HISTORIQUE
La description des suppurations rénales au cours de la gestation est due tout entière à Rayer. En 1841, le célèbre médecin de la Charité consacre un long chapitre dans son Traité des Maladies des Reins, aux « Rapports de la pyélite avec les affections des organes de la génération ». Il entrevoit l’influence de la gravidité sur les maladies des reins et, le premier, 1l parle du rôle de la compression des uretères.
Chamberlain, en 1877, dans The Armérican Journal of obstetrics définit le rôle des traumatismes de l'accouchement dans la pathogénie de laffection et explique que l'infection du rein, du bassinet et de l’uretère se fait par la voie ascendante.
Albarran, dans sa thèse, en 1889 démontre la possibilté de l'infection par la voie circulatoire. La même année, Tarnier et Wignal trouvent le bactérium coli dans les diverses complications et infections de la grossesse et des suites de couches.
Reblaud fit au congrès français de chirurgie de 1892 une communication sur « les affections du rein et du bassinet consécutives à la compression
. de l’uretère par l’utérus gravide » basée sur 5 obser-
pra
vations provenant du service de Guyon. L’année suivante, en 1893, Bonneau présentait une première étude d’ensemble de la question dans sa thèse, sur « la compression des uretères par l’utérus gravide et les pyonéphroses consécutives ».
Dès lors, l’affection est bien connue dans ses grandes lignes et les discussions commencent sur les meilleures thérapeutiques à lui opposer. Routier et Bazy discutent à la Société de Chirurgie de Paris, lès indications respectives de la néphrotomie et de la néphrectomie, Bar et Bouillé attirent l’attention sur la cessation brusque des accidents immédiatement après l’accouchement. Pasteau et d’Herbecourt montrent que la simple distention vésicale peut modifier les accidents dans des proportions considérables. Enfin, Albarran signale à l’association française d’urologie (1898) les avantages que: peut offrir le cathétérisme urétéral suivi de lavage du bassinet, lorsque les accidents n’ont pas cédé après Faccouchement.
Les travaux se multiplient par la suite et la question est parfaitement mise au point, en 1904, par Legueu dans son rapport au Congrès de Rouen sur «la pyélonéphrite dans ses rapports avec la puerpéralité ». — La même année, Bar a attiré l’attention sur la phase pré-suppurative, bactériurique de la maladie et Cathala, dans sa thèse expose la pathogénie, la symptomatologie et l’évolution clinique des formes colibacillaires.
Les travaux de Couvelaire (1910 et 1913) basés
EL ant
sur des dissections, montrent que l’uretère pelvien est étiré, aplati, refoulé par le développement intraligamentaire du segment inférieur de l’urérus ce qui entraîne une gêne à la progression de l'urine.
En 1922, ce même auteur fait paraître dans le Journal Médical Français sur les pyélonéphrites gravidiques, un article où il traite des diverses formes de ces affections. Heïtz-Boyer, dans le même numéro de ce journal, décrit le syndrome entéro-rénal.
Plus récemment, Yovanovitch (Thèse Paris, 1923), Marcotte (Thèse Paris, 1925) apportent de nouvelles contributions à l’étude de la pyélonéphrite de la gestation, Marcoïte, en particulier, insiste sur la fréquence de formes légères. Le Lorier et Fisch: font. connaître (1924) les bons résultats thérapeutiques obtenus par la vaccination buccale.
En 1927, Lévy-Solal, Misrachi et Solomon
. apportent une nouvelle contribution à l’étude patho-
génique de la pyélonéphrite gravidique. La même année, Vaudescal, de Beaufond. et Porcher étudient par l’urétéro-pyélographie en série le fonctionnement du canal excréteur du rein chez la femme enceinte et inspirent le travail de Pougin (Thèse Paris, 1928).
Dès lors, on voit se multiplier, principalement à l’étranger les travaux concernant l’excrétion urinaire, étudiée par Giavotto et Raffo (1929), en Italie, Baden (1929), Kammiker (1928 et 1930), Brakemann. (4930), Schummacher (1930), Simon et Navratil
(1934), Saitz (1931), Penkert (1933), Friedl (1933), en
Allemagne.