‹ Modifications de la phalangette dans la sueur, le rachitisme et l'hippocratismeChapitre 10 sur 11 · REMARQUE ETHNOLOGIQUE · texte numérisé non relu

REMARQUE ETHNOLOGIQUE

Nous avons rencontré dans nos recherches des sujets de bien des pays. Bien qu’une statistique ethnologique n’ait de valeur qu’à la condition de porter sur un trèsgrand nombre d’individus, nous ferons cependant constater la coïncidence de certains signes offerts par le doigt, avec certaines races.

Nous avons catégorisé nos sujets par provinces, et pour chacune d’elles le nombre des lunules a été noté pour les types normaux et infantiles seulement, car, dans les types hippocratiques, elles disparaissent, non par la race ou le rachitisme, mais du fait de la maladie, par suite des progrès de l’envahissement hypertrophique.

En comparant à 100 individus le chiffre de lunules

rencontrées dans chaque province, nous trouvons les coefficients suivants :

71 pour 100 pour l’Artois et la Picardie;

60 pour 100 pour chacune des suivantes : Alsace, Lorraine, Franche-Comté, Poitou et Limousin;

50 pour 100 pour les trois provinces réunies : Lyonnais, Bourbonnais, Auvergne; pour chacune des suivantes : Ile-de-France, Orléanais, Bretagne;

46 pour 100 : Berry, Bourgogne et Nivernais;

43 pour 100 : Picardie;

Enfin, les chiffres les plus bas échoient aux sujets parisiens de seconde génération, 28 pour 100 ; àlaGuienne, 33 pour 100; à la Normandie, 18 pour 100.

A côté de ces provinces françaises, je trouve que tous mes sujets provenant de la Savoie, de l’Allemagne, Autriche, Hollande, Suisse et Angleterre, sont pourvus de lunules, tout au moins dans les types normaux. Ces diverses nations appartiennent à la race germaine (v^.gina gentiinn ); l’Angleterre elle-même, comme les Allemands le prétendent, ne serait qu’une île allemande. Elle a été en effet peuplée, en partie, par des Angles, des Saxons, et très-probablement aussi de peuples Scandinaves.

Nous ne devons pas oublier que la France a subi vingthuit invasions allemandes ; que, pendant trois cents ans, elle a nourri les Anglais, race germano - Scandinave. Outre cela, il faut faire la part des petites infiltrations allemandes qui ont surtout peuplé les provinces de l’Est.

Les Franks, qui, en se mêlant aux Gaulois, devinrent les Français, n’étaient autres que des peuples germains, qui, longtemps repousses, s’établirent définitivement avec Clovis. La Bourgogne, la Franche-Comté, la Suisse occidentale, le Lyonnais, sont également en partie d’origine

germaine, par les Burgundes, qui semblent être les premiers Germains établis en Gaule sous Gondicaire, leur roi.

La Flandre, l’Artois, la Picardie, l’Ile-de-France, la Champagne, ont été en grande partie peuplées de Franks.

La Guienne, le Poitou, une partie de l’Auvergne tout au moins, furent aux mains des Anglais, de 1152 à 1453.

La Bretagne fut surtout envahie par les Kymris, frères probablement des Gimbres du Jutland. Enfin la Normandie a reçu quelques éléments Scandinaves par les Northmans, qui ont dû également rayonner vers les provinces orléanaises, puisque Chartres fut un de leurs premiers centres.

On comprend que les empiètements réciproques de toutes ces races établies sur le territoire de la Gaule aient aplani les lignes de démarcation, et que, quand bien même l’origine germanique de certaines formes de doigts serait établie, une statistique serait encore peu probante, puisque partout, autour de nous, se retrouve plus ou moins l’élément germain.

Je n’hésiterai cependant pas à assigner l’origine germaine aux types épais et charnus, 1, 26 et 27, ces deux derniers étant les rachitiques du premier.

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