;
., .Petit-Jean, ramenez votre maître; Couchez-le dans ion lit; fermez porte et finétre...
Tu prétends faire ici de n
Dès demain, si l'on
..Mariez au plus tôt :
reut; aujourd'hui s'il le /au/.
Il ne s'est donc ici inquiété que du son.
D'autre part, il n'ose pas faire rimer ê et oi (dans les cas, bien entendu, où oi sonnait aï) ; et il préfère estropier l'orthographe de comparaître :
Si je leur donne temps, ils pourront campamtre' ; Ça, pour nous élargir, sautons par la fenêtre.
De même avait-il mis dans son Andromaque :
M'en croirez-vous î Lassé de ses trompeurs attraits, Au lieu de l'enlever, seigneur, je la fuirais,
N'osant pas faire rimer aux yeus ois et ails, en écrivant fuirais, suivant l'orthographe admise alors. Mais dans la crainte d'être critiqué pour cette nouveauté orthographique, qui devançait Voltaire, il eut la faiblesse de remplacer son excellente rime par la rime pauvre de jamais, et il refit ainsi le vers :
Au lieu de l'enlever, fuyez-la pour jamais 1 .
Encore à seule fin de rimer aux yeux, il avait outrageusement violé l'orthographe la plus élémentaire dans les vers suivants :
Vaincu, chargé de fers, de regrets consumé.
Brûlé de plus de feux que je n'en allumé '...
î. Peut-être y avait-il quelque exemple de cette orthographe. Des grammairiens avaient tenté de substituer i oi, prononcé ai, l'orthographe i.
i. Dans la même pièce, acte IV, scène ;", Racine avait aussi employé l'orthographe surannée rroùi» au lieu de croktre pour rimer aui ycui avec maUlrt.
3. Premier exemple de la rime, dans le; verbes en cr, du prétérit avec le participe passé, rime aujourd'hui admise par tons les poètes (voyez page 160).