‹ Modifications de la phalangette dans la sueur, le rachitisme et l'hippocratismeChapitre 7 sur 11 · BRAS · texte numérisé non relu

BRAS

lre

Nul ou douteux

Net

Accentué

Très-accentué

Ce tableau, qui répond à l’étude de 300 individus, montre d’une façon évidente le manque absolu de parallélisme qui existe entre les bras et les jambes. A côté de cela, la relation infiniment plus égale du rachitisme de la phalangette avec celui des bras nous oblige à conclure que : la phalangette reste indépendante des circonstances accessoires qui peuvent agir sur les jambes; qu’offrant des variations très-sensiblement en rapport avec le rachitisme des membres supérieurs, son examen est un excellent moyen de recherche, quand il s’agit d’apprécier quel a été le degré de l’affection.

Les deux phénomènes les plus saillants du rachitisme des doigts sont ceux-ci : raccourcissement de la phalangette et brièveté de l’ongle par rapport à sa largeur.

Gomme nous le verrons, à propos des rétrécissements du bassin, si l’un n’a pas lieu, l’autre, en revanche, existe, mais généralement tous deux se rencontrent.

Comme moyenne des oscillations du coefficient a, le chiffre 1 ou, comme nous avons l’habitude de l’écrire, le nombre 100 est très-près de la vérité. Plus a dépasse 100* moins il y a de rachitisme; au-dessous de 100, plus

il descend, plus l’affection a été intense, dans les traces qu’elle a laissées, tout au moins.

Il est une remarque intéressante, c’est qu’avec un ongle très-court, qui répond par conséquent à la brièveté du corps de l’os, on trouvera souvent une phalangette longue ou assez longue : la maladie a frappé le doigt, le corps est resté court; mais la suractivité réparatrice a rendu à l’os sa longueur. Dans ces cas, l’individu rachitique dans son enfance pourra devenir assez grand, et quelquefois très-grand, ou, s’il est resté petit, il n’y a pas de dystocie (si c’est une femme).

Remarque sur le rachitisme dentaire .

Les dents ayant été comprises dans l’examen pratiqué sur nos sujets, il ne saurait être inutile de présenter les conclusions auxquelles nous sommes arrivés.

En examinant le rapport MB , qui nous montrait la longueur relative de l’ongle et du doigt, nous avons signalé cette particularité que, quand il y avait rachitisme, la seconde dentition devait être plus atteinte si l’affection était tardive.

Nous trouvons dans nos tableaux que, pour un même degré de rachitisme, le coefficient dentaire augmente quand les déformations des jambes diminuent, tout cela étant pris d’une manière relative, sur un certain nombre d’individus. Nous pouvons croire que, si les jambes sont moins déformées, c’est que le plus souvent l’affection les a frappées tard* quand elles étaient déjà plus solides; lorsque, aussi (rapport MB), le corps de la phalangette était plus développé.

C’est donc le rachitisme tardif, ou qui se prolonge avec

peu d’intensité, qui laissera des traces sur les dents définitives.

A côté de cela, bon nombre de sujets qui n’ont marché que très-tard ont de fortes marques rachitiques sur les bras et les jambes, et les dents n’ont rien ou presque rien. Il faut bien admettre qu’alors la maladie a guéri assez tôt pour ne pas laisser de traces sur la seconde dentition, laquelle peut, du reste, être considérablement retardée.

J’ai rencontré plusieurs de ces sujets. Ainsi, dans le service de M. JMillard, était un jeune homme de 18 ans, porteur de déformations prononcées et du type 18 comme doigt; il lui poussait des canines, très-belles, du reste.

Une jeune femme n’a eu ses dents définitives qu’à 12 ans; elles sont assez belles et répondent au type 2

(fîg- 2)-

Une autre femme, de grande taille, n’a que des traces douteuses de rachitisme ; elle a marché à 10 mois. Cependant les premières dents ou dents de lait ne sont venues qu’à 2 ans, pour ne tomber qu’à 16 ans. Cette femme néanmoins a été réglée à 11 ans.

