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MESSIDOR

Le mystère, mûrissant le germe dans l'ombre,

s'est laisse par les aubes tièdes, nouvelles.

dérober l'épi jaune qui monte.

Mais sans que toi. ô Vierge, celle

dont la grâce mûrie se lève d'entre les fleurs,

aies pénétré le mystère que cèlent

les timides attentes de ta chair.

Vois, l'épi mûr se hausse de toutes le» fleur» qui meurent sous l'épanouissenvent de la lumière !

Et par les fléonmes dévêtu

de sa pubescence printanière,

il s'érige, comme plus nu

de l'or coulé en lui des fusions du ciel,,

et luisant droit d'un rayon hardi

jusqu'à la hauteur de ton coeur,

te frôle du salut profond de son épi...

Mais ô toi, Vierge, celle

dont la grâce dorée sur toutes fleurs demeure,

tu repousses d'une main naïve l'hommage de la terre,

sans p>énétrer le mystère que cèlent

les brûlantes attentes de ta chair.

Le vent d'été pourtant te presse au flanc l'épi, et du feu d'une caresse te dit :

— Relève, ô la fiancée du soleil !

les yeux que sur le miroir trouble de ta faucille

tu baisses, sans voir le gonflement à l'infini

des plabes en un grandissant éveil

d'ondes et de flambois qui enflent et pétillent

à ramener des flammes au soleil !

Remous de la terre, afflux du ciel.

autour de loi. Vierge, tournent les heures;

et tu domines la destinée des fleurs,

ô jeunesse ! tu ne défailles aux atteintes du soleil !

Détache les yeux. Reine, de ta pudeur.

sois victorieuse de ton adolescence,

et moins rose, moins pâle.

affroptc l'éblouissement de ta puissance,

sans redouter, avec la vie, le hâle

qui bronze ràmc, dore et mûrit les chairs.

Pour ton union radiante et le charme du jour.

voici tendu, sans un pli de nuage, l'azur

qui courbe sur ta tête le dais plus blanc de son velours;

Des moussselines qui scintillent te vêtent des clartés de l'air,

et des Bis qui brijient de lumière

nattent les tresses de ta chevelure.

Les oiseaux inN'isibles accordent leur silence

sur l'extase où ravit ta beauté,

et l'admiration muette s'émerveille

" suivre sur ta chair neuve dans son opulence

le soulèvement des plaines et leurs oncles diaprées. Jeunesse ! ô la fiancée du soleil !

Ecoute le vent d'été, la voix du feu. pucelle !

Ouvre le cercle que ferme la faucille dans tes doigts;

et son croissant limaire écarté de soleil,

ne repousse pas

l'offre frémissante de la terre :

l'épi se dresse et frissonne vers toi...

Sois forte, ô Vierge, contre le mystère I

la faucille d'un écart cuisarrt étincelle;

il faut que féconde l'épi lourd.

Sois bonne :

ne redoute pas le geste qui moissonne

pour le pain de l'hoOTnne.

— l'a'nïour !

MOIS d'or 107

la Sieste

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