DU BASSIN
Dans l’immense majorité des cas, les rétrécissements du bassin sont dus à quelque déformation rachitique des os qui constituent ce canal.
Nous ne pouvons entrer dans le détail du mécanisme de ces déformations. D’un autre côté, les conditions de la dystocie dépendant en grande partie du volume de l’enfant, il nous est impossible de les chiffrer et de les mettre en tableau. En conséquence, nous détaillerons le plus brièvement possible les observations d’accouchements qui se trouvent dans nos notes, et qui, n’ayant pas été prises dans le but que nous nous proposons actuellement d'’ atteindre, ne sauraient être suspectes, au point de vue de l’idée préconçue.
Pour abréger, nous passerons sous silence les accouchements faciles coïncidant avec des doigts non rachiti-
ques; en revanche, tous ceux qui, faciles ou difficiles, se rencontreront chez des femmes porteuses de phalangettes suspectes, seront mentionnés.
Comparativement, nous donnerons les deux coefficients a et P; celui-ci est le même que MN du chapitre précédent. a, nous l’avons dit, mesure la longueur de l’ongle relativement à sa largeur; sa moyenne est 100 (ou largeur égale à longueur), il oscille de 30 unités au-dessus, à autant au-dessous de ce chiffre.
P est la longueur relative de la phalangette ; sa moyenne est 50 ; il oscille de 5 unités au-dessus à autant audessous de 50.
Ces chiffres 100 et 50 ne veulent pas dire que la phalangette qui les portera est exempte de rachitisme, mais seulement qu’on est à la limite des accouchements faciles dans les conditions ordinaires. De telles dimensions sont, au contraire, une preuve de rachitisme du doigt, mais modéré (1).
Plus les coefficients sont élevés , plus un accouchement doit être facile , plus ils sontbas, plus la dystocie est à craindre, tout cela dit pour un même enfant, de grosseur moyenne. Mais il arrive quelquefois que ces chiffres sont, l’un bon, l’autre mauvais, dans ce cas, ils se compensent en partie, et la signification reste celle du coefficient le plus exagéré, en bien ou en mal; à cet égard 1 unité de p vaut environ 3 de a.
Type 4. Obs. 400. Une femme forte, taille au-dessus de la moyenne, trois enfants dont deux gros à terme: douleurs assez fortes. Déformations rachitiques très-douteuses aux jambes (et Ton sait que nous avons pris note des moindres lignes douteuses), rien absolument autre part.
(1) J’estime qu’une phalangette n’est complètement exempte de rachitisme que si a atteint 1Î0 et 6 54 à 55.
a= 120 p =60. D’après ce que nous’avons dit, ces deux coefficients son excellents; bien que les enfants soient gros (ils sont restés de solides gaillards), nous n’avons rien de notable comme dystocie, un peu de lenteur, voilà tout.
T. 7. Obs. 374. Grosse femme, taille au-dessous de la moyenne. Un peu de déformation aux jambes, légère saillie cubitale, dents 2. Une grosse fille à terme. 40 h. de douleurs, mais pas de forceps : a = 108 p= §6. Quoique ces chiffres soient bons, surtout le second, nous avons un travail long: c’est une primipare, pas grande, et une grosse fille.
T. 8. Obs. 141. Grande femme, trois enfants à terme, accouchements difficiles. Très-peu de chose aux jambes et aux bras. « = 104, et p = 46. Ici « n’est pas mauvais quoique peu au-dessus de 100; mais p est nettement rachitique: donc dystocie.
T. 8. Obs. 247. Femme de taille moyenne. Une fille assez grosse 72 h. et forceps. Très-peu de chose aux jambes et aux bras, dents 7. a = 86, P = 59. Le dernier chiffre est très-bon, mais a est bien bas, et comme l’enfant n'est pas petit, la dystocie est presque inévitable ; notons que c’est une primipare.
T. 8. Obs. 229. Femme petite et grosse. Deux enfants, gros, difficiles, forceps, et venus morts. Elle n’a marché qu’à 5 ans. Déformations nettes aux jambes, moins marquées, quoique nettes, aux bras ; dents 6 très-petites, a = 100 p — 54. Le dernier chiffre est bon mais a reste insuffisant pour de gros enfants et une femme petite.
T. 8. Obs. 228. Taille moyenne, trois accouchements assez difficiles surtout pour un enfant à grosse tête devenu hydrocéphale. Elle a été nouée étant petite et n’a grandi qu’à 18 ans. Les jambes sont assez fortement déformées, les bras moins, les dents 5 très-petites, a = 100, P = 45, le premier est faible, mais le second est très- mauvais, donc dystocie même avec des enfants moyens.
