‹ MoehlerChapitre 11 sur 27 · moi:uli:k · texte numérisé non relu

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rcr, |).'irce c|u'ils rc|)on(lent encore aux besoins de ({uelques individus. Si donc Luther éleva ses vues personnelles à la dig-nité de vérités |>;-énérales, voici (ju'on rabaisse le g-énéral au niv(!au du particulier, de sorte (jue l'on ne peut plus rétablir le vrai rapport entre l'un et l'autre. Par une conséquence ri<^oureuse, chaque protestant, dans un cercle cjui s'élarg-it sans cesse, se considère comme le représentant de l'humanité délivrée de l'erreur, et partant comme un Christ en petit. Toutefois, pour pallier un peu l'absurdité decette prétention, on a inventé l'expédient de laisser à chacun ce (jui lui appartient, c'est-à-dire on a permis à chaque protestant d'être son propre sauveur, de se représenter lui-même. Dès lors plus de véritable Christ, car il n'y a plus de Sauveur de l'humanité du moment où tous se sauvent eux-mêmes (i).

Comment cette confusion est à la source des attaques du protestantisme contre le catholicisme.

Moehler explique que l'évangélisme du xvi^ siècle dut son origine et ses progrès, d'une part à son opposition contre les abus qui n'existaient que trop parmi les catholiques, d'autre part à ses attaques contre quelques systèmes dogmatiques qui avaient obtenu faveur dans l'école. L'Eglise a toujours combattu les abus, avant comme après la Réforme, et nous avons vu qu'on ne peut sans injustice lui attribuer les opinions particulières de ses raem-

(i) Syjnbolik, p. lo-ii.

LA SYMBOLIQUK I4J

bres. Cependant les Réformateurs .s'iina«;inèrent <jue ces abus et (jue ces systèmes formaient son essence mrme. De ce moment, ils tjrossirent les abus sans mesure, et [>oussèrent certaines opinions des scolastiques jusqu'à l'extrc-me.

Le protestantisme ne fût pas né s'il eût consenti à faire la distinction du *^énéral et du particulier et à n'attribuer au catholicisme que les dojL^mes universels : son existence, s'il y consentait aujourd'hui, serait sin«^ulièrement compromise ( i).

Caractéristique des premiers écrits de la Réforme.

Luther est très chang^eant dans ses opinions ; souvent il se contredit, jouet d'affections passaorères et d'impressionsdu moment. Ilaime lesexagérations, les termes éner^^iciues, sous les(juels on ne découvre pas sans peine sa véritable doctrine. Le meilleur parti, c'est d'étudier le ton général qui domine dans ses ouvrages et de ne jamais regarder un texte isolé comme décisif, mais de consulter toujours un passage d'une certaine étendue.

Mélanchthon offre moins de difficultés. Sans doute il surpasse Luther lui-même dans l'art de se contredire ; mais ses variations nombreuses, bien loin d'obscurcir la doctrine protestante, la font ressortir dans une plus vive lumière, b.xpliquons-nous. La vie de ce Réformateur se divise en deux parties. Dans la première, jeune encore, étranger aux études théologiques, caria littérature avait été juscju'alors l'unique

( I ) Syinboiik, p. 1 1 - 1 2 .

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