‹ MoehlerChapitre 17 sur 27 · MOlvULLK · texte numérisé non relu

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pose donc l'existence de cette vie ; ainsi la justification instantanée n'exclut pas un développement successif (lu j)riiicipe divin, j^rincipe (lu'elle-mème a déposé dans l'àme. Au reste ce phénomène se reproduit partout. L'homme ga^ne en taille pendant plusieurs années ; dira-t-on en consécjuence fjue sa conception s'étend pendant toute cette épocjue? L'acte de la justification efface le péché ; l'homme est orné de la grâce sanctifiante ; cette grâce s'étend de plus en plus, se déploie, s'épanouit toujours davantage (i).

La doctrine luthérienne sur les péchés mortels et véniels.

Luther partageait les péchés en mortels et véniels, non d'après la nature mcjue des actes pervers, mais d'après la personne qui les coimiiet ; non selon la distinction qui existe entre les péchés mêmes, mais selon celle qin se trouve entre les hommes qui s'en rendent coupables. Cette opinion constitue une des bases du système du réformateur, au point qu'elle se rencontre chez tous ses adhérents. Traduisons-la en langage ordinaire : tout homme est mort spirituellement ; que Dieu ne traite pas indistinctement tous les coupables selon leurs mérites, c'est qu'il y en a qui possèdent la foi, et ceux-là sont reçus en grâce ; les

(i) Neue Untersuclnijigen, p. 195-198.

autres, qui ne croient pas, sont seulement traitôs selon leurs œuvres ; au vrai croyant la mort derànic n'est pas imputée, tandis (jnelle l'est à rincrédule. Fixons cet enst*i<^nement en (luehjues points : i"" à considérer le mérite intérieur, le chrétien est aussi impur (juc le païen ; le baptême n'opère pas dans riiommt* un changement rcci, mais seulement un changement dans les relations extérieures (jue Dieu établit entre lui et une personne donnée. — 2"" Comme la substance même des actions ne varie pas, celles-ci n'ont pas de degrés de culpabilité ; ainsi une parole oiseuse est, de sa nature, aussi criminelle (ju'un mensonge damnable, (ju'un attentat contre la vérité ; un mouvement charnel, (luoiijue ré|:)rouvé par la volonté, est aussi criminel ([u'un infâme adultère ; un mot propre à blesser la charité, mais prononcé par surprise, provocjueles tourments de l'enfer tout autant que le coup du meurtrier. — 3" Si tous les péchés sont également criminels, également damnables, ils peuvent aussi être effacés avec une égale facilité, la foi pouvant accompagner aussi facilement les uns que les autres ; on n'excepte (ju'une seule prévarication, celle qui est dirigée contre le Saint-I^sprit, c'est-àdire, l'incrédulité.

Le premier point accuse un sentiment bien incomplet, bien servile de l'état de péché, et de plus une ignorance bien triste de la force vivifiante du christianisme ; néanmoins, comme les extrêmes se touchent, on arrive à déclarer toutes les fautes également légères (y point) ; on tombe dans l'antinomisme ; le second point, qui réunit les deux autres, anéantit

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