T. 10. Obs. 297. Grande femme, un enfant moyen assez laborieux. Elle a marché à 9 mois, présenta aux jambes des marques légères, rien aux bras, dents 3; <* = 95, p — 49. Les deux chiffres sont assez mauvais tous deux, sans être accentués, donc dystocie moyenne.
T. 10. Obs. 248. Petite femme ayant eu deux enfants, assez forts et facilement. Elle n’a marché qu’à 14 mois, présente des déformations légères, également réparties aux bras et aux jambes, mais des dents 5. a = 90, p = 50. Le dernier chiffre est à la limite, mais a est mauvais, et comme les enfants ne sont pas petits, nous devrions avoir des diffî-
cultés. Mais, chose remarquable, que j’ai trop souvent négligée pour d’autres femmes, le sacrum et les vertèbres voisines sont saillants en arrière. Nous sommes ici dans le cas signalé par M. Pinard (thèse inaugurale 1872). L’angle sacro-vertébral étant rejeté en arrière, permet l’engagement; en revanche le diamètre biischiatique est un peu diminué sans toutefois devenir insuffisant. Du moins, c’est ce que j’ai vu à la clinique pour une femme plus déformée que celle-ci.
T. 10. Obs. 296. Femme moyenne. 3 enfants très-gros, dit-elle, et facilement. Gela ne nous étonne pas, car si elle a P = 50, ce qui reste indifférent, elle porte a = 118, ce qui est très-bon. Elle a marché à 11 mois; n’a aucune trace de déformation, et des dents irréprochables.
T. 11. Obs. 13. Taille moyenne, 8 enfants et 1 fausse couche. Pas de renseignements plus amples sur les accouchements. Cette femme n’a marché qu’à 4 ans, et pourtant ne présente rien de bien sensible comme marques rachitiques; a = 100, ce qui est indifférent, et P — 56, ce qui est très-bon.
T. 11. Obs. 68. Femme moyenne, 7 enfants, pas d’autres renseignements. A marché à 9 mois. Pas de traces rachitiques, dents très-gâtées, a =90 chiffre trop faible, mais en revanche p = 56 chiffre très-bon.
T. 15. Obs. 388. Femme très-petite. 1 enfant assez fort, accouchement terminé aux l'ers. Elle était fluette dans son enfance; légères déformations aux bras et aux jambes, sans prédominance pour celles-ci. Les dents portent une ligne ponctuée non loin du bord, a = 83, p = 48* Ces deux chiffres sont mauvais, surtout le premier; il devait y avoir certainement dystocie, puisque l’enfant n’était pas petit.
Nous allons entrer maintenant dans la série des types dits rachitiques, et toutes les fois qu’un enfant ne sera pas petit, nous trouverons de la dystocie.
T. 17. Obs. 186. Femme de taille moyenne, maigre. 1 enfant né asphyxié (pas d’autres détails), a = 86, p = 62; le premier chiffre est mauvais, mais le second est très-bon. Traces légères aux jambes, rien de bien saillant aux bras. Elleaété élevée au biberon. D’après les coefficients, il n’a pas dû y avoir dystocie, cela est probable, car il n’en est pas mentionné dans mes notes, bien que le détail d’enfant, né asphyxié, prouve que certaines questions ont été posées.
T. 17. Obs. 92. Grande femme, toujours été chlorotique. 2 enfants syphilitiques à 7 mois, il ne pouvait y avoir dystocie. Marques légères
aux jambes, peu de chose aux bras, dents 4. «=90,(3=50. Le premier chiffre est mauvais en tout cas.
T. 17. Obs. 164. Petite femme, très-scrofuleuse. 4 enfants à terme. On a dû percer les eaux chaque fois (sans doute pour exciter le travail). Elle a marché à 1 an, porte des traces douteuses aux bras et aux jambes, mais des dents 5. a = 81, P ='47. Ces deux chiffres sont trèsnettement mauvais. Remarquons, en passant, que les dents de seconde dentition ont été fortement atteintes, ce qui nous fait admettre un rachitisme lent, prolongé, la scrofule s’est développée concurremment.
T. 17. Obs. 291. Femme très-petite et boulotte. 4 enfants en trois couches, très-petits et faciles. Elle a marché à 11 mois, n’a que des marques très-légères aux bras et ,aux jambes, des dents ponctuées suivant une ligne à 3 millimètres d u bord, a —95, P = 50, chiffres insuffisants, surtout pour une petite femme, mais les enfants étaient trèspetits.
