‹ Modestes observations sur l'art de versifierChapitre 81 sur 101 · Robin, Dieu te conserve, — cytml ! — d quoi bon pleurer · texte numérisé non relu

Robin, Dieu te conserve, — cytml ! — d quoi bon pleurer

î Je -vais m

c divertit

au bois, pour mon plaisir, — eyit! — un tantinet, n

Ohurvalimi nr VArl dt wrjijîir.

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Quoi qu'il en puisse être, dites la différence entre ces vers écrits tout d'une tire, ou bien séparément? — Nous pouvons donc toujours les considérer comme des vers séparés. La manière de les écrire n'y fait rien.

Mais l'assonance intérieure ne se présente pas toujours de même. La première strophe des Nitbelungm offre cette particularité que le mot à l'hémistiche rime avec le mot terminant l'hémistiche du vers suivant :

Uns ist in alten maire» | wunders vil geseit

Von helden lobebaeriti | von grozer kuonheit,

Von frouJcn, hochgezi'tor, | von weinem uud von Idagen,

Von kùener reckcn stri/m | muget ir nu wiinder hocren sagen '.

De sorte qu'en réalité la strophe est de huit vers â rimes croisées et pourrait s'écrire ainsi :

Uns ist in alten raaereo Wunders vil geseit Von helden lobebaeren Von grozer kuonheit, u. S. w.

Quelques poètes anglais se sont amusés à faire, au moyen de la rime intérieure, des effets suivis. Dans la pièce, le Nuage, de Shelley, elle figure dans un vers sur deux :

I bring frcsh showers for tbe thirsty ftowers

From the seas and the streams ; I bear iight iliadt for the leaves when laid

In their noouday dreams.

From my wings are ihaken the dews that waken

The sweet birds every one, When rocked to nst on their raother's brcast'.

1. • Dans les vieilles légendes il nous est conte beaucoup de merveilles des héros dignes de louange par leur grande vaillance; de joies, de fttes, de larmes cl de plaintes, et maintenant vous pouvez ouir des prodiges louchant les luttes de ces vaillants. »

2. • Des mers et des fleuves j'apporte de fraîches ondées pour les fleurs altérées; j'apporte aux feuilles une ombre légère quand elles sont plongées d.ins leurs rêves de midi. De mes ailes sont secouées les rosées qui éveillent les Joui oiseaui l'un après l'autre, quand ils sont bercés pour dormir sur le sein de leur mire. -

J'en reviens toujours à mes moutons : De rimer par le milieu du vers, à quoi cela sert-il, puisque aussi bien l'on peut faire deux vers

Notre xvi e siècle, qui a épuisé toutes les sottises en fait de recherches et de complications de rimes, a, lui aussi, employé la rime a l'hémistiche. Rapin a fait des vers mesurés prétendus léonins :

Henriette est mon bien; Je sa bont£ l'ombre je sens bien : Mais elle y joint la rigueur dont clic abat ma vigueur,

Et ainsi de suite.

Mais à part ces billevesées, la rime ou l'assonance intérieure n'a guère existé jusqu'ici chez nos poètes qu'à titre de simple rencontre.

Becq de Fouquiéres se laisse aller pour l'assonance aux mêmes imaginations que pour l'allitération. Un exemple : il voit un effet d'assonance dans ce vers mélodieux de Racine :

J'ignore le destin d'une tête si chire.

Impossible à mon chétif entendement de comprendre ce que la répétition de ê à l'intérieur du vers peut ajouter au sentiment ou à l'harmonie. L'harmonie, elle est dans le concours général des syllabes; le sentiment qui nous touche, qui nous émeut, il est tout entier dans le tant cari capiiis.

Si la rencontre de deux sons identiques dans un vers constitue un s effet », le difficile ne serait pas d'assoner, mais de n'assoner pas. Et je ne crois mie que dans le vers célèbre de la tragédie de Manco- Capac :

D'un tel forfait crois-tu Manco-Capac capable ?

L'assonance soit le fruit des veilles de l'auteur, non plus que dans celui, non moins fâcheux, tiré d'une idylle helvétique :

La vache p ail en paix dans ces gras pâturages.

Et je ne pense pas que ce so répétition des s et des i dans ce vt

une beauté préméditée qut s d'Hugo :

Si ce que je te dis ne se dil pas ainri...

Si, ces si-ci me font bien un o effet », mais c'est celui d'une scie. Je n'ai pas rencontré, dans les multiples citations de Becq de Fouquières un seul vers où l'assonance parût réellement intentionnelle, Il n'en est pas de mime pour quelques-uns des vers de notre jeune école. Voici une série de vers de M. Verlaine, tirés d'un de ses ouvrages les plus récents. L'assonance y est évidemment poursuivie :

Tes seins que busqua, que musqua...

FoUnMfnf, fanatiquOTKMf..,

e fleun( de h

Extraordinni/^

!t saponaiV.! (?) tt

C'est a cause du clair de lune

Que 'fassume ce masque noctun»,

Et de Sttotftu penchant son urne.

Et de ces lunci l'une après l'une...

Ton bhirtÇ) finir, âpre et subtil.,.

Les hommes, vins /'«s, les livres lus...

Passe et rit sur ta chère chair en 1ère...

Ri'i et jouit de ton j crusse uient. . .

Laisse ma tête errniif et s'abimaiif...

Cela se pousse même au calembour :

Le bonneteau fleurit « dessur » la berge ; La bonne tôt s'y déprave, tant pis Pour elle...

Si vous trouvez quelque agrément à ces concours de sons, mélodieux comme les cliquettes d'un ladre, tant mieux pour vous !

Il faut cependant qu'il y ait dans certaines assonances quelque vertu secrète échappant à mon oreille, car c'est assurément à dessein qu'un poète aussi exquis que M. de Hérédia a rapproché, dans le vers suivant, des syllabes dont le concours est pénible à mon ouïe. Un homme comme lui doit avoir ses raisons.

Et l'ombre erran S'indigne et pieu

s bords que l'Erik' enténèbre.

me semble que MM. le Goffic et Thieulin ont dit le mot exact sur l'emploi de l'assonance et de l'allitération : « Nous ne pouvons les expliquer, et c'est peut-être pour cela que nous n'en connaissons point l'origine, qu'il faut se tenir en garde contre elles. Leur emploi demande une délicatesse extrême ; elles doivent venir au poète naturellement et sans qu'il les cherche. Qu'il en fasse un procédé, il est perdu. »

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