LE DÉSERTEUR
.'J engagé à rtvsitir à la poè.Se, tu m'envoyani âa Vi
i. La Fcn'aine (ail au «si rimer sang et pïis mcnls, de rej'ts de césur«, etc., il a devancé K
I devancés en fait de rimes:
2. Un Lyonnais d'adoption, 1s pauvre et excellent Théophile Doucet, a fait ri ieur-SIraibaarg, courl-reioar, dans un chaînant sonnet, que je ne puis me teni
Tenant garnison à Strasbourg; Bon ;oldat. — Sou oreille, un
Pauvre lansquenet I... — il y court.
On le raurape. — Adieu la vie I...
Tel mon scn. — J'étais un fervent Et douï gêamè^e; le vent M'^ppo ie vos clii'isons L.al?s ; Je reconnus -Ûvolup.é! - Le cor de mes AlpEs na ahs.
— C'en était trop... J'ai déserté!
vertu a donc en elle cette s fatidique, qui cause sa proscripti vous le demande de plus en plus.
Jean Tisseur avait trop le sens de la musique du i cher dans la rime autre chose que le timbre, et il ; écrire :
...A Phébé qui te voit Poète, allons, ce soir chante un hymne avec m c dédaignez pas de tresser, de suspendre
pour cher-
Dès
de r;
Aux flancs du chariot qui vomit de la cendre ;
Sous les feuilles cachez le fer...
Et cette seve au sang dont il est tiède rncor Se mêle, et dans ce champ engraissé par la mort... Cette nuit, sur le front de la cité qui dort, Étoile du travail, tu mets ton rayon d'or...
Sous la tente en coutil, là seule au bout d'un faut, Une femme est assise et feuillette un roman... Le poète est très grand et très noble et très haut: Sa pensée est de tout le miroir et \'icho.
k C'était un parti-pris très arrêté chez lui, dit son biographe, que la consonne qui ne se prononce pas n'altère pas la rime. Il écrivait :
Plus graves, portant chape, éphod et manipule, Pontifes et docteurs délibèrent entre eus ; Anathemc à l'intrus, dit l'irascible Jules...
n Sans prendre même la peine d'user de la licence autorisée d'orthographier JuW. Il n'allait pourtant pas jusqu'à associer communément les singuliers et les pluriels (personne ne suit ses maximes jusqu'au bout); mais, dans de certaines occasions, il n'hésitait pas à le faire. » Pour rendre une chose en prose, il n'y a qu'une seule bonne expression; de même, eu poésie, un seul vers. Si Jean Tisseur avait rencontré un de ces vers, il n'hésitait pas à le
la pièce, les éditeurs oi
K conformer i I'usag«.
conserver, tant pis pour 1 écrivait carrément :
; du singulier avec le pluriel.
..Ta destinée est close; it des lauriers ei
Car, sous toute autre forme, ce vers n'eût pu qu'être affaibli. De même il a dit :
O douleur, 6 douleur, marâtre sans entrailles, Toi qui dévores l'homme en lui disant : travaille!
Son frère Barthélémy, lui aussi, avait écrit ces vers charmants :
Pourquoi, dans îa saison du soleil et des roses, A mon cœur inquiet manque-t-il quelque chose?
En gros, il y a malgré tout, présentement, une tendance à s'affranchir de la rime a l'œil. Les Parnassiens, par exemple, ont fait accepter les rimes er-erl, lorsqu'elles sont précédées de la consonne d'appui'. Beaucoup de poètes gémissent en secret de ce qu'ils trouvent absurde sans oser se révolter contre la tyrannie de l'usage.
Je connais un jeune auteur qui est en relations avec Sully- Prudhomme. Il contait que ce délicat et sévère poète trouve niaises les exigences de la rime à l'œil, mais osez donc vous révolter contre ce qui est bête ! Si c'était contre ce qui est sensé, ce serait différent.
Le classique et prudent Quichcrat lui-même n'hésite pas à se prononcer contre la rime à l'œil, et il fait remarquer combien une réforme qui en abolirait les prescriptions permettrait de rimer plus richement : « vallon et long, accablé et troubler, lètnoin et moins, rimes prohibées, satisfont mieux l'oreille que vallon et son, accablé et aveuglé, témoins et soins, rimes régulières. »
Le chansonnier Debraux, l'ami de Béranger, a fait un traité de versification, où il reproduit, tout en prolestant, les vieilles régies de la rime à l'œil :
s la FQntainel Avant eux il avait fait ri
Qu'une orthographe empirique et bizarre Sous trente aspects nous peigne un même son, Si pour l'oreille il n'a rieu de barbare, Je veux l'admettre en mes humbles chansons.
Pas à douter que si un poète de premier ordre, tel que Victor Hugo, avait entrepris cette réforme, il n'eût été suivi par quasi tout le monde, et cela eût possible autant valu que de dresser nos jeunes poètes à faire boiter leurs alexandrins, en les coupant à la cinquième ou à la septième syllabe.
Une conclusion :
i° Il faut s'affranchir des lais surannées et illogiques de la rime à l'œil;
2° Mais, ami, tâche que ce ne lait que dani de beaux vers (plus facile à conseiller qu'à faire). Écris ceci en ta cervelle avec un style de fer : toute nouveauté qui ne s'appuie pas sur de beaux exemples est non avenue ;
3° Ne viole la règle de la rime à l'œil que dans les rimes riches, pour autant que ce qui fera le mieux accepter la réforme par le temps qui court, c'est la possibilité de rimer plus richement ;
4° En revanche, apporte plus de scrupule qu'on ne fait dans la conformité du son des rimes.
Evite de faire rimer des brèves avec des longues, des voyelles suivies d'une consonne sonore avec des voyelles suivies d'une consonne insonore (déchus avec Jean Huss~), songeant d'ailleurs qu'il faut d'autant plus être respectueux de l'oreille qu'on se moque davantage de l'œil.