T. 17. Obs. 295. — Femme petite et boulotte, 2 enfants dont 1 à terme, difficile. Elle n’a marché qu’à 4 ans 1/2, n’a que des marques douteuses aux jambes et aux bras, et des dents irréprochables, a =83, p = 54. ; le second chiffre est bon , mais le premier est nettement mauvais.
T. 17. Obs, 299. Petite femme, 1 enfant petit à terme. Elle a marché de bonne heure ; marques douteuses aux bras et aux jambes, dents irréprochables. a = 90, p=49. Ces chiffres peu satisfaisants n’ont pas eu grande influence, puisque l’enfant était petit.
T. 176. Obs. 222. Femme de taille moyenne, 5 enfants très-faciles et 3 fausses couches (pas de détails sur le volume des enfants). Elle a marché à 9 mois et présente cependant des déformatious nettes aux jambes, douteuses aux bras, dents parfaites, a = 105, P= 47. Le premier chiffre est bon, mais il est largement compensé par le second. En somme, situation passable ou médiocre, et à moins de gros enfants, la dystocie est peu probable, la femme n’étant pas petite.
T. 176. Obs. 293. Femme moyenne, 2 enfants, 1 seul à terme, gros, difficile. Elle n’a marché qu’à 2 ans et ne présente que des traces légères. a= 116, p = 46. Ces deux chiffres se compensent parfaitement; la situation est passable, et sans le volume de l’enfant qui était gros, l’accouchemant n’aurait pas offert de difficulté notable.
T. 176. Obs. 138. Grosse femme détaillé moyenne; 1 gros enfant mort en naissant. Elle a marché à 10 mois. Les jambes, tout au moins,
ont marquées d’un rachitisme évident. «=100, 3 = 49. Ces deux chiffres sans être bien mauvais ont dû être insuffisants pour un gros enfant et une primipare.
T. 176. Obs. 312. Femme plutôt petite; 11 enfants, aucun à terme, tous très-difficiles, le plus court 28 heures. Dans son enfance elle a subi de mauvais traitements. Rachitisme léger aux jambes, douteux aux bras, dents 2. a= 100, 3 = 47. Le premier chiffre est médiocre, mais le second est mauvais, donc dystocie même avec des enfants moyens.
T. 176. Obs. 206. Femme très-petite, 1 enfant facile, avant terme il est vrai. Etlea marché à 11 mois; rachitisme douteux des jambes, rien absolument ailleurs. a = 90, 3 = 45. Les deux chiffres sontabsolumen t mauvais, surtout le second. S’il n’y a pas eu dystocie, c’est que l’enfant était avant terme, et probablement petit.
T. 18. Obs. 26. Petite femme; 2 enfants, le premier à 6 mois, le second à terme, céphalotribsié. Après avoir marché de bonne heure, elle a été arrêtée de 2 à 7 ans ; le rétrécissement est de 6 centimètres. Cette femme, interrogée une heure après l’opération, était trop fatiguée pour que je complétasse l’examen. « = 81, 3 =46. Tous deux absolument mauvais.
T. 19. Obs. 318. Taille moyenne, un enfant facile, assez fort. Elle n’a marché qu’à 18 mois ; néanmoins les traces sont douteuses aux jambes comme aux bras, les dents 1. *=4116, 3 = 53. Ces deux chiffres sont très-bons, et malgré la marche tardive, l’accouchement ne pouvait être difficile.
T. 19. Obs. 59. Taille moyenne; deux accouchements laborieux; marché à 9 mois; très-peu de chose aux jambes, dents 2. a 100, 3 =50. Ici nous sommes à la limite pour les deux chiffres. Le volume des enfants n’est pas noté.
T. 19. Obs. 67. Taille moyenne ; 1 enfant un peu avant terme, facile ; marques douteuses aux jambes, dents 2. a = 95, c’est faible, mais 3 = 52 remet les choses à un niveau passable ; l’enfant n’était toujours pas très-gros.
T. 21. Obs. 174. Femme très-grande. 4 enfants , les deux premiers difficiles. Aucun soupçon de rachitisme nulle part, néanmoins les coefficients « = 100 et 3= 49 sont suffisants pour justifier l’accouchement difficile pour les deux premiers enfants qui devaient être assez forts, puisque les deux suivants sont venus sans difficulté. Cette femme n’a été réglée qu’à 17 ans.
T* 21. Obs. 303. Taille moyenne; 2 enfants très-petits, faciles. Marques douteuses aux jambes, rien aux bras, dents 2. a = 100, P = 57, en somme, bonne situation, et de toute manière la dystocie n’était pas possible.
T. 21. Obs 377. Taille moyenne; 6 enfants dont un seul à terme, petit et facile. Elle a marché à 9 mois ; délicate, rachitisme net aux jambes, un peu moins fort aux bras, dents 2, courtes. « = 96, 3 = 50. Ces deux chiffres sont médiocres, mais l’enfant à terme était petit.
