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LA SYMBOLIQUE I

les chrétiens, de circonscrire nclteinent le cliainp de la controverse. C'est ainsi, seulement, que peut se développer le plan que, dans une rupture si douloureuse, s'est propose^ la Providence.

Moeliler, au terme de cette introduction, formule enfin pour la première fois son idi'e favorite sur le contraste entre l'orthodoxie {protestante et le rationalisme et sur l'attitude du catholicisme entre ces deux extrêmes ^i': voir ci-dessus notre préface, p. 3tS-.>9.

Sources et méthodes de la Symbolique ». — Règles différantes pour la consultation des auteurs catholiques et des auteurs protestants. Confusion commise par le protestantisme entre les vérités universelles de TÉglise et les opinions des théologiens.

Où la .Sj'W'^^V/'///^' doit-elle trouver ses matériaux ? dans les symboles des différentes églises, et c'est de là (|u'elle tient son nom. Cependant elle ne négligera pas d'autres écrits (jui peuvent donner des éclaircissements sur le dogme, et faire pénétrer dans l'esprit des confessions. L'auteur pourrait donc citer les liturgies, les prières, les hymnes en usage dans le culte public, car il y a là pour ainsi dire autant de témoins de la doctrine ; mais il ne doit les consulter qu'avec une grande circonspection, n'oubliant jamais que le sentiment, la reconnaissance et la poésie ont un langage particulier, (jui ne se laisse pas toujours

(1) Symboiik, p. viii-xii.

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enchaîner j)ar les lois (1(! la précision théolo^ique. Aussi n'avons-nous allég-ué aucun hymne des é;^liscs protestantes, quoicjue plusieurs expriment le do;>-mr avec la plus rig^oureuse exactitude et (ju'on puisse en tirer de grands avantages. Nous avons usé de la même réserve à l'égard des prières et des liturgies reçues dans l'Eglise catholicjue.

Les écrits particuliers des Réformateurs ont la plus grande importance pour la symbolique ; et l'on doit les consulter dans toutes les questions, si l'on veut saisir le protestantisme dans son véritable jour et l'apprécier à sa juste valeur. De même les ouvrages des théologiens catholiques reconnus pour leur orthodoxie, mais avant tout l'histoire du concile de Trente, fournissent des éclaircissements précieux sur notre symbole.

Cependant il ne faut pas confondre les sentiments d'un ou de plusieurs docteurs avec la croyance de leur église. Cette règle doit être observée même à l'ég-ard des Réformateurs, de telle sorte que l'on ne présente jamais, comme doctrine protestante, les opinions qui se trouvent à la vérité dans leurs écrits, mais qui n'ont pas reçu une sanction formelle et publique.

Au surplus, les ouvrag-es catholiques ne doivent pas être consultés de la même manière que ceux des auteurs de la Réforme.

Les apôtres du xvi^ siècle ont, avec la doctrine de leurs partisans, de tout autres rapports que les docteurs catholiques avec l'enseig-nement de leur Eglise. Luther, Zwingle et Calvin sont les auteurs des opi-

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nions rc(^ucs parmi les leurs. Comme toutes les croyances (\u{ donnent à la Réforme une vit! particulière ont été, dans leur forme primitive, filles de Luther; comme ses disciples tiennent l'existence de sa pensée, c'est en lui (|ue nous devons chercher l'intelligence de leurs principes religieux. Les impressions particulières qui lui firent concevoir ses doctrines ou (jui ilu moins en accompagnèrent la naissance, les vues générales dans lesquelles il les coordonna les unes avec les autres pour n'en faire (|u'un vivant faisceau, les aperçus philosophicjues ou les considérations morales (jui lui fournissaient des preuves pour les appuyer, en un mot l'élaboration intérieure de son système, tout cela est d'un haut intérêt pourtjui veut saisir la clef du protestantisme, en pénétrer la nature, en suivre les principes jusi|u'à leurs dernières consétjuences. Ses disciples se contentèrent, régulièrement, des résultats de ce travail d'élaboration par letjuel s'était formé leur dogme ; ils séparèrent ces résultats de leur base vivante, de leur fondement profond, et les rendirent, par là, le plus souvent, incompréhensibles à la science. La science doit rétablir le lien entre l'édifice et ses fondements, et, pour cela, très sérieusement consulter les écrits de l'architecte de la Réforme et jus(iu'à certain point ceux de ses collaborateurs.

Les docteurs catholicjues se trouvent dans une tout autre position. Comme ils n'ont pas créé les vérités (ju'ils prouvent, qu'ils développent, qu'ils commentent, nous devons distinguer leurs opinions particu lières du dogme universel enseigné par Jésus-Christ,

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transmis par I(îs apotrcs et défini par l'Iv^lise ; car, de même; (jue ce do^rme existait avant eux, il reste indépendant de htiir interprétation. Cette distinction entre le particulier et le général suppose, f|Uoi ? une é<)^lise fortement constituée et en même temps fondée sur la tradition. Aussi les catholiques admettent-ils cette distinction dans toute sa rigueur ; ils l'admettent nécessairement, car l'unité dans l'essence de l'Eglise n'est pas l'uniformité. L'activité individuelle, dans la spéculation comme dans la pratique, n'a de bornes que celles qu'elle trouve dans les vérités universelles ; tant qu'elle ne menace ni de les ébranler ni de les détruire, un libre champ doit être laissé à ses efforts. Ces principes, fondés sur la nature même du christianisme, ont été reconnus dans tous les temps et tous les lieux parmi les catholiques. Pourquoi donc les protestants nous reprochent-ils d'avoir sur plusieurs questions des sentiments opposés et même contradictoires, comme si cette diversité n'était pas nécessaire dans toute science ? Pourquoi veulent-ils à toute force attribuer à l'Eglise universelle les opinions particulières de ses membres, comme si tel ou tel docteur lui avait donné l'existence ? Ne serait-ce donc pas méconnaître l'essence du catholicisme que de présenter, comme faisant partie de la foi, la doctrine de saint Augustin sur le péché originel, la théorie de saint Anselme sur la rédemption, ou les conceptions philosophiques de Gûnther sur ces mêmes dogmes ? Ce sont là sans doute de louables travaux, de profondes spéculations propres à faire concevoir la vérité révélée, qui seule oblige tous les

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chrétiens ; mais on voit facilemciit ([u'il serait a!)surcle de les confondre avec la doctrine de

relise (.).

Comment, dans le protestantisme, cette confusion s'explique.

Oui ne voit qu'il est impossible aux protestants de faire parmi eux une semblable distinction ? Comme tout leur système ne repose que sur des opinions particulières élevées au ranif de vérités universelles, comme la manière dont les Réformateurs concevaient telle ou telle doctrine a été proclamée article de foi parmi leurs disciples, le protestantisme s'est senti, dans tous les temps, invinciblement entraîné àconfondre l'individuel avec le g-énéral. La raison, le w;/ de Luther était, à son avis, le centre autour dutpiel devait se réunir toute l'humanité ; il se fit l'homme universel en qui tous devaient trouver leur modèle ; tranchons le mot, il se mit à la place de Jésus-Christ, car Jésus-Christ seul représente l'humanité comme son chef, et il n'a conféré (|u'à l'Il^lise le j^rivilège de le représenter lui-même.

Après avoir fait bien des faux pas sur ce terrain, les protestants sont tombés dans l'excès contraire. A l'heure tju'il est, non seulement on tolère dans la Réforme toutes les opinions individuelles qui viennent s'ajouter au dogme ; mais tous les dogmes chrétiens ne sont plus que des opinions qu'on doit tolé-

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