Nous avons également rencontré des sujets qui, sans aucune trace de rachitisme notable, portaient une ligne de ponctuations à 1 ou 2 millim. du bord de là dent. Cette particularité répond sans doute à une maladie courte et* intense, ayant agi, à un moment donné, sur des dents déjà avancées comme développement.

Toute maladie, suivant nous, devant troubler l’ossification, mais toutes les dents n’apparaissant pas en même temps, nous comprenons que certaines dents contem-

poraines et symétriques soient altérées, à J’exclusion des autres.

Relativement à la taille , nous dirons que tous les degrés sont observés, depuis les très-petits jusqu’aux trèsgrands ; que cependant le rachitisme accentué laisse plus souvent une petite taille.

Nos recherches ont porté exclusivement sur des adultes ; par conséquent, nous n’avons pas eu à étudier la maladie très-intense, celle où les sujets succombent ou bien dont les déformations gênent trop les organes internes pour permettre d’arriver à l’âge adulte.

D’après la notion étiologique que nous avons cherché à faire ressortir, l’hyponutrition (notion presque identiquement formulée dans le travail de M. Broca), toute maladie, toute langueur de la santé, doit laisser des traces plus ou moins profondes sur le squelette, tant que celui-ci n’est pas arrivé à son complet développement. Cette hyponutrition peut se retrouver plusieurs fois dans l’enfance et la jeunesse; elle peut être déterminée par certaines époques critiques ou au contraire cesser après l’accomplissement de certaines évolutions Viscérales et constitutionnelles. C’est ainsi que certains sujets, après une croissance rapide, s’arrêtent, tandis que, au contraire, des individus restés longtemps petits se développent tout d’un coup. Deux de mes malades ont grandi beaucoup au régiment.

Enfin, dans son intensité et ses époques d’apparition, le rachitisme ne peut que suivre les fluctuations de l’état général.

Remarques sur /’ habitus scrofuleux.

Dans une classification de la scrofule en trois degrés, faite comparativement au rachitisme, nous avons trouvé

Esbach. 4

un fait intéressant, relativement à ce qu’on appelle l’habitus scrofuleux.

En tenant compte de tous les degrés de rachitisme, nous le trouvons chez 75 pour 100 de nos scrofuleux.

Dans les traités de pathologie, on cite, à propos de la conformation extérieure des scrofuleux, certains signes qui dépendent avant tout du squelette :

« On a remarqué que beaucoup d’individus qui sont prédisposés à la scrofule offrent les traits d’une constitution ou d’une complexion spéciale... La mâchoire inférieure est plus large et comme carrée, les pommettes sont saillantes4, les articulations sont plus grosses, la taille est petite ou très-élancée,la tête est comparativement plus volumineuse, etc.

« Tous les individus qui présentent les caractères de la prédisposition ne deviennent pas cependant scrofuleux, et d’autre part on voit la scrofule survenir souvent chez des personnes qui n’y paraissaient pas prédisposées par leur constitution. M. Lëbert n’a guère rencontré que sur un septième de ses malades l’habitus scrofuleux avec les caractères qui lui sont communément assignés (1). »

L’habitus scrofuleux est du reste assez diversement décrit dans les auteurs.

Nous avons dit, un peu plus haut, que 75 0/0 des scrofuleux présentaient quelque trace de rachitisme. Pour ne pas être accusé d’exagération, nous ne comparerons que les degrés élevés de l’une et l’autre affection. Eh bien , pour 89 scrofuleux nets et accentués, nous trouvons 40 rachitismes nets et accentués; c’est-à-dire, 45 0/0 de rachitiques chez les scrofuleux.

(1) Grisolle. Traité de pathologie interne.

— Si —

Ceci nous montre d’une manière assez claire que l’habitus en question n’est autre que du rachitisme, quant à la charpente tout au moins.

Relativement aux parties molles, nous ne pouvons parler en chiffres, mais nous n’avons rien remarqué qui différât sensiblement de ce qu’on trouve aux lymphatiques et aux anémiques.

Le parallèle établi pour la scrofule, nous l’avons répété pour la tuberculose. Sur 76 tuberculeux, héréditaires ou non, il y en aurait 29, soit 38 0/0 dans le même cas que les scrofuleux, relativement au squelette.

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