T. 22. Obs. 57. Taille moyenne; huit fausses couches de 6 à 8 mois. Marché à 9 mois, rachitisme assez léger, mais dents 5. a = 96, 3 = 49. Chiffres fort médiocres.
T. 22. Obs. 140. Petite femme. 1 enfant énorme, 4 jours et forceps. Traces douteuses aux bras et aux jambes, dents 2, courtes, a = 87, 3 = 53. Ces deux chiffres se compensent sensiblement, et sans le gros volume de l’enfant l'accouchement n’aurait pas été aussi laborieux. L’enfant n’a vécu que deux jours, il était énorme de l’avis des médecins.
T. 22. Obs. 383. Femme très-grande; 1 enfant mort, difficile et version. Elle a marché à 9 mois, n’offre que des traces très-douteuses de rachitisme. Néanmoins, les coefficients a = 83 et 3 = 48 sont nettement mauvais.
T. 22. Obs. 216. Taille au-dessus de la moyenne; 1 enfant avant terme, facile. Elle aurait été nouée. Les jambes sont nettement déformées ; très-peu de chose aux bras, dents 1 , pas longues, a = 91 , 3 = 46. Ces deux chiffres sont mauvais, surtout le second , et si l’enfant ne fût pas venu avant terme, il y avait de fortes chances de dystocie.
T. 22. Obs. 89. Femme plutôt petite. 4 enfants (pas d’autres détails). Elle n’a marché qu’à 3 ans ; les jambes sont assez fortement déformées, les bras moins ; dents 2. a = 103, 3 = 58. Ces deux chiffres ne sont pas mauvais, le second surtout est excellent, et nous expliquent pourquoi, malgré les déformations accentuées des jambes et la marche tardive, l’accouchement a pu se répéter quatre fois sans dommage]notabIe pour cette femme.
T. 23. Obs. 190. Femme petite, 2 enfants faciles ®à terme. jTraces de rachitisme légères, mais égales partout. a = 79, p = 52 ; j le premier chiffre mauvais n’est pas suffisamment compensé par le second; mais, malgré l’absence de renseignements plus complets, nous pouvons croire
que les enfants étaient petits; la femme n’est pas très-solide, et le mari est mort de la poitrine à 28 ans.
T. 23. Obs. 191. Femme très petite, a = 77 très-mauvais, 3 = 50. Elle a marché très-tard et ne porte que des traces légères aux jambes, moins accentuées encore aux bras. Elle a eu un enfant, mais je ne puis attacher grande importance aux commémoratifs, car elle a une embolie cérébrale (partie droite), depuis quelques jours, suite d’endocardite rhumatismale.
T. 23. Obs. 224. Taille moyenne, 3 enfants, gros, faciles. Elle a marché de bonne heure, porte sur les tibias de fortes marques de rachitisme, moins aux bras; les dents sont fausses. *=69, 3 = 51. De ces deux chiffres, le premier est très-mauvais et le second très-insuffisant pour le compenser. Comme j’insistais sur sa conformation, cette femme médit qu’elle n’avait pas de... hanches, qu’elle était obligée de mettre une grosse tournure, pour racheter ce manque d’élégance. Au palper je constatai l’absence de cambrure lombaire, ce qui, comme nous l’avons vu plus haut , rentre dans le cas de courbures de compensation de M. Pinard.
T. 23. Obs. 319. Femme très-petite, 4enfants faciles; le premier seul a été long, trois jours; il était probablement plus fort que les autres. Elle a marché à 10 mois, présente très-peu de chose aux jambes, mais une forte saillie de la crête cubitale, les dents 5. a = 84 et 3 = 55. Ces deux chiffres se compensent, et ont pu permettre les trois accouchements faciles.
T. 25. Obs. 163. Taille moyenne, 1 enfant très-difficile, 2 jours, puis inertie de matrice et forceps. Elle aurait été arrêtée quelque temps après un commencement do marche, a = 91 , 3 = 49. Ces chiffres auraient sans doute permis l’accouchement d’un enfant petit, mais ici c’était une fille de 7 livres, la dystocie était inévitable.
T. 25. Obs. 251. Femme moyenne ; une petite fille, difficile. Elle n’a marché qu’à 2 ans 1/2 et présente des traces assez accentuées de rachitisme, également reparties aux bras et aux jambes; les dents 2. * = 65,
3 = 46. Ces deux chiffres sont très-mauvais, l’accouchement, difficile avec un enfant petit eût été impossible avec un enfant moyen.
