MOBHLRK
J£t pourciiloi le fidèle observe-t-il la loi divine ? «Ce n'est pas, répond Luther, pour devenir juste, car cela n'arrive (|ue par la foi ; mais il la fr.irdc />ûr û///our ^c /a pa/x, S3.chn,nt bien d'ailleurs (jue cette obéissance est agréable à Dieu, et cjue par là il donne un bon exemple qui porte les autres à croire à l'Evang-ile. »
Moehler remarque l'affinité des conclusions luthériennes avec les systèmes des gnostiques, des Valenliniens, de Marcion ; mais elles sont moins logiques que ne l'étaient ces anciens systèmes.
Les préceptes épouvantent et terrifient la conscience,dit Luther ; et pourtant d'après lui, il n'existe aucun rapport, aucun point de contact entre la conscience et les préceptes ? Quoi î la loi ébranle le pécheur en le menaçant des peines éternelles ; et la loi n'a qu'une valeur temporelle, et ses effets ne s'étendent pas au delà de ce monde ! Et que devient, dans ce système, le mystère de la rédemption ? N'estce donc pas pour nous délivrer de l'enfer encouru par la violation de la loi, que le Sauveur est mort ? Mais, encore une fois, la transgression d'une loi temporelle, ne concernant que les choses de la terre, peut-elle mériter un châtiment éternel ? Autre chose étrang^e ! la loi n'a nul rapport au Sauveur, et la loi nous conduit au Sauveur ! Mais ce qui ne reste point en Jésus-Christ, ce qui n'a point de racine dans Jésus- Christ, comment celapeut-il nous frayer le chemin vers Jésus-Christ? Enfin la loi morale a-t-elle une fois porté le pécheur vers le Christ, dès lors elle doit être pour
LA JlSTinCATION J? I
jamais Ixinnit* de sa conscience, dès lors elle ne doit plus ré)j[-ner que sur son corps ; ainsi le veulent encore Luther et son système. Mais ce qui n'appartient pas essentiellement à l'intérieur de l'homme, ne peut à aucune épocjue, ni dans aucun mode de son existence, agir fortement sur son àme ; si donc la loi divine doit profondément affecter le pécheur, il s'ensuit tju'elle a aussi des rapports nécessaires avec la conscience du juste, lui effet, le Sauveur a rempli la loi (jui mène à l)it'u, mais il ne l'a point abrogée. La douleur la plus déchirante d'Israël, c'était (jue le Dieu de l'ancienne alhance, Dieu terrible, toujours courroucé, était hors de l'homme et bien éloigné de l'homme. De même aussi, et j^ar une consécjuence nécessaire, la loi d'Israël était loin, bien loin des juifs : loi de menaces, loi de vengeance, écrite sur des tables de pierre, mais non pas dans les cœurs. La loi n'est que la volonté de Dieu manifestée ; où il y a scission avec Dieu, là il y a divorce avec la loi. Le Médiateur a comblé l'abîme qui séparait l'homme de son Auteur, et la loi ne devrait point s'être rapprochée de l'homme? Par notre réconciliation avec Dieu, nous sommes aussi réconciliés avec la loi ; en recevant Dieu dans nos c(Eurs, nous y recevons aussi sa loi sainte ; car elle est son éternelle volonté et une même chose avec lui : où est Dieu, là est aussi sa loi.
La religiosité et la moralité sont unies par les liens les plus étroits. Arrêtez un instant vos regards sur I homme immoral ; et voyez comment la vie religieuse s'éteint dans son cœur, comment le vice obscurcit la connaissance des choses de Dieu dans