HISTORIQUE
Depuis le travail de Courtois et PICHARD qui déclaraienit : « La question n’a pas encore été, à notre connaissance, étudiée d’une façon systématique », les publications françaises se rappartant au L.C.R. dans l’alcoolisme ont été peu nombreuses. Dans presque toutes ces recherches, les auteurs se sont limités aux examens au cours de la période aiguë ou subaigué. Peut-être pensaient-ils ainsi saisir plus facilement les modifications’ du liquide céphalo-rachidien sous l’influence du toxique ? Nous verrons plus loin qu’en réalité le pourcentage des modifications que nous avons trouvées en dehors de ces périodes chez les alcooliques chroniques est égal, sinon parfois supérieur, à celui des statistiques publiées jusqu'ici.
Nous éliminerons d’abord de cette étude les cas que l’on peut classer comme « réaction méningée aïiguë ou subaiguë alcoolique » : syndrome méningé plus ou moins net, avec augmentation importante de la leucocytose rachidienne. Ces cas, fort instructifs, sont extrêmement rares, ainsi que le notent Abadie et Pauly.
Nous ne connaissons que les observations de Claude, de E. Mosny et Saint-Girons, de Villaret, Saint- Girons et Capoulade, la thèse de ce dernier, et, plus
” récemment, les trois cas de Courtois et Mile Jacob.
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Signalons encore, bien que le syndrome méningé y soit plus atténué, la très complète observation de délire alcoolique aigu de Joaki et Rondepierre.
L'article de CLAUDE, TARGOWLA et LAMACHE intitulé « Réactions transitoires du liquide céphalo-rachidien au cours des psychoses toxiques. Leur signification », apporte d’intéressantes considérations à propos de trois femmes ayant présenté une albuminose à 0 gr. 40 et une lymphocytose allant de 6,5 à 9 éléments par mmc. au cours d’un épisode alcoolique subaïigu.
Ces malades présentant des stigmates évidents d’hérédo-syphilis (kératite interstitielle, inégalité et inertie pupillaire, etc.) dans deux cas, des antécédents de tuberculose dans le troisième, les auteurs écrivent : « Il semble donc qu’il faille considérer ici la réaction méningée comme une sorte de réveil transitoire d’une inflammation de date ancienne extrêmement torpide : elle réalise une véritable réactivation biologique par l’intoxication ».
Le travail de Courrois et PICHARD porte sur cent examens de L.C.R. dans l’alcoolisme subaigu. Il fait partie de la belle série d’études de CourTois sur le L.C.R. dans les maladies mentales. Voici le résumé de l’article des auteurs qui a trait à cent hommes, tous alcooliques avérés dont l'examen fut toujours pratiqué en période confusionnelle ou onirique. Les auteurs éliminent non seulement les cas de syphilis nerveuse latente mais encore tous les cas où les réactions humorales dans le sang étaient positives.
Dans ces conditions ils trouvent
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a) ALCOOLISME SIMPLE (87 cas).
Tension rachidienne dépassant 50 en position assise dans 5 cas (soit : 5,7 % des cas).
— Albumine dépassant 0 gr. 30 dans 9 % des cas environ et n’atteignant 0 gr. 40 que dans 2 % des cas. Dans aucun cas, les réactions de Pandy et Weichbrodt ne furent trouvées même partiellement positives.
Dans 25 % des cas (22 fois) la réaction du benjoin colloïdal se prolonge dans la zone méningitique : 17 fois elle atteint le 11° tube, 4 fois le 12% et 1 fois le 15".
Cette extension ne s’est accompagnée d’augmentation de l’albumine que dans deux cas.
Une fois la réaction de l’élixir parégorique a été aussi partiellement positive (3° tube).
La leucocytose n’atteint 3 éléments que dans un cas.
b) ALCOOLISME AVEC ÉPILEPSIE TOXIQUE (9 cas)
— Une fois l’albumine a atteint O0 gr. 40.
— Un cas de lymphocytose à 4,8.
— Un cas de lymphocytose très abondante (80 éléments avec hyperalbuminose (0 gr. 50) au lendemain d’une crise convulsive. |
— Dans la moitié des cas, extension de la précipitation du benjoin au 11° tube et une fois au 12.
c) ALCOOLISME AVEC POLYNÉVRITE ET SYNDROME DE KORSAKOFF.
— Dans deux cas extension de la précipitation du benjoin (11° et 12° tubes).
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Les auteurs concluent : « Les modifications du liquide céphalo-rachidien sont rares et peu importantes au cours des épisodes subaigus simples de lalcoolisme chronique ». Ils ajoutent : « La fréquence de l’extension de la précipitation du benjoin dans la zone dite méningitique est intéressante à signaler. Elle a été trouvée dans 25 % des cas, surtout chez des alcooliques anciens. Ce fait est sans doute à rapprocher des lésions de méningite chronique si fréquentes dans le cerveau des vieux buveurs.
Elle paraît encore plus fréquente (la moitié des cas) dans les formes accompagnées d’épilepsie et de polynévrite ».
La communication d’ABADIE et PAULY au Congrès des Aliénistes et Neurologistes de Langue française de 1930 est un travail fort intéressant.
Après avoir étudié 56 cas d’alcoolisme aigu ou subaigu, les auteurs notent que dans 44 cas d’alcoolisme chronique ils ont trouvé :
— 2 cas avec polynévrite sans modification du LACan
— 8 cas avec épilepsie dont 4 présentant 0 gr. 40 à O gr. 50 d’albumine %.
— 1 cas de démence alcoolique à liquide normal.
— Dans les 33 autres observations d’alcoolisme chronique il existe une hyperalbuminose allant de 0 gr. 30 à O gr. 60 dans 39 % des cas.
« Or, comme précédemment, il n’est pas un cas démonstratif où l'alcool puisse être invoqué comme la seule cause efficiente de cette hyperalbuminose :
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dans le passé des malades on retrouve toute une série d’affections qui peuvent être à son origine : traumatisme cranien ancien, syphilis traitée, paludisme, pour ne citer que les plus fréquemment notées chez nos malades ».
Citons encore les 10 cas (avec 4 fois une légère albuminose et 3 fois une légère lymphocytose) de la thèse de Mlle TRUCHE,
Le Rapport de BARGUES au Congrès des Aliénistes et Neurologistes de Langue française de 1937, est une mise au point récente de l’état de la question des modifications du liquide céphalo-rachidien dans l’alcoolisme aigu.
Nous n’avons trouvé aucune indication sur ces modifications au cours de l’alcoolisme chronique dans les traités classiques français et étrangers que nous avons consultés. |
Par contre dans l’ouvrage récent de L. MARCHAND qui a déjà pris sa place aux côtés de ces derniers, on trouve les lignes suivantes :
« Légère albuminose ne dépassant pas 0 gr. 50, réaction de Pandy positive et précipitation du benjoin dans le premier et quelquefois dans le second tube de la zone méningitique sont les constatations que l’on note dans le quart des cas et qui nous paraissent en rapport avec les lésions de méningite chronique. Les autres réactions sont négatives. La lymphocytose, même légère, est exceptionnelle ».
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