T. 26. Obs. 75. Petite femme, 2 enfants petits, faciles. Elle n’a marché qu’à 2 ans, et présente, notamment aux jambes, des déformations assez accentuées; les dents 2, courtes, a = 81, 3 = 51; le premier ne peut être racheté par le second, mais ici les enfants sont petits.
T. 28. Obs. 116. Femme moyenne, 1 fille très-petite à 8 mois, facile. Elle n’a iftarché qu’à 3 ans. Cependant les traces de rachitisme sont fort douteuses aux jambes comme aux bras; les dents 1 n’ont rien, a = 100, p = 55; le premier chiffre est passable, mais le second est très-bon ; de toute manière pas de dystocie possible. Remarquons en passant que, malgré un retard considérable, cette femme n’a gardé que peu de traces de l'affection aux doigts comme ailleurs. Le chiffre P = 55 prouve qu’il y a eu réparation très-active.
T. 28. Obs. 294. Très-petite femme, 1 enfant pas gros, très-difficile. Elle n’a marché qu’cà 6 ans, et offre de fortes déformations partout, surtout aux jambes ; nombreuses dents présentant le type 5. Elle est actuellement malade des suites de cette couche, a = 80, P = 47. Ces chiffres sont très-mauvais.
T. 28. Obs. 106. Petite femme. 1 enfant à terme, deux jours et une nuit, puis forceps. Elle n’a marché qu’à 2 ans, n’offre cependant que des traces douteuses de rachitisme, dents 4. a = 100, p=48. Ce dernier prouve qu’il n’y a pas eu de réparation bien active.
Nous devons faire remarquer relativement aux coefficients a et (3, que, chez les phthisiques, et en général pour les doigts hippocratiques, leur signification est plus mauvaise que pour les phalangettes non hippocratiques. Ainsi, les chiffres qui permettraient l’accouchement avec un type ordinaire, ne le permettront souvent plus avec un doigt hippocratique.
Cette remarque doit s’appliquer aux trois observations précédentes et à toutes celles qui vont suivre.
T. 30. Obs. 52. Taille moyenne, 3 enfants, travail laborieux. Elle a marché à 10 mois, les jambes sont nettement atteintes de déformation; les dents 1 n’ont rien. a = 81, p = 61; le second est tout à fait insuffisant pour racheter le premier.
T. 31. Obs. 365. Femme petite. 8 enfants petits, faciles. Elle était chétive et ne présente aucune trace de rachitisme. a = 87, P =49, en revanche, la phalangette a été touchée; mais ici, aucun inconvénient, puisque les enfants étaient petits.
T. 31. Obs. 376. Femme moyenne, 1 enfant facile à 8 mois. Elle a
été arrêtée dans son enfance par une brûlure. Les jambes sont assez fortement déformées et la saillie cubitale est accentuée ; rien âux dents.
= 90, fi = 51; ces chiffres tendent à se compenser, mais, de toute manière, il n’y avait pas ici de difficulté possible, l’enfant étant à 8 mois.
T. 32. Obs. J 82. Grande femme, un enfanta terme, facile. Elle n’a marché qu’à 15 mois; rien aux jambes, peu de chose aux bras, dents 5. a =95, p = 50. Situation assez mauvaise, pour un type hippocratique, mais l’enfant était sans doute né chétif; il est mort à 3 mois, la mère est d’atteinte d’affection cardiaque grave, suite de rhumatismes rebelles, elle n’a que 26 ans.
T. 32. Obs. 121. Grande femme. 1 enfant petit, difficile. Elle a été arrêtée quelque temps. Cependant il y a fort peu de chose et les dents sont irréprochables, a = 95, fi = 48, Chiffres qui sont très-mauvais pour une hippocratique : la dystocie ne saurait donc nous étonner.
T. 34. Obs. 298. Taille moyenne, 2 enfants assez forts, faciles, trèspeu de chose aux jambes et aux bras ; dents 1 . a = 108, fi = 50. Le premier chiffre est bon, le second indifférent. En tous cas, elle me semble à la limite pour de gros enfants.
T. 34. Obs. 194. Femme petite, enfants petits, faciles. Marques légères aux jambes, rien ailleurs, a = 86, fi = 49. Ces chiffres sont nettement mauvais , surtout le premier, cependant l’accouchement devait être facile avec de petits enfants.
T. 34. Obs. 179. Taille au-dessus de moyenne, 4 enfants très-faciles. Elle n’a cependant marché qu’à 2 ans. Marques légères aux jambes, rien ailleurs. «= 107, fi = 52. Aucune dystocie probable avec ces chiffres. Cependant pour de gros enfants il ne faudrait rien affirmer.
