‹ Modestes observations sur l'art de versifierChapitre 69 sur 101 · I. Petit · texte numérisé non relu

I. Petit

a. Il u'e

OU figU

at que jusle de dire que la pièce, d'ailleurs clia

funambulesque.

j, Ua pas de plus, on choit d;ns les mo's coupés en deux îi ont toujours la plaisanterie un peu grosse, oui fait des

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vie (Enfin Malhfrbe :ut espliquer l'emploi

Il y a même une raison toute matérielle qui oblige le versificateur à choisir un mot important — substantif ou verbe ou bien épithète colorée, concrète — c'est qu'il est nécessaire que la rime marque la fin du vers et qu'elle permette un inflattis, sans quoi, adieu le métronome, et l'oreille perd la mesure 1 . Si le mot à îa rime est insignifiant, s'il n'est qu'une liaison entre deux phrases, il n'est plus possible à l'auditeur de bien saisir où finit le vers, car le comble du ridicule serait d'enfler la voix sur une préposition ou quelque chose d'analogue.

La rime — question de mauvais enjambement à part — ne doit pas être un pâle adjectif précédant le substantif, comme dans ces vers de M. Verlaine :

Où k brunie évoquait un grand

Fantôme laiteux se désespérant.

Et ce mot à la rime , il doit être d'autant plus significatif que la césure est moins marquée, le rythme plus brisé : le coup de timbre doit alors être d'autant plus fort. Telle est la cause pourquoi le vers moderne supporte bien moins encore que le vers classique des mots secondaires à la rime. Ce n'est pas la vulgaire consonne d'appui qui fait la vraie richesse de la rime, c'est la beauté et la force du vocable. Poète, tu ne te régleras donc point sur M. Moréas lorsqu'il écrit :

Les fenouils m'ont dit : Il t'aime si

Follement qu'il ejt à la merci,

Et ceci, alors même que le choix du mètre serait plus heureux, ou du moins que le vers serait coupé de manière à avoir quelque cadence.

Ne te laisse point entraîner davantage, sous prétexte de rime prétendue riche, à mettre à la rime la particule à : Tes seins que busqua, que musqua Un diable cruel, et jusqu'd Ta pâleur votée à la lune.

(Viîeimne.)

Abandonne aux pièces funambulesques ces tabarinades, dont je ne conteste point l'ingéniosité ni 3'esprit-

Grave en ton esprit combien, à l'opposite, les nobles maîtres ès-arts ont veillé a placer au bout du vers le « mot fée s, le mot qui fait surgir la lumière :

Ils flairaient dans la n

e odeur de lion.

(HÉRÉniA.)

Et comme dans le vers suivant du même poète l'épithète à la rime est immense :

La gigantesque horreur de l'Ombre herculéenne.

M. Leconte de Lisle a toujours à la rime des mots superbes, splendîdes, « vénérables » :

Tels, le ciel magnifique et les eaux vénérables Dorment dans la lumière et dans la B

Le grand Germain, faucheur des générations... On n'a point retrouvé sa chair impériale, Et ses margraves, loin du sinistre orient...

Encore bien qu'Hugo cherche plutôt la rime riche et bizarre que le mot-idée, il est cependant très respectueux de la loi que nous avons indiquée, et, fors de très rares exceptions, il ne place jamais a la rime des mots secondaires, mais le mol-contraste, l'image frappante :

Que fait Gad? Il est mort. Que fait Sardanapaleï...

J'entends parler l'atome. Allons, Soleil, poussière,

Tais-toi...

Le soleil «le vent, ces farouches tanneurs.

S'agit-il d'emprunter un sujet au cycle épique de Charlemagne, il choisit dans le trouvère l'épithète saillante qui caractérise une chose, un personnage :

Charlemagne, empereur à la barbe fleurie.

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