‹ Modestes observations sur l'art de versifierChapitre 7 sur 101 · LA POESIE LATINE POPULAIRE · texte numérisé non relu

LA POESIE LATINE POPULAIRE

3 compris le rythme, car c'est d'elle qu'est issu le vers français.

On connaît les vers contre les mœurs de César, chantés par : soldats et rapportés par Suétone :

Gallias Caesar subegit, Nicomedes Caesarem :

Ecce Caesar nunc triumphat, qui subegit Gallias ; Nicomedes non triumphat, qui subegit Caesarem.

Ces vers offrent deux caractères : i° Ils peuvent se scander selon la métrique classique ; 2° chacun d'eux est coupé à huit 1 , et de plus, avec une très légère interversion (Caesar Gallias au lieu de Gallias Caesar) on peut les considérer comme composés de trochées dans lesquels la syllabe longue serait remplacée par la syllabe tonique, et la brève par la syllabe atone : Caesar Gallias subegit, etc.

Cette rencontre, reproduite dans les autres vers populaires contre César : Brillas, quiareges cjicit..., doit avoir plus que la portée d'un

Les vers mesurés de ce mètre sont bien coupés après le quatrième pied, mais ce quatrième pied ne finit pas toujours n>cc l.i huitième syllabe.

mple hasard, et il est permis d'y lire l'intention de se conformer à > successions rythmiques qui plaisaient à l'oreille de la iule.

Mais les chants des soldats d'Aurélien, conçus sur le même type ythmique, sont déjà rebelles à la scansion classique '. Mille, mille, mille, mille, mille d e colla vi mus ; Un us homo mille; mille, mille decollavimus... Taniuin vinum habei nemo quantum fudli sanguinis...

La substitution, à un rythme fondé sur la quantité prosodique des ivllabes, d'un rythme fondé sur la succession des accentuées et des atones, cette substitution, dis-je, prenait le dessus, encore que l'alternance des fortes et des faibles ne fût pas toujours (rés rigoureusement observée, mais la tendance est évidente 1 . Une certaine îésitation devait se produire chez les lettrés qui auraient été désireux de conserver les formes consacrées et subissaient cependant l'influence croissante du rythme. De là des œuvres qui ne se prêtent bien ni aux lois anciennes ni aux lois nouvelles. L'hymne si connue de saint Augustin contre les Donatistes et intitulée Abccrfarius se compose de vers qui ont tous seize syllabes, avec pause après la huitième, mais d'autre part la forme trochaïque rythmique n'est pas toujours observée. Tandis que, dans le premier vers :

Omîtes qui gaudetis pace, modo verum judîcate, si que le second, un parfait octonaire rythmique, !e troisième, au contraire, ne se prête plus à cette scansion :

Propter hoc Dominus noster voluit nos praemonere ».

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: Qaid

et le demi-pied final aurait deui syllabes.

!. Un passage du grammairien Vietorinus, a époqne, la poésie rythmique fiait constituée, et es! amimiU mt/ra) Rythmas. Rplmms, q»t< eslî l'erbnrum mtlriea taliont, soi nantirons u&nsianc ad jadidum a iulll caatica pottarium vuigariuin.

j. M. Eben, dans le but honnête de tout pacifier, suppose que, dans les vers irréguliers en apparence, n les brèves prennent la place des longues dans l'arsis, » et il

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