T. 35. Obs. 183. Petite femme maigre, 3 enfants assez forts, assez difficiles. Arrêtée de 9 à 13 mois. Rachitisme net partout, » = 104, fi = 53; ces deux chiffres sont assez bons et ne peuvent causer de dystocie qu’à la condition que les enfants soienl assez forts. N’oublions pas cependant qu’ici, il y a hippocratisme.
T. 36. Obs. 381. Grande femme. 1 enfant assez fort par le siège facile. Elle a marché à 11 mois; les jambes sont peu marquées, mais il existe une forte saillie cubitale, <* = 123, fi = 47. Le second chiffre mauvais est largement compensé par le premier.
T. 36. Obs. 390. Femme au-dessus de la moyenne, 1 enfant fort, facile. Etait maigriotte dans son enfance, n’a que des traces douteuses aux
bras et aux jambes, mais dents 5. a=130, 3 = 52; ces deux chiffres sont très -bons, notamment le premier.
T. 38. Obs. 217. Taille au-dessous de lamoyenne. 1 enfant, 16 jours avant terme, très-facile. Elle a marché de bonne heure, mais peu solidement; jambes nettement marquées, bras moins, rien aux dents. a= 104, 3 — 53; l’ensemble de ces chiffres est assez bon, mais ici, il n’en était pas besoin, l’enfant n’étant pas à terme.
T. 40. Obs. 187. Femme petite, 2 enfants; le premier aurait duré trois jours. Ellea marché lard ; les jambes sont fortement marquées, mais les bras sont à peu près intacts, les dents n’offrent absolument rien, a — 112, 3 = 52 ; ces deux chiffres seraient nettement favorables pour un accouchement ordinaire. Mais, si l’on prend la peine de regarder le type 40 des doigts, on comprendra que la remarque faite au sujet de l’hippocratisme s’applique ici au maximum ; pour une déformation aussi exagérée du doigt, les coefficients devaient être insuffisants chez une petite femme. D’autre part, il est probable que le premier enfant était assez gros, puisque le second n’aurait pas offert de difficulté notable.
Cette énumération d’accouchements montre d’une façon évidente l’étroite relation qui existe entre la dystocie et le rachitisme de la phalangette.
Toutes les fois que l’hippocratisme n’aura pas déformé le doigt d’une manière trop considérable, la phalangette dystocique sera appréciable. Ses caractères sont: un ongle plus large que long, une phalangette plus petite que la moitié de la longueur des deux autres phalanges réunies. Cela est bien net; mais, en outre, la forme du doigt, ainsi que nous le verrons dans la seconde partie, suffira très-souvent à elle seule à révéler le rachitisme.
Procédé de mensuration . — L’instrument sera un compas, une règle divisée, ou mieux, ainsi que nous le pratiquons, un de ces petits compas d’épaisseur en buis, à coulisse. On en voit chez tous les opticiens et quincailliers. Ce petit instrument est semblable, sauf les dimensions,
à celui dont se servent les cordonniers, et qu’ils nomment un pied.
Le coefficient a s’établit en divisant la longueur B de l’ongle (fig. 3) par sa largeur A prise au niveau du bord libre. Ainsi soit : B = 11 mm et A = 9mm, le coefficient cherché sera a =-%-= 1,22, ou plus commodément 122.
On peut objecter que, par suite d’un amaigrissement antérieur, l’ongle a pu être découvert davantage, et de là paraître moins rachitique. Le fait est vrai, mais n’a qu’une très-minime influence, qu’on doit absolument négliger dans la pratique.
La longueur B de l’ongle doit être prise du niveau où cette lame quitte le doigt, jusqu’à Tendroit où cesse le derme sus-unguéal, pour faire place, soit à l'ongle, soit à cette petite bandelette épidermique qui en recouvre souvent la partie supérieure, comme dans les types 9,
8, etc.
Le coefficient p s’obtiendra en prenant pour points de I repère les plis cutanés les plus accentués de la face palmaire des doigts. Pour prendre la longueur de la pha- < langette notamment, on appliquera l’instrument sur le ! côté du doigt; puis, l’une des pointes étant laissée en place au niveau du pli phalangetlo-phalanginien, on fait j glisser l’autre pointe jusqu’à ce qu’on aperçoive l’extré- ] mité du doigt. Mesurant ensuite la longueur des deux j autres phalanges réunies, on divise la première longueur j obtenue par la seconde.
Ainsi soit 27 la longueur de la phalangette, et 50 celle |
des deux autres phalanges, on dira ^ = 0,54, ou tout
simplement 54. On sait que p oscille autour de 50, par suite, si l’on trouve 55 ou 47, on ne croira pas que c’est I -
550 ou 4,7. Nous rappelons ce que nous avons déjà expliqué en tête des accouchements, que, plus les coefficients sont forts, plus ils sont favorables ; plus l’ongle d’une part, la phalangette de l’autre, présentent de longueur.
Nous avons vu qu’une phalangette courte peut compenser un ongle long, et, suivant que l’un ou l’autre l’emportera , les chances se prononceront dans un sens ou dans l’autre. D’autre part, si les chiffres ont même indication, si par exemple un ongle court coïncide avec une phalangette courle, la dystocie est certaine ; et d’autant plus que les chiffres tomberont plus bas.
Une dernière fois nous rappellerons que : a varie de 60 à 130. Niveau indifférent (ou limite'' 100.
P varie de 45 à 55. Niveau moyen (ou limite) 50.
Cette introduction de chiffres dans la pratique obstétricale peut sembler étrange ; mais ce qui l’est au moins autant, c’est que, faute d’un moyen aussi simple, aussi à la portée de tout le monde, enfin aussi peu répugnant pour les femmes, on se laissât surprendre par une dystocie à laquelle on ne s’attendait pas.
Parlerons -nous des pelvimètres? Mais, pour en tirer quelque profit, il faut supposer un apprentissage. La j difficulté n’est pas de mesurer un diamètre, mais avant tout d’en pouvoir trouver les extrémités, or, c’est que les instruments en question ne donnent pas. C’est l’opérateur que cela regarde, et à ce compte-là nous préférons la pelvimétrie digitale, qui n’est pas plus répugnante que l’introduction ou l’application des instruments, et qui, si elle moins précise, est certainement plus sûre.
Le bassin , comme tous les autres os, éprouve l’effet du rachitisme, et, quand il est suffisamment ramolli
ou atteint pour qu’il en résulte plus tard de la dystocie, les jambes sont assez malades pour refuser la marche ; c’est pourquoi, avec un bassin qui ne permettra pas l’accouchement, on rencontrera presque toujours des déformations des jambes en discordance complète avec le degré de la dystocie.
Réciproquement, on rencontrera aux jambes des déformations accentuées et évidentes pour tout le monde avec des accouchements faciles ; tout cela dit pour des enfants moyens.
Nous n’avons pas à revenir sur l’explication de ces faits, donnée plus haut; mais nous appelons l’attention des hommes spéciaux sur cette relation presque mathématique du rachitisme de la phalangette avec le degré de la dystocie.
Est-ce à dire qu’on doive faire fi de l’examen des jambes? Loin de là; il faut, au contraire, les examiner avec plus de précision qu’on ne le fait généralement, et, à la moindre ligne douteuse, songer au rachitisme, mais aussi ne point inférer du degré des jambes à celui du bassin, et si l’on ne juge pas à propos de pratiquer la pelvimétrie, qu’on examine au moins le doigt, le médius du sujet; s’il est rachitique, le reste du corps doit l’être, le bassin le sera, et, à moins de circonstances exceptionnelles, le décubitus dorsal aura rétréci le diamètre antéropostérieur.
Le sens du rétrécissement est du reste assez variable, et dépend de la direction des pressions supportées par les os malades.
Pouvons-nous, d’après cette notion que le rachitisme n’est qu’une dystrophie osseuse , effet partiel d’une dystrophie générale, pouvons-nous expliquer que des
femmes aient un bassin trop petit, peu ou point déformé cependant? Je crois qu’on peut l’essayer.
Le rachitisme ne cesse d’être possible que lorsque l’os est complètement développé ; il aura lieu, avec M. Broca, toutes les fois qu’il y aura manque de parallélisme entre la formation et la calcification, ce qui pour nous sera déterminé par toute hyponutrition générale.
Chez l’enfant des deux sexes, l’excavation est étroite et allongée dans le sens antéro-postérieur, ce qui empêche les viscères de s’v loger (du moins en partie). Elle s’élargit à mesure qu’elle se développe, par l’élargissement du sacrum et l’allongement des pubis, accusant de plus en plus sa différence de forme dans les deux sexes, notamment à l’approche de la puberté. Ce mouvement d’accroissement persiste jusqu’à l’ossification complète qui se termine de 15 à 20 ans; le sacrum est le plus tardif; voilà ce que dit l’anatomie.
Serait-il donc irrationnel d’admettre pour le bassin ce qu’on observe pour les autres os? Tant qu’il se développera, il sera exposé au rachitisme, qui aura d’autant moins de prise, toutefois, que le développement sera plus avancé.
Or il arrive fort souvent , qu’à l’époque où la femme devient apte à concevoir, la nutrition générale souffre de. cette évolution organique ; il y a un état de langueur, d’anémie, de chlorose, qui certes n’est pas de nature à faciliter le développement des os ; pourquoi le bassin n’en ressentirait-il pas les effets, comme la taille s’en ressent si souvent? Les auteurs qui ont observé le rachitisme, et J. Guérin en particulier, disent que l’arrêt de croissance est d’autant plus marqué qu’un os est plus avancé dans son développement, au moment où la ma-
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ladie apparaît. L’état de langueur de certaines jeunes filles pourra donc entraîner l’arrêt de développement du bassin à une époque où il pourrait encore s’accroître ; on conçoit que, dans ces cas, il n’y ait pas de déformations , ou d’altération visible dans la texture de l’os.
Nous ne faisons là qu’une induction, mais les faits resteraient bien souvent stériles sans une tentative d’interprétation. Quant aux bassins trop grands, ils me font songer à ces individus qui restent petits, ramassés, jusqu’à 14, 18 et 21 ans, et qui tout à coup se mettent à grandir; faute d’une autre explication, nous en ferons encore du rachitisme, car nous y retrouvons ces deux périodes : hyponutrition, puis excès d’activité réparatrice.
L’idée d’une dystrophie osseuse peut encore s’appliquer aux déviations qu’on observe à la colonne vertébrale, chez des jeunes gens et surtout des jeunes filles, et peut encore être attribuée à l’état de malaise et de langueur. C’est du moins dans de telles conditions qu’on voit la déviation se produire. Les attitudes habituelles dues aux travaux, aux professions, ne pourront qu’accentuer et déterminer le sens de la déviation principale ; le raccourcissement des muscles en est la conséquence, et, à mesure que le rachis se dévie, l’action musculaire devenant moins oblique n’en est que plus efficace. Mais à cette époque les jambes sont solides, les os sont épais, résistants, les épiphvses seules peuvent offrir quelque prise à la maladie, la diaphyse ne se courbe plus.
Nous pensons donc que J. Guérin, lorsqu’il dit dans son remarquable mémoire : « Toute déformation isolée d’une partie supérieure du squelette n’est point due
au rachitisme, » n’avait en vue que le rachitisme de l’enfance.
Est-ce à dire que toute déviation du rachis chez les jeunes gens soit le fait d’un rachitisme tardif; nous sommes loin de l’affirmer, n’ayant pas fait de recherches à cet égard, mais nous en admettons la possibilité. Les rétractions musculaires parétiques ou hypersthéniques sont des affections rares, tandis que les occasions de rachitisme sont bien plus fréquentes; voilà pourquoi, avant d’éliminer celui-ci, chez les jeunes gens, il faut constater au moins que la nutrition est satisfaisante.
Conclusions. — Le rachitisme n’ayant ni étiologie , ni évolution clinique qui lui soient propres , n’est que l’effet particulier d’un état commun à toute maladie, à toute détérioration , c’est-à-dire de l’hyponutrition générale.
Cette hyponutrition agira d’autant plus facilement sur le squelette , que son travail de développement est plus actif, que les os sont plus jeunes. Ceux-ci ne seront soustraits à la maladie qu’après leur ossification complète; le rachitisme diminue avec l’âge, mais n’est pas limité à l’enfance.
Les déformations laissées par la maladie , chez les adultes, appréciées aux bras et aux jambes en particulier, sont presque toujours plus fortes aux membres inférieurs.
Cette prédominance aux jambes doit être attribuée à des influences' étrangères à la maladie; avant tout, à la marche persistante ou trop précoce de la convalescence.
Le degré de déformation des jambes n’est pas en rapport avec celui d’autres parties qui ont été soustraites aux influences accessoires.
La phalangette, à cause de sa situation indépendante , reste l’un des meilleurs témoins des effets généraux de la maladie.
La dystocie est sensiblement en rapport avec le rachitisme de la phalangette , mais non avec celui des jambes.
On ne saurait inférer, du retard des enfants, au degré effectif du rachitisme, évalué d’après l’examen des doigts et la dystocie.
L’examen de la phalangette, étant des plus simples, doit être pratiqué à propos de tout accouchement.
Le rachitisme varie dans ses effets, suivant le moment, l’intensité et la prolongation de la cause qui le détermine ou l’entretient.
L’hyponutrition qui entretient le rachitisme tend à développer concurremment la scrofule.
Le rachitisme étant la résultante d’un manque de parallélisme entre deux faits d’assimilation, peut cesser et reparaître, laissant sur un même sujet des effets qui ne sont point contemporains. Il en résulte que l’analyse des cas particuliers est souvent difficile.